Monday, November 22, 2010

Emmanuel Community Center to honor Järvi, others, as Outstanding Cincinnatians

Posted by Janelle Gelfand
November 22, 2010
Arts in Focus Blog, Cincinnati Enquirer


The Cincinnati Symphony Orchestra’s music director Paavo Järvi, Herb Brown, retired senior vice-president of Western and Southern Financial Group and Ellen van der Horst, president of Cincinnati USA Regional Chamber, will be recognized as Outstanding Cincinnatians at the Emanuel Community Center Triumph Awards on Feb. 2 at the Hilton Cincinnati Netherland Plaza, Hall of Mirrors.

The award honors individuals in Cincinnati who have worked hard for success and shared that success with our community. Journalist and TV anchorman Nick Clooney will be the evening’s keynote speaker, with Courtis Fuller of WLW-TV serving as the Master of Ceremonies.

In addition to the awards program, the 6 p.m. event will include dinner and a silent auction. Proceeds benefit the Emanuel Center’s Over-the-Rhine Community Connect programs.

Tickets are $60 per person. Table sponsors and other sponsorship opportunities are still available. Contact Gail Moe at (513) 241-2563, ext. 32 or visit www.emanuelcenter.org

Emanuel Community Center was founded in 1871 to serve the expanding and diverse population of people in the Over-the-Rhine area of Cincinnati. The center focuses on children, youth athletics, arts and cultural programming.

http://cincinnati.com/blogs/arts/2010/11/22/emanuel-community-center-to-honor-jarvi/

Paavo Järvi viib Saksa orkestri kontserdireisile Jaapanisse

Priit Kuusk
18.11.2010
uudised.err.ee

Dirigent Paavo Järvi alustab täna tema juhitava Bremeni Deutsche Kammerphilharmonie kontserte Saksamaal, mille järel viib orkestri üheksa kontserdiga turneele Jaapanis.

Täna orkestri kodulinna Bremeni esindussaalis Die Glocke, homme kuulsas Kölni Filharmoonia saalis, annab Deutsche Kammerphilharmonie Bremen oma peadirigendi Paavo Järvi käe all n.ö eelkontserdid enne 23. novembril algavat pikemat kontserdireisi Jaapanis.

Kui Saksamaal mängitakse Beethoveni ja Schumanni kõrval veel ka Paul Hindemithi, siis viis esimest kontserti Jaapanis on valdavalt Ludwig van Beethoveni muusika päralt; vaid nooruke hollandi tippviiuldaja Janine Jansen on kaasas Johannes Brahmsi Viiulikontserdiga. Beethovenist on seal kavas avamäng balletimuusikast "Prometheuse loomine", "Suur fuuga" ning Sümfoonia nr 4 ja Sümfoonia nr 5, vaid Yokohamas ka Schumanni avamäng.

Viie esimese kontserdi paikadeks on 23. – 28. novembril Kita-Kyushu, Tokyo Bunka Kaikan ning Tokyo NHK Festival, Yokohama ja Nagoya.

Alates 1. detsembrist pöörab Deutsche Kammerphilharmonie end Paavo Järvi juhatusel täielikult selle aasta tähtpäevahelilooja Robert Schumanni (1810-1856) muusika lainele. Ühes kavas Schumanni "Overture, Scherzo und Finale" ning Sümfoonia nr 4 ja Sümfoonia nr 1, teises avamäng "Manfred" ning Sümfoonia nr 2 ja Sümfoonia nr 3, mängitakse neljal esimesel detsembripäeval need läbi algul Osaka Izumi Hallis ning seejärel Tokyo Opera City kontserdihallis, kus reis 4. detsembril ka lõpeb.

Niisugused kaunid kavad Euroopa muusika kuldklassikast on Jaapani kontserdikorraldajate tellimus.

Jaapanist tagasi, jääb Paavo Järvi juhatama edasi Saksamaaale: 9. – 11. detsembril on tal kolm kontserti Frankfurti Raadio Sümfooniaorkestri ees.

http://uudised.err.ee/index.php?06219480

Aufregender Beethoven in Bonn und Köln

Von Bernhard Hartmann
22 November 2010
General Anzeiger

Kölner Philharmonie. Eigentlich könnten Paavo Järvi und die Deutsche Kammerphilharmonie Bremen es gelassen angehen, wenn sie Beethoven aufführen. Wohl niemand würde es dem 48-jährigen Dirigenten ernstlich verübeln, wenn er es ähnlich handhabte wie der legendäre Hans Knappertsbusch.

Der als Probenmuffel bekannte "Kna" sagte einmal zu Beginn einer Wiener Strauss-Premiere: "Meine Herren, Sie kennen den Rosenkavalier, ich kenne den Rosenkavalier - wir sehen uns bei der Aufführung." Ein solches Verhalten ist Järvi völlig fremd. Auch wenn die neun Beethoven-Sinfonien längst auf CD vorliegen, auch wenn es mittlerweile eine ausführliche DVD-Dokumentation des vom Bonner Beethovenfest aus weltweit live erprobten Beethoven-Projekts gibt, bleibt jede Aufführung einer Beethoven-Sinfonie eine neue Herausforderung.

Und das bedingt immer wieder intensive Probenarbeit, bei der Erreichtes auch gern einmal infrage gestellt wird. Das ist eines der Geheimnisse, warum die vierte Sinfonie Beethovens in der Kölner Philharmonie so frisch wirkte. Keine Spur von Routine im spannungsvollen Adagio-Beginn, keine Spur von Patina im rhythmisch widerborstigen Scherzo, und im rasanten Finale vernahm man ganz viel Spielfreude.

Die zeigte auch der französische Bratschist Antoine Tamestit in dem Konzert für Viola und kleines Orchester von Paul Hindemith, das den hübschen Titel "Der Schwanendreher" trägt und nach einem der volkstümlichen Lieder benannt ist, die der Komponist hier verwendet. Tamestit schlüpfte hier musikalisch in die Rolle des von Hindemith imaginierten mittelalterlichen Spielmanns und verlieh seiner Interpretation eine wunderbare Leichtigkeit, mit der er den volkstümlichen Charakter der durchaus sehr anspruchsvollen Violastimme unterstrich. Und als er zusammen mit Annika Wirths zarten Harfenklängen das Lied "Nun laube, Lindlein, laube" anstimmte, war das zum Niederknien schön.

Sehr effektvoll stellte er seine Virtuosität anschließend in der Hindemith-Zugabe zur Schau. Während das Orchester bei Hindemith auf eine Rumpfbesetzung reduziert war, trat man zu Robert Schumanns "Frühlingssinfonie" in großer Besetzung an. Järvi dirigiert das Werk frei von dem Ballast einer jahrzehntelangen Aufführungstradition, sondern setzte als historisch informierter Musiker bei Schumann unmittelbar an. Mit dem Ergebnis, dass dieses Werk mit seinem jugendlichen Schwung, seiner Poesie und seinem unverbrachten musikalischen Ausdruck wieder ganz nach Aufbruch klang.

Ein grandioser Beitrag zum aktuellen Schumannjahr. Das Publikum bedankte sich stehend dafür und erhielt im Gegenzug die Ungarischen Tänze Nr. 5 und 6 von Brahms als Zugabengeschenk, die allerdings fast schon ein bisschen zu durchgestylt daherkamen. Bernhard Hartmann


http://www.general-anzeiger-bonn.de/index.php?k=loka&itemid=10003&detailid=814914

Rencontre avec Paavo Järvi

Par Marc Zisman | QOBUZ | RENCONTRES | 5 novembre 2010


Quelques semaines après avoir pris les rênes de l’Orchestre de Paris, où en est le maestro estonien ? Ses souhaits parisiens, son enfance à Tallinn, son approche des répertoires, son expérience rock et même ses envies de silence, Paavo Järvi se confie le temps d’un long entretien.


