Friday, June 28, 2013

Schumann in ungewohnter Umgebung

Neue Bürcher Zeitung
28/06/2013

F. Me. ⋅ «Pier 2» – das ist ein ehemalige Werfthalle im Hafen von Bremen, die normalerweise als Veranstaltungsort für Rock- und Pop-Konzerte genutzt wird, in der im September 2011 aber auch Paavo Järvi und die Deutsche Kammerphilharmonie mit den vier Sinfonien Schumanns zu Gast waren. Christian Berger hat das Ereignis mit der Kamera begleitet und daraus einen zweiteiligen Konzertfilm gemacht, bestehend aus einer Hintergrunddokumentation mit Probenausschnitten und Kommentaren sowie der Aufzeichnung der vollständigen Aufführungen. Im Einführungsfilm kommen nicht nur einzelne Orchestermusiker, sondern vor allem der Dirigent zu Wort. Dieser gibt seinen Gedanken zu Schumanns Sinfonik auf unprätentiöse, anschauliche Weise Ausdruck, scheut allerdings auch nicht vor Simplifizierungen zurück – etwa wenn er von den «neurotischen» Qualitäten von Schumanns Musik spricht oder den Blechbläser-Quintsprung in der Einleitung zur Zweiten Sinfonie als Anspielung auf den Beginn von Haydns letzter Sinfonie deutet. Umso feinfühliger und souveräner zeigt sich Järvi im Umgang mit dem Orchester, das er in den Aufführungen zu Höchstleistungen motiviert. So schlank im Klang, so straff in den Tempi und so lebendig durchpulst dürften die vier Werke jedenfalls schon lange nicht mehr erklungen sein – und dennoch fehlt es den Wiedergaben weder an melodischer Emphase noch an agogischer Differenzierung. Eine von der Deutschen Kammerphilharmonie hellhörig und agil umgesetzte Schumann-Interpretation und eine würdige Fortsetzung der vielbeachteten, preisgekrönten Gesamtaufnahme der Beethoven-Sinfonien, die Järvi mit diesem Orchester erarbeitet hat.
Schumann at Pier 2 / Robert Schumann: The Symphonies, Konzertfilm von Christian Berger. Deutsche Kammerphilharmonie, Paavo Järvi (Leitung). C Major A055134940000 (3 DVD).

http://www.nzz.ch/aktuell/feuilleton/uebersicht/schumann-in-ungewohnter-umgebung-1.18107152

Thursday, June 27, 2013

L’Orchestre de Paris au sommet

Altamusica
Claude Helleu
Le 20 juin 2013

Concert de fin de saison de l’Orchestre de Paris sous la direction de Paavo Järvi, avec la participation du violoniste Frank Peter Zimmermann à la salle Pleyel, Paris.



Bravo à Paavo Järvi pour l’impressionnante progression de l’Orchestre de Paris sous sa direction depuis septembre 2010 ! Le dernier concert de leur saison parisienne en a témoigné dans une Première de Mahler à l’hétérogénéité magnifiquement identifiée, après que Frank Peter Zimmermman, en parfaite entente avec l’orchestre, nous eut subjugués dans Chostakovitch.

Ce concert de l’Orchestre de Paris marque triomphalement la fin de la saison. Sous la direction toujours précise, sobre et ferme de Paavo Järvi, nous nous rendons d’abord avec Jean Sibelius au royaume glacé de Tuoni, l’Enfer mythologique finlandais qu’un sombre fleuve encercle. Là, des profondeurs s’élèvent des cordes enlacées sur lesquelles veille un cygne noir éternel, cor anglais au souffle infini.

Un moment de magie intemporelle avant les ravages du Premier Concerto pour violon de Dimitri Chostakovitch. Impassible, corps et son impeccablement droits, Frank Peter Zimmermann transcende les audaces de cette partition. Sur tous les registres du Stradivarius de 1711 ayant appartenu à Fritz Kreisler, le Nocturne captive d’emblée, noblement sinueux, affirmé mais interrogatif, avant que le Scherzo s’emporte et nous emporte là où couve la colère osée par le compositeur dans l’URSS de Staline.

Ce que le mouvement contient de « maléfique, démoniaque, épineux », disait David Oïstrakh, son créateur, Frank Peter Zimmermann, naturellement démiurge, nous en fascine. L’hallucinante virtuosité et la richesse de la sonorité exacerbent les provocations. Regarder le violoniste assumer la violence de ces pages et leurs traits sidérants avec une telle aisance en prolonge paradoxalement le malaise et l’impatience, partagés par un orchestre solidairement exalté.