Sa discographie est déjà imposante. L’éventail des répertoires qu’il traverse, dantesque. Et puis il y a ce nom, Järvi, ancré dans la musique depuis des lustres. Une façon de vivre la musique plus qu’une usine à chefs… Depuis quelques mois, la nouvelle casquette de directeur musical de l’Orchestre de Paris vient étoffer un peu plus le CV de Paavo Järvi, un cas assez unique sur l’échiquier musical contemporain. Une enfance passée dans Tallinn « soviétisée », le choc culturel d’une adolescence outre-Atlantique puis une carrière internationale assez éblouissante. Ce 4 novembre 2010, Järvi termine dans l’antre de Pleyel sa répétition à la tête de « son » Orchestre de Paris. Quelques heures plus tard, ils créeront ensemble, sur cette même scène, Silhouette, hommage à Gustave Eiffel de son compatriote Arvo Pärt, aux aguets durant cette répétition…

Vous connaissez Arvo Pärt de longue date ?


Paavo Järvi : Arvo Pärt m’a vu quand j’étais haut comme trois pommes. Il a le même âge que mon père et sont bons amis. Je me souviens surtout de son accoutrement quand il débarquait chez nous à la maison. Habillé en jeans des pieds à la tête. Pantalon et veste en jeans. Il avait même toujours une casquette sur la tête ! Pour moi, il ressemblait à un occidental (sourire). Et puis sa barbe lui donnait également un air assez exotique…

Connaissiez-vous déjà sa musique à l’époque ?


Pas trop… Il était un ami de la famille de plus. Il y en avait tellement qui défilait à l’époque. Et pour moi, ils étaient tous des amis de mes parents. Rostropovitch, Guilels, Oïstrakh, Chostakovitch et bien sûr Arvo Pärt, ils venaient tous à la maison. Ce n’est que plus tard que j’ai découvert leur musique. Ma vraie rencontre avec celle de Pärt, ce fut tout simplement lorsque Gidon Kremer et Alfred Schnittke ont joué Tabula Rasa sur scène. Un concert historique ! La pièce était dédiée à Kremer d’ailleurs…

Finalement, vous avez grandi à l’inverse de vos confrères. En général, on écoute des maîtres que l’on rencontre éventuellement plus tard. Vous, vous avez rencontré toutes les fortes personnalités que vous venez de citer avant de découvrir leur musique…


Complètement. Mais pour moi tout ceci était très naturel. C’est finalement ce qui arrive lorsque vous grandissez dans une famille de musiciens. Il y a un côté très sain car tandis que les autres rencontrent des légendes avant de rencontrer des hommes, moi j’ai connu des hommes avant de réaliser qu’ils étaient des artistes mondialement connus…

À la même période, la légende dit que vous avez même joué dans un groupe de rock ?!?!


Tout à fait. J’avais quatorze ans et c’était un choix, personne ne m’a forcé (sourire). D’ailleurs tous les membres du groupe étaient des étudiants du conservatoire. C’était notre récréation, notre moment de défoulement…

Et puisque vous êtes percussionniste de formation, vous étiez le batteur du groupe ?


Tout à fait. En même temps, je suis content qu’il n’y ait pas de traces enregistrées de tout ça parce que je n’étais pas très bon… (rire)

Revenons à votre nouvelle maison : Paris. Etre chef d’orchestre et directeur musical, n’y-a-t-il pas, parfois, un peu de schizophrénie ou disons de dualité dans ces deux casquettes qui n’en font qu’une ?


Oui ce sont deux professions différentes. La facette la plus intéressante de la direction musicale est évidemment la rencontre avec les musiciens. La rencontre également avec de nouvelles musiques. En même temps, vous représentez l’orchestre. Vous lui donnez un visage. Cet aspect est parfois un peu difficile à gérer car vous devez régler des problèmes qui n’ont rien à voir avec la musique. Mais bon, aujourd’hui, j’arrive à un âge où mon expérience comme directeur musical est assez grande. J’ai commencé au Toronto Chamber Orchestra puis il y a eu Malmö, Stockholm, Birmingham, Cincinnati, Brême avec la Deutsche Kammerphilharmonie puis Francfort avec le hr-Sinfonieorchester, bref j’ai déjà été confronté à toutes les problématiques, différentes d’ailleurs selon les pays parfois, rencontrées par un directeur musical. Tous ces trucs logistiques…

Comme un chef d’entreprise ?


Complètement. D’ailleurs, aux Etats-Unis, on parle de directeur artistique plutôt que musical… Mais mes motivations premières en endossant le statut de directeur musical comme ici à Paris c’est avant tout de pouvoir développer une relation avec les musiciens de l’orchestre sur la durée. Dans ce sens, je ne suis pas un grand fan de la position de chef invité. Car un invité reste un invité. Il vient. Il va. Il ne décide rien. Il ne développe aucune politique artistique. Il n’a aucune autorité sur le long terme. Etre chef invité au final, c’est comme participer à un concours de beauté. Agréable, mais pas pour moi.

Comment débute donc votre histoire avec Paris ? Est-ce similaire à une histoire d’amour, on se regarde, on écoute, on jauge ? Doit-on jouer aussi au psy avec les musiciens ?


Comme au commencement de n’importe quelle relation les débuts sont toujours très excitants. Vous explorez l’orchestre. On apprend à se connaître. Je perçois mieux l’histoire de la phalange. La personnalité de certaines individualités m’apparait désormais plus clairement. Mais la chose la plus importante, c’est le mot que vous avez prononcé : l’écoute ! Pour l’instant, j’écoute énormément. Au début, c’est vital. Je ne vais pas débarquer en imposant mes vues, en dictant tout. Sans écoute, impossible d’obtenir le meilleur de l’orchestre et de ses musiciens. De toute façon, quand je signe avec un orchestre au départ, c’est qu’il me plait. Un son, une mentalité, une organisation, tout ça vous attire. Aussi, entamer une telle relation en s’opposant à ce son, cette mentalité et cette organisation n’est pas très rusé… Il y a bien sûr des choses que je changerai, surtout des directions vers lesquelles je veux aller, notamment en matière de répertoire. Évidemment toute la musique nordique du XXe siècle qui n’est pas quelque chose de très populaire ici (sourire). Surtout qu’en général les gens aiment cette musique. Ils n’ont juste pas assez d’occasion de l’entendre…

Même s’il y a toujours des modes, et la musique classique n’est pas épargnée, comment expliquez-vous justement que mis à part Sibelius et Grieg, les autres compositeurs scandinaves soient si peu joués, voire tout simplement si peu connus ?


D’un côté, certaines œuvres sont justement trop connues et masquent le reste. Il y a également tous ces aspects qui ne coïncident pas avec ce que connait le public. Prenez une des premières symphonies de Sibelius ou un des premiers concertos de Grieg. Ce sont des pièces au langage disons compréhensible. Mais plus Sibelius développera son œuvre, plus il s’éloignera de certains cannons, créant des sensations uniques presqu’impossible à comprendre si vous n’avez pas grandies avec. Et les musiciens français ne grandissent pas vraiment au son de la musique nordique, n’est-ce pas ? Par contre, ils grandissent avec beaucoup de musiques russe et allemande. Chaque nationalité a ses affinités pour tel ou tel type de langage musical…

C’est aussi très lié à l’éducation musicale personnelle de chacun…


C’est évident. La mentalité de l’école dans laquelle vous êtes formée à un impact décisif sur la suite. Si votre professeur déclare que Sibelius est un compositeur de deuxième division, vous avez tendance à le croire. Juste parce que c’est votre professeur. Idem s’il vous dit qu’Alban Berg est un compositeur majeur. C’est un point essentiel.

Vous êtes le parfait contre-exemple de tout ceci, avec d’abord une éducation russe contrebalancée par l’ouverture d’esprit de votre père et chamboulée à nouveau lorsque vous arrivez aux Etats-Unis avant même d’avoir 20 ans…


Je suis effectivement une exception parce que j’ai grandi dans la maison d’un chef d’orchestre, une chose assez rare. Mon père est de plus un chef très ouvert, embrassant des répertoires très variés. Il ne m’a jamais transmis qu’un seul son, qu’une seule conception de la musique. Et je peux vous dire que parmi mes collègues, beaucoup n’ont pas cette ouverture d’esprit. En fait, certains ne connaissent même pas grand-chose à la musique. Ils connaissent très bien certaines œuvres précises, très bien même. Mais c’est tout. Et si vous leur demandez quelles œuvres d’Hindemith ils aiment, mis à part Metamorphosis et Mathis der Maler, ils sont incapables de vous répondre ! Cela montre juste que beaucoup n’ont jamais véritablement été intéressés par la musique mais juste par l’idée de devenir chef d’orchestre. Et certains sont même des amis. Ils n’ont pas une grande curiosité. Surtout de la musique qu’ils ne connaissent pas. L’autre facette de ce problème est qu’il y a tant de musique connue, tant de pièces considérées comme des chefs d’œuvre, qu’une seule vie ne suffit évidemment pas pour bien les aborder toutes. Limitez vous à Brahms, Beethoven, Mendelssohn, Mahler, Bruckner, sans parler de Mozart et Haydn, et également de certains œuvres de Stravinsky, Bartók et Berlioz, etc. La liste est déjà énorme. Pourquoi alors aller creuser chez, au hasard, Martinů ? Ou Janáček ? Ou même Arvo Pärt ? C’est si facile de ne pas aller vers ces « autres » compositeurs…

Pourquoi allez-vous vers les deux ?


Mon éducation. Mon père m’a toujours appris à être musicalement curieux. Ça n’a rien à voir avec ma personnalité, non, c’est juste une évidence pour moi. Si vous n’aimez pas quelque chose, comprenez vraiment pourquoi. Je me souviens d’un voyage en voiture avec mon père. Une œuvre qui ne me plaisait pas passait à la radio et j’ai changé de station. Mon père m’a tout de suite arrêté : « Attends ! Je sais que tu n’aimes pas ça mais tu dois savoir exactement ce que tu n’aimes pas là-dedans. » C’est cette mentalité, cette façon de penser, qui est en moi depuis toujours.

Une mentalité que vous voulez transmettre aux musiciens de l’Orchestre de Paris ?


Les musiciens aiment découvrir de nouveaux répertoires. En septembre, lorsque nous avons fait Kullervo de Sibelius pour les concerts d’ouverture de la saison, les musiciens sont venus me dire « merci d’apporter des répertoires neufs et intéressants ».

Certains n’avaient sans doute même jamais entendu cette œuvre…


Effectivement. Car il y a toujours cette idiotie de croire que les musiciens n’aiment pas les œuvres qu’ils ne connaissent pas. C’est souvent l’inverse. Ils sont même souvent fatigués de jouer pour la énième fois certaines œuvres. Le bon équilibre est au milieu. Jouer les symphonies de Beethoven et Brahms et intégrer des répertoires moins évidents…

Quels sont donc les compositeurs du Nord que vous voulez apporter à Paris ?


D’abord, même si c’est évident, quoique peu aisé à apporter ici, ce sont déjà Sibelius et Nielsen. Il faut trouver comment bien les jouer à Paris. Et comment en jouer assez pour que l’orchestre s’habitue à cette langue musicale si particulière. Et surtout, le jouer si bien que le public soit emporté. Ça ne m’intéresse pas que les gens applaudissent poliment à la fin de chaque pièce de ce répertoire. Je veux une vraie réponse émotionnelle. En tant que chef estonien, il y a évidemment certains autres compositeurs que je veux jouer avec l’Orchestre de Paris. Eduard Tubin, Erkki-Sven Tüür et évidemment Arvo Pärt. Il y aussi ce merveilleux compositeur suédois quasi-inconnu Hugo Alfvén et, un de mes préférés, Wilhelm Stenhammar. Mais là je vous cite juste les principaux. Il y en a tant d’autres que j’aimerai jouer ici. Le problème est de trouver le bon équilibre dont je vous parlais. Surtout que je veux aussi diriger des grands classiques, de la musique française et aussi de la musique contemporaine. Je n’ai que quatorze semaines à Paris ! Difficile d’aborder tout cela en si peu de temps… Sans parler du fait que dans ces quatorze semaines, une bonne partie du temps est consacrée à la préparation des tournées internationales, en Chine, au Japon, en Europe… Là-bas, vous devez aussi tenir compte des désidératas des organisateurs qui veulent être certains de remplir leurs salles. Et je ne parle même pas de la disponibilité des solistes, de leur répertoire à eux, etc. Bref, tout ça est un sacré casse-tête au final (sourire).

Ce répertoire français que vous avez évoqué, quel sera-t-il ? Et d’ailleurs de quelle manière l’avez-vous rencontré dans votre éducation musicale ?


Au début, j’ai été bercé par toutes pièces internationalement connues et reconnues, toutes ces œuvres que même les non-Français dirigent un jour ou l’autre dans leur vie. La Mer, L’Après-midi d’un faune, Daphnis et Chloé, les symphonies de Saint-Saëns, Ma mère l’Oye, Le Tombeau de Couperin, toutes ces choses incontournables… Personnellement, cette langue musicale m’a tout de suite parlé. Avec mon père, nous écoutions beaucoup de musique romantique française. Beaucoup de Bizet, de Chausson, de Vincent d’Indy même, des choses ayant malheureusement disparu du répertoire ici en France. Je veux donc diriger du Fauré, du Dukas, du Chabrier aussi. Déjà parce que ce sont des musiques avec lesquelles j’ai grandies et avec lesquelles j’ai une réelle affinité. Mais je ne veux pas me limiter à ça non plus. Je suis un grand fan de Dutilleux et de Messiaen également. Récemment, j’ai dirigé une des Notations de Boulez à Francfort, j’ai aussi dirigé la création américaine du Concerto pour flûte de Marc-André Dalbavie avec Emmanuel Pahud. J’ai besoin de créer une constante avec des compositeurs vivants également. Actuellement, Richard Dubugnon est en train d’écrire une œuvre pour moi… Au final, je ne suis pas un cas facile à traiter pour des gens du marketing (sourire). En Allemagne par exempke, on me décrit comme un spécialiste de Beethoven et Bruckner alors qu’ici, à Paris, on pense que je suis LE spécialiste de Sibelius (sourire). C’est bien mais c’est faux. Ou plutôt ça n’est pas que moi… Il y a certaines choses que je fais plus que d’autres. Plus de Nielsen que de Dutilleux, par exemple.

Comment faites-vous le tri ?


Toujours faire attention à ce qui vous va le mieux. Aucun intérêt à accumuler les faits d’arme. L’œuvre choisie doit vous intéresser assez pour que le concert soit bon, qu’il se passe vraiment quelque chose.

Traverser ces répertoires, ces siècles, toutes ces différentes langues musicales, c’est votre oxygène ?