Dialogues provocateurs ou méditation commune de la Passacaille perpétuent l’entente entre le soliste et les pupitres de l’orchestre. En surgit la cadence du violon : cinq minutes délirantes somptueusement maîtrisées. La Burlesque témoigne ensuite de l’humeur populaire d’une fête revendiquant ses gaillardises, ses plaisirs et leur vanité. Une jouissance pour ses interprètes et leurs auditeurs contaminés.

Inaugurant l’une des séries symphoniques les plus décisives de l’histoire, Paavo Järvi conclut ce programme avec la Symphonie Titan de Gustav Mahler. Audaces là aussi, là déjà, vaudrait-il mieux dire, puisque la première mouture de l’œuvre remonte à 1888.

Forêt de timbres, fragments de fanfares aux clarinettes, chant des violoncelles… l’esprit règne sur un premier mouvement au lyrisme provisoirement paisible – lentement, en traînant, comme un bruit de la nature, indique Gustav Mahler – mais de plus en plus sombre. L’ironie des trompettes en rompt la mélodie, ouvrant la voie aux ambiguïtés qui la jalonnent, soulevées par les solistes de l’orchestre tous et dans tout remarquables.

Le contraste du deuxième mouvement – puissant, agité – et de son Ländler n’en est que plus tranché. La lourdeur de la danse populaire autrichienne, la vulgarité ironique des cuivres, le déchainementfortissimo de la valse lente se vivent sans états d’âme. Pourtant partition et interprétation interrogent. Entrain forcé ? Frère Jacques, Frère Jacques … dormez-vous ? Les cordes fusionnelles sous-entendent la tendre question.

Qui bientôt devient une sorte de marche funèbre hétérogène, à la fois inquiétante et tendre, fantasque, dramatique. La mélodie passe d’un pupitre à l’autre, se heurte à des sonorités de bastringue incongrues et se parodie, en renaît sublimée, portée par un orchestre à l’homogénéité parfaite.

Sous la vision de Paavo Järvi, la symphonie suit inexorablement sa progression. Tumultes et lumière du quatrième mouvement s’opposent mais aussi se fondent. La puissance des déflagrations sonores, les retombées tragiques et les éclaircies soudaines participent de la même trajectoire victorieuse. De la percussion à la contrebasse, vents et cordes se transcendent, pénètrent tant la richesse du parcours que les incidents qui l’émaillent.

Concert de fin de saison de l’Orchestre de Paris sous la direction de Paavo Järvi, avec la participation du violoniste Frank Peter Zimmermann à la salle Pleyel, Paris.

Jean Sibelius (1865-1957)
Le cygne de Tuonela, Légende op. 22 n° 2
Dimitri Chostakovitch (1906-1975)
Concerto pour violon n° 1, en la mineur, op. 99
Frank Peter Zimmermann, violon
Gustav Mahler (1860-1911)
Symphonie n° 1 en ré majeur, « Titan »
Orchestre de Paris
direction : Paavo Järvi

http://www.altamusica.com/concerts/document.php?action=MoreDocument&DocRef=5223&DossierRef=4798