Je ne peux pas faire autrement. C’est ce qui me permet d’être vivant. Comme un chalenge permanant. Je pourrais aisément me limiter aux deux-cents symphonies que j’ai à mon répertoire et ne plus rien apprendre de nouveau. J’ai assez de matière jusqu’à la fin de mes jours. Soyons réaliste : je dirige une quinzaine de symphonies par an, pourquoi aller chercher plus loin ? Mais pour savoir ce qui vous convient le mieux, vous devez diriger le plus d’œuvres possibles. Il y a par exemple certaines pièces que je ne dirige plus, tout simplement parce que ça n’est pas moi ! Je ne veux diriger que les œuvres que je dois diriger…

Dois ?


Oui, dois. Quelque chose de très personnel où le public n’entre pas en compte. Certaines œuvres, vous sentez naturellement que vous devez les diriger, qu’elles sont pour vous. Comment cela s’explique, je ne sais pas vraiment…

C’est indissociable de l’évolution de votre vie personnelle aussi ?


C’est étroitement lié, oui. À chaque fois que je monte sur scène, à chaque fois, je dois avoir quelque chose à dire ! Faire une performance n’est pas une finalité en soi. Vous devez avoir digéré la musique pour avoir quelque chose d’intéressant à raconter. Et cela arrive assez rarement la première fois. Il faut laisser le temps agir, permettre à votre expérience de changer éventuellement d’avis et de repenser l’œuvre différemment. Et c’est comme vous le dites lié à la vie. Vos priorités changent au fil des ans. Des répertoires vous intéressent soudainement plus qu’un autre…

Dans ces changements de priorités liés à votre vie, la lassitude peut-elle surgir ? L’envie d’appuyer sur le bouton « pause » ?


Ah oui je rêve d’avoir ce bouton « pause » (sourire). En même temps, tout est question de choix. Aujourd’hui, à mon âge (Järvi est né en 1962, NDR), je sens que j’ai assez d’énergie et d’envies dans ce que j’entreprends. Il est fort possible que je n’aie plus envie d’un tel rythme indéfiniment, surtout lorsque j’aurai 60 ans. Là, je me sens au sommet de mon énergie. Je ne suis surtout pas fatigué par la musique. Parfois, par tout ce qu’il y a autour…

Comme les interviews…


Parfois (sourire). Non mais le vrai test est l’instant où vous montez sur scène. Le jour où je me dirai « mon dieu, c’est l’heure d’y aller, pfff », là il sera temps d’arrêter. Il n’y a rien de pire que la routine. Surtout en concert.

Vous avez j’imagine des envies d’accomplissements précis ?


Beaucoup oui. De nombreuses pièces pour lesquelles je ne me sentais pas prêt jusqu’ici. Je boucle un cycle Beethoven puis il y a celui de Bruckner et évidemment cette nouvelle histoire avec Paris. Je ne me serai jamais lancé dans un cycle Bruckner il y a dix ans par exemple. Je n’étais pas prêt. Votre fort intérieur vous dit quand le moment est bon ou pas. Votre intérêt doit être optimal. C’est comme le petit enfant qui est assis et qui va regarder un détail pendant des heures alors que quelque chose de plus important se déroule au même endroit. Non, lui est là, assis, à scruter cet insecte posé sur son doigt par exemple, pendant cinq minutes. Sans doute que c’était pour lui le bon moment pour ne regarder que cet insecte. Je me dis la même chose en choisissant mon répertoire : c’est le bon moment pour ne m’intéresser qu’à cet insecte (sourire). C’est aussi lié au fait d’être assez autocritique.

Vous l’êtes ?


Enormément. Je suis très rarement satisfait par mon travail…

Vous avez fait des erreurs ?


Oh oui. Et c’est pour ça que j’autorise toujours l’enregistrement de mes concerts, pour pouvoir les réécouter. J’ai besoin de savoir pourquoi ça n’a pas fonctionné. Toute cette musique est complexe. Prenez une symphonie de Brahms : je n’ai jamais entendu une symphonie de Brahms bien interprétée. Jamais. En tout cas pas par moi, c’est sûr. Et pourtant j’ai fait beaucoup de Brahms. Donc disons que je m’améliore. Il y a toujours cette sensation que ça reste un peu académique, qu’il n’y a pas assez de vie, d’expressivité ou contrastes… Evidemment tout ça est très personnel mais ce sont les sujets majeurs auxquels on se retrouve confrontés. Vous savez, quand le public est debout pendant dix minutes à la fin du concert, vous vous dites que finalement ça n’était pas si mauvais que ça. Et pourtant si, ça l’était (sourire). Vous réécoutez ce concert un mois plus tard sur votre iPod et vous vous dites « c’est moi ça ? Vraiment pas terrible… »

Est-ce différent lorsque vous abordez les répertoires contemporains ?


Oui complètement. Votre cerveau fonctionne et évalue les données différemment… C’est pour ça qu’il y a souvent deux types de chefs : les spécialistes des créations et de la musique du XXe et les spécialistes du grand répertoire. Et les premiers sont incapables d’assurer dans le répertoire des seconds, et vice-versa ! S’ils dirigent du Mozart, du Haydn ou du Beethoven, c’est une ca-tas-tro-phe ! Cela-dit, quelqu’un qui sait diriger Beethoven a de grande chance d’assurer en dirigeant Kaija Saariaho. Mais quelqu’un qui ne dirigerait que du Saariaho aurait quelques difficultés à diriger une symphonie de Haydn. C’est paradoxal, n’est-ce pas ? Moi, je ne veux pas trancher. Je veux être des deux mondes. Ça m’est vital. Chaque répertoire possède ses petits trucs à lui. On s’habitue vite. On en abuse. J’utilise ce terme « truc » volontairement. La soi-disant tradition accumule si facilement de mauvaises habitudes. Certains appellent ça le style. Parfois certes. Mais ce sont souvent des « trucs » plus que du style. C’est comme une boite à outils… Si vous diriger Haydn, puis Mahler, Richard Strauss et Alban Berg et revenait ensuite à Rachmaninov et Sibelius, l’évolution du vocabulaire est logique. Vous pouvez alors revenir en arrière sans trop de difficultés…

Et ces compositeurs contemporains à portée de main comme tout à l’heure avec Pärt…


C’est si important. Et surtout si différent. Le compositeur est là, entend la musique, sa musique. Pour la première fois en plus. Ce qui n’a plus rien à voir avec sa première écoute, seul dans sa tête face à sa partition. Vous avez vu Arvo venir me voir à plusieurs reprises durant la répétition. La veille, au téléphone, il me donne des indications sur tel mouvement. Et là, aujourd’hui, il s’est précipité vers moi « c’est beaucoup trop rapide là ! ». Je lui ai répondu, « mais Arvo c’est exactement ce que tu m’as indiqué au téléphone hier ! » (rire). Intéressant de voir la réalité dans la salle, si différente de celle dans sa tête. Lorsque les choses deviennent pratiques, il faut concrètement écouter le résultat live. Finalement, le processus créatif ne s’arrête pas à la partition. Jusqu’à la dernière seconde de la répétition, les choses changent encore. Donc pour revenir à votre question, avoir le compositeur sous la main est on ne peut plus instructif. Et pas exclusivement pour ce que je viens de décrire. Surtout pour notre perception des musiques plus anciennes. Lorsque nous parlons des grands compositeurs classiques, nous évoquons des personnalités érigés en dieux. Mozart ! Haydn ! Bach ! Et chacune de leur note est prise comme un écrit religieux, la Bible même ! Si nous devons parler de tempo, lorsqu’il s’agit d’évoquer des termes ayant une connotation précise. Comme andante, presto ou n’importe quel autre. Et que vous mettez cela en parallèle avec l’anecdote que je viens d’évoquer avec Arvo, ça relativise pas mal de choses… Imaginez la même conversation entre Beethoven et un chef d’orchestre de son époque, même si Beethoven dirigeait sa propre musique. Rien n’est absolu en musique. Rien n’est gravé dans la pierre. Car la perception du temps et du son, l’environnement du son également, dépendant de tant de facteurs différents, physiquement et émotionnellement. Même la perception du temps de nos jours n’est plus la même. Le concept de vitesse n’a plus rien à voir avec celui de l’époque où il n’y avait pas internet par exemple.

Justement, vous avez traversé ces différentes périodes où temps et vitesse sont en mutation permanente… Vous êtes en quête de silence ? De spiritualité même ?


Toutes ces choses existent. Question de choix, c’est tout… Ce qui me manque de plus en plus, c’est effectivement le silence. Si j’avais une journée totalement libre, les gens me demanderaient « Tu veux aller où ? Tu veux faire quoi ? », et je répondrais « mais juste chez moi ! Pour surtout ne strictement rien faire ! » En fait ça n’est pas le temps libre qui me manque, mais plutôt le temps pour réfléchir. C’est totalement différent. Ce que je préfère par-dessus tout lorsque je suis dans un avion c’est d’être assis sans personne à côté de moi, sans même écouter de musique. Ni regarder de films. Avoir juste les yeux clos. Et réfléchir. Car croyez moi, lorsque vous retrouvez durant sept heures totalement seul, sans aucune activité, là vous commencez à cogiter réellement. Et avant même que vous ne vous en rendiez compte, vous pratiquez une forme de méditation. C’est ce qui me manque le plus dans ma vie aujourd’hui.

Quel type de mélomane êtes-vous ?


J’écoute des disques sans cesse ! J’adore surtout aller au concert dès que j’en ai l’occasion. Dans ma voiture, je mets tout le temps de la musique. En général, jamais rien de symphonique. Plutôt des quatuors de Chostakovitch et Bartók. Ou alors du jazz. J’écoute aussi beaucoup de musique contemporaine. Les gens n’arrêtent pas de m’en envoyer.

http://www.qobuz.com/info/MAGAZINE-ACTUALITES/RENCONTRES/Rencontre-avec-Paavo-Jarvi50295

Tuesday, November 16, 2010

BIZET: Symphony in C Major; Jeux d’enfants, Op. 22; Roma--Suite for Orchestra, No. 3 -Orchestre de Paris/Paavo Jarvi - Virgin Classics

Gary Lemco
November 15, 2010
Audiophile Audition

http://www.audaud.com/article.php?ArticleID=8189

BIZET: Symphony in C Major; Jeux d’enfants, Op. 22; Roma--Suite for Orchestra, No. 3 -Orchestre de Paris/Paavo Jarvi - Virgin Classics 62861304, 75:54 ****:


With the partnership of Radio Classique, these live inscriptions of Bizet staples by Paavo Jarvi took place at the Salle Pleyel, Paris, 18-19 November 2009 (Symphony and Petite Suite d’Orchestre) and 20-21 November 2009 (Roma). The three works herein performed constitute Bizet’s repute as a composer of orchestral works, all else consigned to his opera oeuvre, barring the incidental music--the first suite--for L’Arlesienne.

The C Major Symphony we recall is the product of a teenager (1855) under the spell of Charles Gounod and the legacy of Franz Joseph Haydn. The lighthearted and facile nature of the writing remains predominantly Classical; and ever since Beecham’s historic inscription, a model for conductors of quicksilver ensembles. Both the first and second movements allow the principal oboe to strut its melodic capabilities in a form agreeable to the Massenet legacy of French instrumental ariosi. The sailing quality of the line in the Adagio could be likened to the melody in Gounod’s Judex--Mors et Vita, which had a fine inscription from Nicolai Malko two generations ago. Jarvi keeps the swaggering fugato on light feet, a delicious moment of youthful counterpoint. A delicious Scherzo follows, the string trills clean and lucid, the tympani part alternating between D and A in the outer parts, while the rustic trio gravitates to C and G. The Allegro vivace finale proceeds as a tour de force for the orchestra, plastic and lithe, the spirits jubilant and a mite impish in the manner of a Gallic Mendelssohn. A pity we have no recording by Felix Weingartner, who introduced the work in 1935. Paavo Jarvi nonetheless effects a suavely wrought Symphony, devilishly infectious at each turn.

The Petite Suite d’Orchestre, Jeux d’enfants (1871), derives from a set of twelve piano pieces conceived along the lines of Schumann’s Kinderszenen. Bizet selected five pieces for orchestration, and they emanate a spirit of youth and alert detail in their colors. The opening Marche (Trompette et Tambour) has the same mock militancy that Tchaikovsky ushers in with the Nutcracker. We can hear allusions to Carmen and to another opera, Ivan IV. The Berceuse rocks and lulls us in charming dialogues among violins, clarinet, flute, and oboe, the dark colorations well indicative of later music by Faure. The Impromptu whirls in an aerial space similar to Tchaikovsky’s Dance of the Reed Pipes.

Duo floats operatically, the melody worthy of Massenet. Finally, a joyful Galop (Le Bal) invites us to a round dance, an invocation I first heard years ago on “Children’s Theater” hosted by the late Ray Forrest, a man well ahead of his time for educational media. Next to my old classic performance by Igor Markevitch (on American Decca), this performance by Jarvi sets a new standard.

The so-called Roma “Symphony” in C Major (1860-1871) qualifies neither as a symphony nor a symphonic suite as such, but a kind of musical picture of four cities in Italy Bizet visited while residing at the Villa Medici for his Prix de Rome. The first movement remains the most ambitious, the evocation of Rome moving from an Andante tranquillo to Allegro agitato and a loose sonata-form structure. The grave sections of the score--a chorale motif or a somber pastoral--remind us of Mendelssohn, especially in the wind and French horn parts. The Scherzo (Allegro vivace) calls forth Florence, opening with a sunny fugue in bouncing, songful figures. The Andante molto invokes Venice, whose lulling waters hint at dark-hued gondolas and romantic trysts. The delicacy of the scoring might have provided Prokofiev a few clues for his Romeo and Juliet ballet. The final movement applies Neapolitan harmonies and a sense of the saltarello for Naples, and this movement caught the fond attentions of Sir Thomas Beecham. The lure of the Roman Carnival captivates us here as it does when Berlioz or Mendelssohn try their respective hands to the task. Light, frothy, and charming, the suite finds only lovely sympathies in Jarvi’s measured inscription.








Saturday, November 13, 2010

Paavo Järvi et Elisabeth Leonskaja à l’Orchestre de Paris - Désir collectif

Alain Cochard
4 Nov 2010
ConcertClassic.com


La musique de Sibelius serait-elle en train de sceller l’union de Paavo Järvi et de l’Orchestre de Paris ? Après Kullervo – choix aussi osé que passionnant en ouverture de saison – et tandis que Tapiola va bientôt être donné, le nouveau patron de l’Orchestre de Paris vient de diriger une Symphonie n° 2 qui démontre que le règne du chef estonien s’ouvre sous les meilleurs augures. Plus, que l’ «effet Järvi » joue déjà pleinement !