Saturday, June 22, 2013

Fin de saison éblouissante et grandiose pour l’Orchestre de Paris

Toutelaculture.com
Marie Charlotte Mallard
21 juin 2013
Ce jeudi l’Orchestre de Paris retrouvait pour clore sa saison, la baguette de son directeur musical Paavo Järvi, et donnait à entendre un trio de compositeurs symphonistes de choc : Sibélius, Chostakovitch et Malher. Du cygne de Tuonela extrait de la suite Lemminkaïnen de Sibelius, au Concerto pour violon n°1 en La mineur de Chostakovitch où l’orchestre accompagnait Frank Peter Zimmermann à la 1ere symphonie de Malher, tout ce soir fut d’une splendeur époustouflante. Une fin de saison éblouissante pour l’orchestre de Paris qui nous confirma irrémédiablement ce soir son excellence.
paavo jarviipaavojarvi.com 
L’œuvre de Sibélius, poème symphonique méditatif, vous plonge dès son commencement dans une sorte de limbe mystérieuse par le gonflement progressif de l’orchestre qui très vite, laissera place à la mélancolie du cor anglais qui s’exprimera tout du long sur fond de cordes doucement frémissantes, précautionneuses, discrètes et feutrées. L’esprit de l’œuvre sublimée ce soir par l’Orchestre de Paris qui en fit ressortir avec grâce, lumière féérique autant que sombre tristesse, fêlure intérieure mise en musique par la complainte du cor anglais, nous happait malgré nous dans l’univers étrange de Sibélius et nous enveloppait paisiblement. Une intemporalité intrigante et angoissante flottait alors littéralement salle Pleyel, un climat créé et magnifié par une gestion hors pair, fine et rigoureuse du nuancier et des couleurs.
WLG_Zimmerm
Après cette douceur amère, place au brutal et sévère Concerto pour violon n°1 en La mineur de Chostakovitch interprété par Frank Peter Zimmermann. Le concerto débute par un Nocturne sombre et insaisissable dont la mélodie tortueuse serpente des graves aux aigus pour venir jouer sur les cordes les plus sensibles de l’instrument. Le violon de Zimmermann revêt dans les graves la rondeur de l’alto qui tranche avec l’éclat initial du violon et la clarté des aigus. Encore une fois le spectateur est plongé dans une atmosphère ténébreuse, énigmatique, suspicieuse, torturée et immatérielle. Le second mouvement, un Scherzo, débute précipitamment. Une note posée brutalement par le violon sonne le départ fugué d’une flûte virevoltante, motif repris aussitôt par l’instrument soliste. Le mouvement entier est une sorte de course frénétique et hargneuse aux accents maléfiques, le violon y apparaît d’ailleurs comme possédé. La cohérence entre le soliste est l’orchestre est ici impressionnante car le mouvement où se superposent divers petits motifs et interventions venues de toute part donnant à entendre les désordres incontrôlés que provoque la colère, exige une cohésion extrême. Zimmermann est à ce point impressionnant de maîtrise et de virtuosité que même les violonistes de l’orchestre le regardent avec admiration et semblent se régaler à l’observer. La passacaille du troisième mouvement commence pompeusement, l’orchestre se fait lourd et semble marcher avec pesanteur et solennité alors que le violon fait ressortir une tristesse sensible, mélancolie délicate aux accents tziganes, un déchirement poignant parfois contemplatif duquel on retrouve le côté insaisissable du premier mouvement. La passacaille se clôt sur une longue cadence du violon solo dont les montées en arpège calme du début, deviennent de plus en plus brutales. Le violoniste frotte de plus en plus sèchement et brusquement les cordes faisant résonner les doubles cordes avec une insolence espiègle et enfantine, permettant de faire ressortir toute l’ironie de la cadence. L’orchestre survint alors, grondant, tonitruant, pour enchaîner sur le dernier mouvement de l’œuvre intitulé Burlesque et sans nul doute le plus fou et virtuose du concerto. Frénétique et infernal, il ne semble pas apeurer notre soliste qui s’amuse indubitablement, sautant, se tournant vers les musiciens pour leur passer le relais avec fougue et vigueur. La virtuosité prodigieuse et stupéfiante de Zimmermann subjugue littéralement. La salle sous le choc n’attendit pas de voir la baguette du chef redescendre pour crier son admiration et applaudir à tout rompre avec une ferveur rare. Rappelé 4 fois sur scène le musicien gratifiera son succès d’un bis virtuose.
Après l’entracte, et pour clore la soirée ainsi que la saison de l’Orchestre de Paris à Pleyel était donnée la Symphonie n°1 en ré majeur dite Titan de Malher. Que dire tant son interprétation fut en tout point parfaite, et captivante. Une maîtrise des nuances improbable et incroyable de précision, une virtuosité pour tous les pupitres largement maîtrisée, une gestion et une exigence quant aux  timbres, et des couleurs sublimes et extrêmement bien menées. Des musiciens plus qu’investis, véritablement habités. Ce soir, dans cette symphonie, l’Orchestre de Paris fut plus que brillant et resplendissant, il fut indubitablement excellent !
orchestre de parisLe premier mouvement débute imperceptiblement, les cordes dans une nuance plus lointaine encore qu’un pianississimo créent un tapis sonore, qui petit à petit prend de plus en plus de volume. Puis, venant des coulisses résonne tout à coup un appel de trompette. L’ambiance se crée peu à peu et la musique revêt de plus en plus un côté champêtre, nous plongeant dans une forêt de timbres d’où l’on entend chanter le coucou (incarné par la clarinette), et l’on semble retrouver au loin le cor de chasse. Le décor se pose et se crée ainsi peu à peu à nos yeux et le compositeur nous assujettis pour mieux nous faire entendre son discours. De cet éveil de la nature l’on glisse au second mouvement dans une valse lente et ironique dont l’esprit viennois nous interpelle. L’ambiance devient alors de plus en plus populaire, clarinettes et cors lèvent haut le pavillon comme pour mieux se faire entendre. Le troisième mouvement reste le plus surprenant et le plus accrocheur de l’œuvre, jouant autour du thème de « frère Jacques » transposé pour lui donner une tonalité plus hébraïque. Introduit par la contrebasse il est ensuite repris tour à tour en canon par les autres pupitres et l’orchestre ne cessera de jouer et de déformer ce  thème. Le dernier mouvement fut véritablement l’apothéose de la soirée. Dramatique et tumultueux, l’orchestre y exprima toute sa force, sa fougue, et sa fureur, tel un monstre enragé, il donnait à entendre des cordes dramatiques et dangereuses à outrance, des cuivres claironnants, retentissants et éblouissants (les 7 cors se lèveront même à la fin pour faire preuve de d’autant plus de force), ainsi que des clarinettes claquantes. Une brutalité noble, explosive et grisante véritablement impressionnante.
Outre la force, l’unité de l’orchestre dans la multiplicité thématique de l’œuvre, la capacité de ceux-ci à changer de timbre ou de phrasé tantôt doux, tantôt cinglant et perçant, la capacité de Paavo Jarvi à avoir telle maîtrise sur ses musiciens (que l’on avait vu il y a quelques semaines beaucoup moins réceptifs), à savoir les conduire et guider parfaitement, les pousser dans des nuances toujours plus approfondies, un rythme et une mesure maîtrisés au millimètre près, reste bluffante. La mobilisation de l’ensemble fit ce soir briller l’Orchestre de Paris plus que de mesure qui nous gratifia d’une prestation majestueuse et grandiose. Comme nous le disions en introduction l’orchestre de Paris confirma ce soir indéniablement son excellence et se plaça même selon nous au rang des plus grands orchestres internationaux. Inutile de préciser que le public fut en liesse et applaudit encore une fois à s’en faire mal aux mains, ne cessant de crier bravo, saluant tous les pupitres…
La 1ère symphonie de Malher sera à apprécier ce soir à l’occasion de la fête de la musique sous la pyramide du Louvre à partir de 22h30.
Visuel : Paavo Jarvi: Paavojarvi.com / Frank Peter Zimmermann panovnik.blogspot.com / une: orchestredeparis.com

http://toutelaculture.com/musique/classique-musique/fin-de-saison-eblouissante-et-grandiose-pour-lorchestre-de-paris/

Friday, June 21, 2013

Fin de saison éclatante de l’Orchestre de Paris et de son directeur musical, Paavo Järvi, qui recevaient Frank-Peter Zimmermann, grandiose

BrunoSerrouBlogSpot
21 Juin 2013
Paris, Salle Pleyel, jeudi 20 juin 2013
Orchestre de Paris, salle Pleyel. Photo : (c) Orchdestre de Paris, DR
Pour sa dernière apparition devant le public de la Salle Pleyel de la saison qui s’achève, à la veille de son ultime prestation Pyramide du Louvres, et avant de prendre ses quartiers d’été à Aix-en-Provence pour une Elektra de Richard Strauss qui s’annonce somptueuse, l’Orchestre de Paris a réuni dans un même programme trois des grands symphonistes du XXe siècle, Gustav Mahler, Jean Sibelius et Dimitri Chostakovitch. Néanmoins, pour rester dans les règles du concert d’orchestre, Paavo Järvi, faute de poème symphonique et de concerto mahlériens, a retenu un extrait de la grande Suite de Lemminkaïnen du Finlandais, un concerto du Russe, avant de conclure sur une symphonie de l’aîné.

Paavo Järvi. Pjoto : DR
A l’écoute du célèbre Cygne de Tuonela, le mouvement lent de la Suite de Lemminkaïnen op. 22 de Jean Sibelius (1865-1957), l’on n’a pu que ressentir quelque frustration de ne pas avoir le bonheur d’écouter les quatre légendes, tant l’Orchestre de Paris a exalté de ses sonorités fruitées et de son nuancier infini les beautés évanescentes de cette méditation intemporelle sur la mort, particulièrement les cordes, aux textures feutrées et lumineuses que les vents, pourtant en nombre, ne font que colorer, particulièrement un merveilleux solo de cor anglais d’une prenante mélancolie (remarquable Gildas Prado), et les cuivres aux sonorités sombres amplifiées par les sourdes résonnances des timbales, tandis que se détache le violoncelle solo aux mornes colorations.
Plus rêche et acide que ces pages de Sibelius, le Concerto de pour violon et orchestre n° 1 en la mineur op. 77/99 de Dimitri Chostakovitch (1906-1975) n’en a pas moins impressionné, permettant tout autant à l’Orchestre de Paris de briller et de démontrer son aptitude à s’adapter aux caractères et aux styles les plus divers et tranchés. Composée en 1947-1948, conçu en quatre mouvements aux titres évocateurs (Nocturne, Scherzo, Passacaille, Burlesque), cette partition, la plus longues des œuvres concertantes de Chostakovitch, ne devait être créé que sept ans après son achèvement, le 29 octobre 1955, par David Oïstrakh, son commanditaire, et l’Orchestre Philharmonique de Leningrad dirigés par Evgueni Mravinski. Dans l’intervalle, Chostakovitch, visé par la vindicte du censeur Andreï Jdanov, avait dû mettre ce concerto dans un tiroir pour répondre à des commandes instantes émanant du gouvernement soviétique. Dans cette œuvre très personnelle, seul le mouvement initial chante, les trois autres étant plus saccadés et tortueux, à commencer par leScherzo que David Oïstrakh disait « maléfique, démoniaque et épineux. L’amplePassacaille a l’ambiguïté d’une méditation au tour pompeux qui se conclut sur une imposante cadence débouchant sur une joyeuse fête populaire d’un entrain irrésistible qui reprend indistinctement le thème de la passacaille. La partie soliste, d’une virtuosité époustouflante voire suffocante tel une course vers l’abîme, a été idéalement tenue par Frank Peter Zimmermann, qui joue cette œuvre avec une aisance incroyable, tandis que l’Orchestre de Paris l’enveloppe de ses timbres triomphants sans jamais le couvrir. Après une telle interprétation, l’on ne pouvait que penser que le violoniste allemand nous laisserait sur cette impression inouïe, mais il céda à l’insistance du public, qui lui réclamait un bis, qu’il puisa bien évidemment chez Bach…