Quel cocktail multivitaminé le maestro a-t-il donc donné à ses musiciens ? On n’avait pas depuis longtemps entendu des cordes d’une présence aussi intense, des violons aussi lumineux, un orchestre aussi impliqué, fourmillant de détails. Mais si chef sonde chaque recoin d’une partition qu’il connaît comme sa poche, il ne perd pas un instant de vue la globalité d’un ouvrage dont la grande arche de tend avec évidence. Aucun show, aucune emphase toutefois. L’approche de Järvi passionne d’autant plus que, sans en rien assécher le propos, elle gomme une part du postromantisme dont la partition est porteuse ; partant l’Op. 43 devient une musique pleine de prédictions où se lit le futur de parcours symphonique sibelien. L’ovation du public est à la mesure du formidable désir collectif avec lequel Järvi et ses troupes ont servi Sibelius.

La soirée avait il est vrai bien commencé avec Eiffel, une courte pièce d’Arvo Pärt en hommage à l’architecte de « Notre-Dame de la rive gauche », donnée en création. « Il s’agit, écrit le compositeur estonien, d’une pièce courte et légère, comme une danse, qui fait un peu tourner la tête comme les vents, peut-être, qui passent à travers ce colosse pointu.» Järvi restitue avec une élégance racée la poésie délicate et charmeuse d’une pièce qui débute avec un faux air de Valse triste.

Quinze ans… Cela faisait un sacré bout de temps que l’Orchestre de Paris n’avait invité Elisabeth Leonskaja ! Le Concerto de Grieg permet de retrouver une merveilleuse pianiste riche de la plus belle tradition certes, mais aussi, d’abord, une formidable conteuse qui sait surprendre, se risquer avec palette sonore magnifique, un jeu capable de fulgurants emportements comme d’une poésie diaphane. Si certains pisse-vinaigre faisant la moue à quelques accrocs absolument mineurs savaient leur ridicule…


Paris, salle Pleyel, 4 novembre 2010

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http://www.concertclassic.com/journal/articles/actualite_20101104_3422.asp

Friday, November 12, 2010

La marque de Järvi

Simon Corley
ConcertoNet.com

Paris
Salle Pleyel
11/10/2010 -
Jean Sibelius: Tapiola, opus 112
Dimitri Chostakovitch: Concerto pour violoncelle n° 1, opus 107
Serge Prokofiev: Symphonie n° 6, opus 111

Steven Isserlis (violoncelle)
Orchestre de Paris, Paavo Järvi (direction)


Si Paavo Järvi n’a apparemment pas encore tout à fait trouvé ses marques dans la musique française – que ce soit avec Dukas en concert (voir ici et ici) ou bien avec Bizet au disque (voir ici) – il est en revanche dans son élément dès qu’il s’agit de musique russe ou scandinave. De fait, ce programme à la fois somptueux et sans concessions a attiré un très nombreux public salle Pleyel, où il n’était certes donné qu’à une seule reprise, et a tenu toutes ses promesses.


Aussi surprenant que cela puisse sembler, c’est la deuxième fois seulement que Tapiola (1926) apparaît à l’affiche de l’Orchestre de Paris depuis sa fondation en 1967: un peu plus de dix ans après Leif Segerstam, le nouveau directeur musical, en choisissant ce poème symphonique, peut-être la pièce maîtresse de son auteur, témoigne ainsi de son ambition de faire partager son expérience de cette musique, affichée clairement dès le concert d’ouverture en septembre dernier. Voilà qui contribuera salutairement à remettre les pendules à l’heure dans la capitale, où Sibelius n’a sans doute pas encore acquis la place qu’il mérite. La cohérence de l’ultime page orchestrale du compositeur finlandais, figurant une forêt nordique qui n’a pas grand-chose à envier à ses contemporains les plus audacieux (Janácek, Schönberg, Varèse), n’est pas aisée à trouver, ce qui explique sans doute la fascination qu’elle exerce en même temps que la difficulté d’exécution qu’elle présente. Il n’est pas certain que Järvi parvienne à restituer pleinement cette cohérence, mais chaque section n’en est pas moins réalisée avec un grand soin, spectaculaire alternance de climats déchaînés et de textures évanescentes.


Truls Mørk se remettant lentement mais – si l’on en croit l’annonce reproduite dans les notes de programme – sûrement de la maladie de Lyme qu’il a contractée en avril 2009, doit reporter à la saison prochaine son retour à l’Orchestre de Paris. C’est Steven Isserlis qui le remplace dans le Premier Concerto (1959) de Chostakovitch: dédié à Rostropovitch, celui-ci l’a dirigé en novembre 2006, quelques mois avant sa disparition, à l’Orchestre de Paris, avec Tatiana Vassilieva en soliste (voir ici). S’aidant de la partition – et avec le chef, en tant que de besoin, en tourneur de pages –, le violoncelliste britannique donne l’impression de se jeter tout entier dans la bataille, sans retenue, comme un Mischa Maisky, qu’il évoque en outre par son abondante chevelure. Mais il n’en adopte cependant pas les excès et débordements, à l’image du Moderato central, dont il ne surjoue pas le caractère mélancolique. Pour autant, son interprétation extrémiste, vraisemblablement très éloignée de celle qu’aurait offerte Truls Mørk, assume ses violents contrastes de nuances dynamiques et de couleurs, voire d’intonation. Isserlis fait d’ailleurs partie de ces quelques artistes dont les mimiques et attitudes peuvent agacer et rendent donc préférable de fermer les yeux et de profiter ainsi exclusivement du résultat sonore: sa puissance et son tempérament, comme s’il remontait avec bonheur à ses ascendances russes (un grand-père pianiste et compositeur), autorisent une telle approche, servie en outre par une virtuosité illustrée tant par l’immense cadence que par l’Allegro con moto final, mené à un train d’enfer. Et il trouve dans l’orchestre un partenaire en harmonie avec sa prestation: non seulement la qualité instrumentale est au rendez-vous, à commencer par Benoît de Barsony dans l’importante partie de cor, mais la direction ne manque ni d’engagement ni de mordant.


Après avoir veillé à saluer personnellement le premier pupitre des violoncelles, Isserlis rend hommage, après Rostropovitch, à l’autre légende du violoncelle du XXe siècle, Pablo Casals, avec sa célèbre adaptation de la mélodie folklorique catalane Le Chant des oiseaux (1941), pas si éloignée que cela, au demeurant, de la cantilène du mouvement lent du concerto. Après l’entracte, il retrouve dans les rangs du public Jean-Efflam Bavouzet et Ivry Gitlis, pour assister à un événement: la Sixième Symphonie (1947) de Prokofiev n’avait pas été programmée à l’Orchestre de Paris depuis les débuts de Myung-Whun Chung avec cette formation... voici exactement vingt-huit ans, où elle avait alors fait son entrée au répertoire de l’orchestre.


Entre les Cinquième et Septième, plus conformes aux canons officiels et toutes deux couronnées du prix Staline, la Sixième précède de peu la condamnation par le tristement célèbre Jdanov des orientations esthétiques adoptées par la plupart des grands compositeurs soviétiques. Il est vrai que ces trois amples mouvements, dédiés à Beethoven jusqu’à choisir sciemment un numéro d’opus (111) correspondant à celui de sa Trente-deuxième Sonate pour piano, avaient tout du vilain petit canard pour les censeurs staliniens, comme la Neuvième de Chostakovitch, pirouette au régime qui attendait un hymne convenu à la victoire dans la «grande guerre patriotique». Prokofiev ne paraît d’ailleurs jamais aussi proche de son cadet que dans cette symphonie, à la convergence de ses difficultés personnelles et des drames de l’histoire russe. Car si l’on reconnaît sa palette orchestrale si typique, celle de Roméo et Juliette, de Cendrillon, de Guerre et Paix ou même de la Cinquième, le mélange de joie triviale et d’ironie féroce du Vivace final rappellent le style de Chostakovitch, par exemple le mouvement homologue de sa Sixième. Et il y a comme chez lui une dimension mahlérienne assez inhabituelle chez Prokofiev, que la baguette objective de Järvi met remarquablement en valeur, sans pour autant ôter la charge expressive et élégiaque du propos. Accueil triomphal pour un chef qui rend non seulement justice à toutes les facettes de cette œuvre sans pareille mais imprime déjà fortement sa marque sur la phalange parisienne, telles ces trompettes vibrant de façon plus russe que nature.

http://www.concertonet.com/scripts/review.php?ID_review=6951

Thursday, November 11, 2010

A sound croissant-crisp and blended like fine wine

Lawrence B. Johnson
11/06/10
Classical Voice America

Review: Orchestre de Paris, Paavo Jarvi conducting;
Elisabeth Leonskaya, piano, at the Salle Pleyel, Paris

Each time I’ve heard the Orchestre de Paris on its home turf in recent years, I’ve wondered why this fine ensemble typically does not come up in conversations about the world’s great orchestras.