Frank Peter Zimmermann. Photo : DR
La Symphonie n° 1 en ré majeur « Titan » de Gustav Mahler (1860-1911) concluait la soirée - seule cette œuvre est reprise ce 21 juin au Louvre. Dans cette partition d’une extrême virtuosité, l’Orchestre de Paris a brillé de tous ses feux, assurant avec maestria la fluidité d’un discours complexe à mettre en place tant les structures sont alambiquées, faisant à la fois ressortir les lignes de force, l’architecture, l’unité à travers la multiplicité, la diversité des plans apparaissant évidente, tout en soulignant l’hétérogénéité de l’inspiration, à la fois populaire, foraine, militaire, noble et grave, les brutalités, les saillies, la nostalgie. Unité et altérité dans la conduite de l’œuvre, la rythmique, le phrasé, les respirations étant parfaitement en place, Paavo Järvi a en outre évité le pathos et les effets trop appuyés, rendant l’œuvre d’une profonde et altière humanité magnifiée par le chant vivifiant de la nature, le chant des oiseaux, l’amour, les angoisses, le tragique et la sérénité, tout en veillant à l’équilibre des masses, les voix restant toujours claires et les sonorités jamais saturées. Energique, étincelante, sollicitant à satiété contrastes et couleurs, alternant grandeur, douleur, passion, onirisme, la vision du chef estonien est celle d’un grand mahlérien, qui a réussi en deux saisons à transcender l’Orchestre de Paris, qui, sous sa direction, a atteint le niveau international le plus élevé, encrant de plain-pied Paris parmi les grandes capitales symphoniques.

Gustav Mahler (1860-1911). Photo : DR

http://brunoserrou.blogspot.fr/2013/06/fin-de-saison-eclatante-de-lorchestre.html

Paavo Järvi and Philharmonia Orchestra at London’s Royal Festival Hall

EstonianWorld.com
Adam Garrie
13 June 2013

Last week, Paavo Järvi conducted at London’s Royal Festival Hall. Järvi brought London a wonderful night of music, which included works by a living composer, a composer of the high classical period, and a high romanticist – and yet the entire evening was a seamless musical statement delivered by one of Estonia’s finest musicians.