In any case, whether because it doesn’t visit the United States very often or its recordings are unfamiliar to us, American critics seem to undervalue the Orchestre de Paris. I find it hard to believe any connoisseur could have come away from the concert I heard Nov. 4 at the Salle Pleyel unconvinced that this orchestra ranks in the top class.

For that matter, I might say the same about the Estonian-born conductor Paavo Jarvi, who at age 48 has just begun his new directorship of the Orchestre de Paris. Jarvi steps down as music director of the Cincinnati Symphony Orchestra at the end of this season.

In an electrifying performance of Sibelius Symphony No. 2 in D major, the rapport between conductor and orchestra was so thorough-going that one might have surmised they had been a musical family for several years rather than a few weeks.

While Jarvi’s conducting style tends toward open, exuberant gestures, he works with a clear purpose that these musicians obviously understand down to the last nuance. This was a fairly brisk Sibelius Second, but animated rather than frenetic and – notably in the brasses -- brilliant rather than merely clamorous.

In Sibelius’ plethora of grandly sweeping tunes, Jarvi allowed the Paris strings to glisten and to sing; and shine they did, from opulent cellos and violas up through gossamer textures spun by a superb choir of violins. The Orchestre de Paris also boasts a prize group of wind players who made impeccably poised chamber music in passages that sometimes get lost in the storm and stress of the mighty Second Symphony.

Just as Jarvi’s penchant for sudden accelerations injected the performance with hair-raising bursts of energy, his masterfully contoured peroration in the finale – a sound that grew ever more majestic and seemed to tap every possible resonance of the Pleyel’s splendid acoustic – was pure, unrelenting excitement.

The balance of the program offered Elisabeth Leonskaya’s lyrical, romantically old-school Russian account of the Grieg Piano Concerto and the premiere of Arvo Pärt’s “Silhouette: Homage to Gustave Eiffel” for strings and percussion, a short piece of winsome lyricism commissioned to welcome Jarvi to Paris. Pärt was on hand to acknowledge the applause.

It seems likely Jarvi – whose predecessors at the Orchestre de Paris include Herbert von Karajan, Georg Solti and Daniel Barenboim -- will be present at the Pleyel for many an ovation to come.

As for the orchestra coming to a U.S. concert hall near you, that doesn’t appear to be in the offing near term. While Jarvi is quoted in an Orchestre de Paris publication espousing the value of tours and citing extensive plans to take the orchestra to cities around Europe in the coming year, the U.S. is not on that agenda.

But the new maestro already has begun recording with the orchestra. Their CD of works by Bizet – the youthful Symphony in C, the Jeux d’Enfants” and a second symphony called “Roma” – is available at Amazon.com.

Jarvi’s extensive discography includes some excellent Telarc CDs with Cincinnati, where he has been music director since 2001. Notable are Stravinsky’s “Sacre du Printemps” and Nielsen’s Fifth Symphony on one disc and Berlioz’s “Symphonie fantastique.”

You can also listen to the Orchestre de Paris’s vault of concerts dating back to 1982, without charge, here.


http://classicalvoiceamerica.com/blog/member.cfm?blogid=325&bloggerid=33

Monday, November 08, 2010

Paavo Järvi toob Pariisis ettekandele Pärdi uusteose

Priit Kuusk
uudised.err.ee
2.11.10

Dirigent Paavo Järvi toob ülehomme Pariisis Salle Pleyelis maailmaesiettekandele Arvo Pärdi uue teose "Silhouette".
Arvo Pärdi verivärske oopuse mängib Paavo Järvi uus orkester Orchestre de Paris neljapäeva õhtul oma residentsis Salle Pleyel’is. Proovid algasid täna ning Pariisis viibib kohal ka helilooja Arvo Pärt ise.

"Silhouette, hommage à Gustave Eiffel" on pala keelpilliorkestrile ja löökpillidele, mille loomisele on heliloojat inspireerinud Pariisi üks imposantsemaid mälestusmärke ja sümboleid, Eiffeli torn.

Uusteos on Paavo Järvi tellimus ning pühendatud temale ja Orchestre de Paris’le nende pideva koostöö alguse puhul. Selle sünd sai teoks pärast Arvo Pärdi üht telefonikõnet, kus helilooja tänas Järvit ta teose "Summa" hea ettekande eest koos ERSO-ga tehtud plaadil. Dirigent ja helilooja kohtusid uue teose juures aga veel tänavu suvel.

Paavo Järvi ülehomne kava Orchestre de Paris’ga on tervenisti Põhjamaade heliloojate muusikast ja kannab pealkirja "Soirée nordique". Arvo Pärdi uusteose järel avapalana kõlavad Edvard Griegi Klaverikontsert, kus solistiks on Elisabeth Leonskaja Viinist, ning Jean Sibeliuse üks populaarsemaid, Sümfoonia nr 2.

Kontserdist teeb otseülekande Arte Live Web. Klassikaraadios tutvustas täna esiettekannet toimetaja Mirje Mändla ning Orchestre de Paris’ ja Klassikaraadio kodulehelt saab aadressi otseülekande kohta internetis. Alles 31. oktoobril tehti Paavo Järvi juhatatud kontserdist Frankfurti Raadio Sümfooniaorkestriga otseülekanne (Arte Live Web), kus solistiks oli pianist Aleksandr Melnikov.

"Silhouette" on Orchestre de Paris’ repertuaaris alles kolmas Arvo Pärdi teos "Fratrese" ja "Cantuse" järel.

"Silhouette’i" esiettekanne märgib Arvo Pärdi hiljutist juubelit ning seda meenutatakse praegu Pariisis taas ka ajakirjanduses. Alates ülehomsest ongi Pärdi 75. sünnipäeva tähistamine kandunud Pariisi, Normandiasse ja mujalegi Prantsusmaale mitmete kontsertidega, kuhu igale poole helilooja ise kohale ei jõuagi.

Eile tuli Iirimaa kaudu müügile sealse nüüdismuusikaühingu Louth Contemporary Music Society välja lastud uus plaat "Path", kus mitme helilooja kõrval (peamiselt Ida-Euroopast) on ka Arvo Pärdi kaks pala – esmakordselt kitarrikvarteti versioonis ning helilooja kohalolekul salvestatud teos "Summa" ning 2005. aastast pärit teos "Von Angesicht zu Angesicht". Mõlemast teosest on need esmaplaadistused. Ettekandjaiks on Dublin Guitar Quartet ning sopran Patricia Rozario ja bariton Eamonn Dougan.

"Silhouette", d'Arvo Pärt, séduit par son lyrisme raffiné

Marie-Aude Roux
Le Monde
06.11.10

L
e compositeur estonien Arvo Pärt, né à Paide, le 11 septembre 1935, est à l'honneur en cet automne, qui voit fêter ses 75 ans. La longue et mince silhouette à la barbe de pope s'est fait connaître chez nous au début des années 1980, date à laquelle Pärt quitte l'Estonie pour s'installer à Vienne puis à Berlin. Les musiques de film de celui qui est le compositeur vivant le plus enregistré aujourd'hui sont dans bien des oreilles : Les Amants du Pont-Neuf, La Chambre des officiers, There Will Be Blood...

Créateur protéiforme, Arvo Pärt a tout essayé - les techniques sérielles, l'aléatoire, le collage citationnel, les polyphonies de la Renaissance - avant de trouver sa voie propre, celle d'un langage minimaliste et épuré, qui passe par la tentation spirituelle (en témoignent ses nombreuses oeuvres religieuses) et une recherche particulière des timbres. Un style qu'il a appelé "Tintinnabuli", inspiré du nom de la clochette que l'on accrochait au Moyen Age aux orgues portatives.

C'est pour l'Orchestre de Paris et plus encore pour son compatriote, le chef d'orchestre Paavo Järvi, qui en est le directeur musical depuis le début de la saison, que Pärt a écrit Silhouette. Cet hommage à Gustave Eiffel pour orchestre à cordes et percussions a été créé jeudi 4 novembre, Salle Pleyel, à Paris. En 1968, Credo, oeuvre orchestrale composée par Arvo Pärt, avait été interdite par le régime soviétique, mais néanmoins jouée par le père de Paavo Järvi, Neeme Järvi. Ce qui avait valu à toute la famille Järvi de devoir s'expatrier aux Etats-Unis. Silhouette est une oeuvre séduisante, au lyrisme raffiné, qui mêle sourds râles de gongs et courts éclats de glockenspiel avant de déployer une manière de valse lente aux cordes, parfois comme évidée par le passage de l'archet au pizzicato.

Cela faisait quinze ans que la pianiste russe Elisabeth Leonskaja n'avait pas joué avec l'Orchestre de Paris. Lors de la soirée, le Concerto pour piano en la mineur de Grieg aura consacré le retour de "la dernière grande dame de l'école soviétique", un piano carré et sans fioritures, puissant et vigoureux, mais capable d'impalpables finesses (comme le prouvera le clair-obscur d'un "Adagio" de la Sonate en fa majeur de Mozart joué en bis).

Ce concert "100 % nordique" s'est terminé par une éblouissante Symphonie n° 2 en ré majeur de Sibelius, dirigée par un Paavo Järvi très à l'aise et visiblement en terrain d'affinités électives.


Création française de la "Symphonie nº 4", Orchestre de Paris, le 10 novembre à 20 heures, au Théâtre du Châtelet. Tél. : 01-40-28-28-40. De 10 € à 20 €.

Intégrale Musiques du Nord : Sibelieus, Grieg, 13 novembre à 20 h 30 (Orchestre de Paris sous la direction de Paavo Järvi) et Arvo Pärt (Lumières de la Baltique), 14 novembre à 17 heures (Ensemble de Basse-Normandie) au Théâtre de Caen. Tél. : 02-31-30-48-00. De 6 à 45 €. Création française de "In Spe", par les Solistes de Moscou, le 21 novembre à 17 h 30, à l'Espace Philippe-Auguste de Vernon (tél. : 02-32-64-53-16). De 8 € à 19 €. Concert du 4 novembre sur Liveweb.arte.tv.

Disque : "Symphonie no 4" d'Arvo Pärt, par l'Orchestre philharmonique de Los Angeles, Esa-Pekka Salonen (direction), 1 CD ECM.


http://www.lemonde.fr/culture/article/2010/11/06/silhouette-d-arvo-part-seduit-par-son-lyrisme-raffine_1436412_3246.html

Tuesday, November 02, 2010

Purchase the Beethoven Project !



Click here to order: Deutsche-Welle website

The 40 musicians of the Deutsche Kammerphilharmonie Bremen make up what is perhaps Germany's most unusual orchestra. Together with artistic director Paavo Jarvi, this extraordinary ensemble has taken on the challenge of playing all nine Beethoven symphonies in four days at the Beethovenfest Bonn. They are not only world-class musicians but also shareholders in the company that runs the orchestra, so they bear the financial risk of all their projects. And they see their work as extending well beyond the final applause: they take their social responsibilities seriously, for instance by passing on their passion for music to students at a local school.

The film focuses on star conductor Paavo Järvi and several members of the orchestra. They convey their enthusiasm for music, and they deliver insights into the internal life of the orchestra. The film crew accompanied them closely in Bremen, Tallinn and Bonn, in rehearsals, concerts and behind the scenes. How was this former youth orchestra able to reach the very top of the classical music world? How do conductor and instrumentalists see Beethoven´s masterpieces? How did the orchestra develop its unique sound? What is the message of Beethoven´s music in the 21st century? How is the orchestra able to perform all nine symphonies at a consistently high level over four days? The music documentary The Beethoven Project answers these questions - and many others - in 90 minutes. A conductor, an orchestra, Beethoven and his music.

The DVD-Box consists of all 9 Beethoven symphonies, recorded with the Deutsche Kammerphilharmonie Bremen, conducted by Paavo Järvi at the Beethovenfestival in Bonn 2009.

Das Beethoven-Projekt has won 3 international prizes by now:

Creation at the Eyes and Ears Awards 2010, München
Best Soundtrack at the Rhode Island International Film Festival 2010, USA
Audience Award for Best Documentary Feature at the Cincinnati International Film Festival 2010, USA

Französische Poesie bittet zu einem Walzer

Von Rudolf Jöckle
30 Okt 2010
Frankfurter Neue Presse

Eine brillante Vorhut der Moderne beriefen Paavo Järvi und das HR-Sinfonieorchester beim jüngsten Abo-Konzert in der Alten Oper.

Mit von der anregenden Partie waren Ravel mit den «Valses nobles et sentimentales», Prokofjew mit seinem 2. Klavierkonzert und Hindemiths «Sinfonische Metamorphosen über Themen von Carl Maria von Weber», Themen, die mit Ausschnitten aus der «Turandot»-Musik (Ouvertüre und Marsch) zuvor aufs Schönste serviert worden waren. Kurzum, ein konsequentes, gelockertes und deshalb kluges Programm.

Bei Ravels «Valses» wechselten etwa auf unangestrengte Weise Delikatesse und Raffinement und dazwischen auch einmal eine Grobheit. Und im Pendel zwischen Sonorität und intellektueller Strenge kam schließlich auch nicht die französische Poesie und Eleganz zu kurz. Webers «Turandot»-Musik und die Hindemithschen «Metamorphosen» bildeten da das brillante Gegengewicht, herrlich im Farbenglanz der Bläser und schwungvoll in der von Järvi zwingend gelenkten Bewegung.

Den Mittelpunkt bildete Prokofiews 2. Klavierkonzert mit dem noch jungen russischen Pianisten Alexander Melnikow, der für den erkrankten Yefim Bronfman einsprang: Melnikow spielte mit höchst eindrucksvoller Virtuosität, lebendig und souverän im Passagenwerk, bestechend klar im Rhythmus, die Lyrismen sorgfältig differenzierend.

Er wurde ja auch glänzend getragen von Paavo Järvi und dem bestechend reagierenden, farbenreichen HR-Sinfonieorchester. Große Begeisterung im Publikum.


http://www.fnp.de/fnp/welt/kultur/franzoesische-poesie-bittet-zu-einem-walzer_rmn01.c.8385202.de.html