Originally the great Christoph von Dohnányi was to conduct an evening of music from Mozart and Dvořák, but at the last minute the Philharmonia of London asked Paavo Järvi to substitute. It was a decision no one in the audience seemed to regret.
Järvi chose to begin the programme with a previously unscheduled piece, the Fratres of Arvo Pärt. Järvi demonstrated his supreme command of dynamic control in the piece for full string orchestra and percussion. Pärt’s Fratres begins with a gentle pianissimo in the strings and slowly swells to the heights of modern romance in a style, which is a signature of the world’s most listened living composer. Pärt’s music represents a synthesis of pre-baroque-, romantic- and contemporary music, and Järvi emphasised this balance in a manner that remained true to Pärt’s unique compositional style. The primordial percussion was balanced by a warm string sound, infused with heavy vibrato, which swelled from a quite murmur to the heights of Pärt’s introspective, yet paradoxically involving spiritual modernity. The piece ends as quietly, as it begins – and as Järvi brought it to a close, the audience at the Royal Festival Hall were as quiet and as pensive, as is possible. It was a deeply moving performance from a maestro who has personally known and worked alongside the composer for many years.
CSO maestro Paavo Jarvi conducts a practice session with the CCM Philharmonic.
The next part saw a departure from Pärt’s unique modernism to a piece from the high classical period. Pianist Paul Lewis joined Järvi in a spirited, yet deeply refined rendition of Mozart’s 23rd Piano Concerto. Järvi precisely guided the orchestra through the piece, which allowed both soloist and ensemble to shine in their respective moments. Järvi and Lewis both took two additional ovations at the conclusion of the performance.
The featured part of the evening was Dvořák’s 9th symphony. Here the audience began to fully understand why Paavo Järvi is a supreme asset to contemporary orchestral performance. Sadly many contemporary conductors of the classical and romantic repertoire feel a need to limit tempos to the confines of a metronome. The age of the maestro who infused performance with a deeply personal tempo rubato, regrettably seems more and more a thing of the past. Yet on the night, Järvi demonstrated that a highly lyrical and simultaneously narrative style of conducting can unleash the true beauty of a much listened to, but still deeply energetic and emotive musical pick. In the tradition of the truly great conductors of the recent past, Järvi crafted a performance deeply infused with rubato, which helped to bring Dvořák’s final symphony to life. It was a profoundly human performance – one which emphasised both the bucolic serenity of the piece, as well as the soulfully charged passion of the greatest Bohemian composer.
Whereas his father (Neeme Järvi – Editor) tends to emphasise forgotten composers of the romantic era, and his younger brother (Kristjan Järvi – Editor) excels at more modern music, Paavo is frequently most comfortable with the late classical and high romantic canon. Tonight he demonstrated that a style of performance which emphasises emotion over dull precision, and humanity over academic interpretations, can warm the hearts of audiences more sincerely than any other style of conducting.
Järvi was given multiple ovations for an evening of music which covered vastly different styles of music, but one which was united by his supreme commitment to both dynamic perfection and spontaneity of tempi. The Philharmonic responded to Järvi’s direction better than they have done to many less involved conductors. A performance that from a technical sense was an accident, turned out to be one which will be remembered for its artistic cohesion and unbridled beauty. On the whole, it was a wonderful night of music which saw one of Estonia’s finest musicians conduct works by Estonia’s most prized composer, as well as works by two of the world’s most cherished composers. If only he took the same approach to Beethoven as he does to Dvořák.
http://estonianworld.com/culture/paavo-jarvi-and-philharmonia-orchestra-at-londons-royal-festival-hall/

Wednesday, June 19, 2013

STRAVINSKY: The Firebird; The Rite of Spring; DEBUSSY: Prelude to the Afternoon of a Faun, cond. by Paavo Järvi, Blu-ray (2012)

Audiophile Audition
Mel Martin
17 June 2013
STRAVINSKY: The Firebird; The Rite of Spring; DEBUSSY: Prelude to the Afternoon of a Faun, cond. by Paavo Järvi, Blu-ray (2012)
Performers: Orchestre de Paris/ Paavo Järvi 
Studio: Electric Picture EPC06BD (Distr. by Naxos) [5/28/13]
Video: for 16:9 1080i HD color
Audio: DTS-HD MA 5.1 and PCM Stereo
Length: 74 minutes
Rating: *****
This Blu-ray disc comes from a television performance from French television. The program is very aggressively directed, especially during the Stravinsky works, with very quick cutting and many close-ups. The style worked well with the works being performed.
The musicianship is of very high quality. Järvi is not a flashy conductor, but a very precise one. The Stravinsky works can especially challenge an orchestra, and the entrances and dynamics are executed very well. The two Stravinsky works and the Debussy were all originally premiered in Paris, so it is fitting to have them performed by the Orchestre de Paris.
Sonically, the disc is excellent. The recording is very natural, and not too unrealistically detailed. The mix sounds like the classic 10th row main floor presentation. The surrounds pick up some of the hall, the Salle Pleyel in Paris, and the acoustics are warm and inviting. Mostly, the surrounds give us the audience reaction.
This disc is an excellent representation of a live performance, dynamically directed and expertly recorded. It’s several steps above the usual Blu-ray concert discs, and it is worth a purchase if the program appeals to you.
http://audaud.com/2013/06/31799/

Monday, June 17, 2013

Abschied mit Pauken und Trompeten

OP-online.de
Klaus Ackermann
17.06.2013
Paavo Järvi glänzt mit hr-Sinfonieorchester

Frankfurt - In der Champions League sieht hr-Intendant Helmut Reitze das hr-Sinfonieorchester, voller Lob für dessen Cheftrainer Paavo Järvi.
© dpa
Und das zu Recht, was der sieben Jahre lang Hessens Funk-Sinfoniker prägende estnische Dirigent final mit Olivier Messiaens Turangalila-Sinfonie noch einmal unterstrich.
Wahrlich ein Abschied mit Pauken und Trompeten, die ein mächtiges Klangmonument dominieren, dem auch Pianist Stewart Goodyear und Cynthia Millar an der exotischen Ondes Martenot virtuos zuspielten.

Turangalila geht auf die altindische Sprache Sanskrit zurück und ist Liebeslied, Freudenhymnus und rhythmischer Impulsgeber gleichermaßen, ein schier allmächtiges sinfonisches Denkmal auf Liebe, Leben und Tod. Der französische Neutöner hatte es kurz nach dem Zweiten Weltkrieg für das Boston Symphony Orchestra komponiert, von dem es 1949 uraufgeführt wurde – mit Leonard Bernstein als Dirigenten. Und in farbigen Harmonien und jazzigen Rhythmen erweist Messiaen durchaus auch der US-Musik Referenz: George Gershwin hat zum musikalischen Kosmos des Franzosen Zutritt.

Ideales Miteinander

Mit großem gestalterischem Atem bändigt Järvi die zehn Sätze umfassende Sinfonie. Da gibt es in 75 Minuten Spieldauer zwischen feinen Lyrismen und heftigen instrumentalen Attacken keinerlei Durchhänger, was einmal mehr das ideale Miteinander von Chefdirigent und hr-Sinfonikern belegt, die das große klangliche Format schätzen, wie sie tief eintauchen in diese vielschichtige Turangalila-Welt.
Ein höllisches Inferno ist schon der Einstieg mit dem statuarischen Posaunenthema und dem „Blumen-Motiv“, bei dem sich pianissimo Klarinetten-Blüten zu entfalten scheinen. Aus „Tristan“-Sphären stammt das in sattes Chroma eingetauchte Liebes-Thema mit der Ondes Martenot als elektronisch erzeugter Flötenton.
Messiaen liebte dieses Instrument, dessen Klangfarbe Cynthia Millar gründlich ausreizt, vom schrillen Radio-Pfeifen bis hin zu anmutigem Vogelgezwitscher. Denn beim modernen französischen Klassiker sind Naturlaut und künstlicher Klang eng miteinander verwoben, jedoch angelegentlich vom massiven Blech zersägt und vom Schlagwerk wie im Rausch zerhämmert.
Ätherisch abgehobene klangliche Liebeswonnen werden von Järvi und den Instrumentalisten lustvoll in irdische Gefilde überführt, was in einen wilden Tanz mündet, der in einem gewaltigen Fortissimo-Schlag endet. Dann wird aus dem permanent am Klavier kolorierenden und figurierenden kanadischen Pianisten ein Virtuose, der förmlich hineinsticht ins sinfonische Gefüge. Große Klavierkunst zelebriert Goodyear zudem in den burlesken Kadenzen. Seinen finalen Faustschlag fangen sensible kammermusikalische Passagen von Solo-Streichern und zauberhafte Intermezzi ab, bei denen Piccoloflöte und Fagott in Dialog treten.
Natürlich siegt die Liebe im finalen Jubel-Hymnus mit den Blechbläsern in jazziger Bigband-Laune, mit grellem Ondes Martenot-Pfiff und grandiosem orchestralen „Basta“. Dann regnet es Rosen vom Balkon. Für Järvi, die ebenfalls scheidende hr-Musikchefin Andrea Zietzschmann und das hr-Sinfonieorchester in Bestform.

http://www.op-online.de/freizeit/musik/abschied-pauken-trompeten-2959357.html

Monumentale Ode an die Liebe

Frankfurter Neue Presse
Gerhart Matthias
15.06.2013

Paavo Järvi nimmt langsam Abschied vom HR-Orchester. Foto: dpa

Mit Olivier Messiaens gewaltiger „Turangalîla-Sinfonie“ nahm Chefdirigent Paavo Järvi in der Alten Oper Frankfurt Abschied vom HR-Sinfonieorchester.

Auch wenn am Ende die Blumen nur so auf die Bühne flogen - ein richtiger Abschied war es ja noch nicht, denn auch in der kommenden Spielzeit wird Paavo Järvi vier Mal als „Conductor Laureate“ am Pult des HR-Sinfonieorchesters stehen. Seine beiden letzten regulären Abonnement-Konzerte waren ausgesprochenen Schwergewichten der Sinfonik gewidmet.
Zunächst Mahlers „Sinfonie der Tausend“ und nun Olivier Messiaens „Turangalîla-Sinfonie“: Fast schien es, Järvi wolle zu seinem Abschied noch einmal wirklich alle Musiker des Orchesters einbinden, einschließlich der Ondes-Martenot-Spielerin Cynthia Millar. Dieses elektronische Instrument, von Olivier Messiaen gefördert, war eine der Attraktionen in dem gewaltigen Klangkörper. Das nur eintönige Instrument entwickelte immer wieder einen eigentümlichen, durchdringenden Ton, der sich gegen den großen Orchesterklang und das hämmernde Klavier (besonders präsent: Stewart Goodyear) ohne weiteres behaupten konnte. Die zehn Teile des gut 75-minütigen Werkes, das eine gewaltige Ode an die Liebe und Freude darstellt, wurden vom HR-Sinfonieorchester dicht und kontrastreich vorgestellt. Wesentliche Bedeutung kam dabei den in unterschiedlichster Formation mitwirkenden Schlagwerkern zu, die die helle Transparenz der Klangsprache Messiaens mitreißend sicherstellten. Aber auch Streicher und Bläser zeigten große Präsenz und wurden von Järvi bestens motiviert.
Der scheidende Chefdirigent zeigte mit Mahler und Messiaen noch einmal seine große Leidenschaft für die Musik des 20. Jahrhunderts, die unter seiner Führung auch im Hessenland viele neue Freunde und Liebhaber gefunden haben dürfte.
http://www.fnp.de/nachrichten/kultur/Monumentale-Ode-an-die-Liebe;art679,555046

Wednesday, June 05, 2013

Anton Bruckner Symphonie Nr. 5

Br Klassik
Fridemann Leipold  
04.06.2013

Mit Recht war Anton Bruckner stolz auf seine Fünfte Symphonie, die er selbstbe-wusst als sein „kontrapunktisches Meisterstück“ bezeichnete – womit er vor allem auf die grandiose Doppelfugen-Konstruktion des Finalsatzes anspielte. Seine „phantastische“ nannte er sie auch, was sich auf den Ideenreichtum dieser himmelstürmenden B-Dur-Symphonie beziehen dürfte.  
Der österreichische Symphoniker war auf der Höhe seiner Kunst, als er 1875/76 seine Fünfte komponierte und 1878 definitiv zum Abschluss brachte. Er war sich seiner Sache offenbar so sicher, dass er die Symphonie anschließend nicht mehr, wie sonst so oft, weiter revidierte. Das ist bei Bruckner so ungewöhnlich wie die langsame Introduktion des Kopfsatzes - Beethoven stand dafür ebenso Pate wie bei der Gesamtkonzeption des Werkes als Final-Symphonie. Dieser gewaltige Schlusspunkt verschmilzt die Gegensätze des (nicht nur) symphonischen Lebens durch Integration zur Synthese und verhilft dem triumphalen Choral mit seiner Glaubenszuversicht letztendlich zum Durchbruch.

Schwung und atemberaubende Frische

"Meiner Meinung nach", schreibt der Dirigent der Neuaufnahme, der 50-jährige Este Paavo Järvi, im Booklet, "ist das Finale der wohl majestätischste und tiefgründigste Satz der gesamten Musik-geschichte, und ich kenne keinen anderen, der ergreifender wäre. Auf eine eigen-tümlich unmögliche Weise Sonatenform und Doppelfuge in sich vereinend, spürt man bei der Schlusssteigerung, wie sich die Himmelstüren öffnen und die menschliche Seele erhoben wird." Keineswegs ist die Fünfte für Järvi, wie oft behauptet, Bruckners "dunkelste und herbste der Sinfonien" - und das beweist er am Pult seines hr-Sinfonieorchesters im Rahmen eines derzeit entstehenden Bruckner-Zyklus mit ungeahntem Schwung und einer atemberaubenden Frische (man höre nur das höchst vitale Scherzo mit seinem Ländler-artigen Vorgriff auf Mahler). Bruckners klingende Architektur arbeitet Järvi mit schnörkelloser Klarheit heraus, mit zügigen Tempi nimmt er dem Meister von Sankt Florian alles Weihevolle, Statische, Pompöse - würdig und erhaben ist Järvis Bruckner gleichwohl.

Ausgeprägtes Rhythmusgefühl

Der reine, klare Klang im Adagio hat mit seinen leeren Quinten und absteigenden Intervallen etwas von einem graziösen Drahtseilakt über dem Abgrund. Und wie präzise Järvi das schroff rhythmisierte Fugen-Thema im Finale gestaltet, wie markant er phrasiert und artikuliert, das ist furios und verrät ein ausgeprägtes Rhythmus-Gefühl (Järvi ist gelernter Schlagzeuger). Dabei kann er sich auf das bestens disponierte Sinfonieorchester des Hessischen Rundfunks verlassen, auf kecke Holzbläser, rundes Blech und hymnische Streicher. Das hohe spieltechnische Niveau erstaunt angesichts der Tatsache, dass hier offenbar, wie heute üblich, nur eine Konzertserie in der Altenhttp://www.blogger.com/blogger.g?blogID=10351022#editor/target=post;postID=5700787687884552563 Oper Frankfurt von 2009 (!) mitgeschnitten und im Ergebnis korrigiert wurde. Dass im Einführungstext wörtlich aus einem Essay von Dietmar Holland übernommene Passagen nur teilweise als Zitat

Anton Bruckner: Symphonie Nr. 5
Symphonie Nr. 5 B-Dur
hr-Sinfonieorchester
Leitung: Paavo Järvi
Label: RCA

http://www.br.de/radio/br-klassik/themen/cd-tipps/cd-tipp-bruckner-fuenfte-paavo-jaervi100.html