Friday, October 30, 2015

brunoserrou.blogspot.fr
Bruno Serrou
29/10/2015
Deux semaines de fête, tel est le sort enviable de l’Orchestre de Paris dans sa salle de la Philharmonie. La semaine dernière avec la venue du compositeur chef d’orchestre finlandais Esa-Pekka Salonen ; cette semaine avec l’inauguration de l’orgue symphonique de la Philharmonie mais aussi une brillante création mondiale par l'altiste Antoine Tamestit d’un concerto pour alto de très haute tenue signé Jörg Widmann…
Naissance de l’orgue de la Philharmonie


La première prestation de l’orgue de la Philharmonie a attiré hier la foule des grands soirs. Il faut dire que le petit bois de tuyaux longilignes et argentés pointant au-dessus du plateau côté cour devant un mur blanc apostrophait le public depuis déjà neuf mois. Ledit public qui s’installait à sa place hier avait le regard attiré par une énorme console type Airbus A380 ou d’un OVNI intergalactique que le bricoleur Jean-Michel Jarre ne renierait pas. Une fois le noir-salle établi, l’ombre de Thierry Escaich, compositeur-organiste titulaire de la tribune parisienne de Saint-Etienne-du-Mont-membre de l’Institut de France-professeur d’écriture et d’improvisation au CNSMDP voisin que d’aucun considère de par ses fonctions et titres comme le successeur d’Olivier Messiaen, se glisser subrepticement jusqu’à la console, qui, dès le premier son émis, déclencha l’ouverture d’ouïes à l’arrière du bois de grands tuyaux d’où est sortie une lumière rutilante quasi-divine qui fit la même sensation qu’une apparition mariale dans la grotte de Lourdes.
Une mise en scène impressionnante apte à faire oublier au public français, réputé plus sensible à la lumière qu’au son, les aptitudes de l’instrument lui-même. Il serait ingrat de juger des qualités de l’improvisation de Thierry Escaich. En effet, sa mission était de tirer tout ce qu’il pouvait des soixante pour cent du potentiel de l’orgue, qui ne sera complet qu’en février prochain, pour son inauguration officielle (1). De ce fait, le musicien a cherché à faire entendre la diversité sonore et technique de l’instrument, qui s’avère indubitablement prometteur et qui, dans cette salle pour laquelle il a été expressément conçu, sonne avec une transparence et une diversité de timbres impressionnante. Il lui manque cependant encore rondeur et relief, ce qui ne sera assurément plus le cas dès que l’instrument sera complet, d’ici moins de quatre mois.
L’orgue a été remis à contribution dans la seconde partie du concert, dans la configuration pour laquelle il a été conçu, celle de sa participation à un concert symphonique, fondu ou dialoguant avec l’orchestre. L’œuvre choisie pour cette première a été la plus emblématique de ce répertoire, la Symphonie n° 3 en ut mineur avec orgue op. 78 de Camille Saint-Saëns. Cette fois, la console blanc-émail rutilant de l’orgue était placée de profil, côté jardin derrière les violons et cachant le piano, révélant un profil digne du design des produits Jacob Delafon, comme me l’a soufflé un espiègle soliste de l’Orchestre de Paris. Sous l’impulsion de Paavo Järvi, qui a semblé se délecter de cette œuvre scintillante dont il a su souligner la diversité des atmosphères tout en suscitant une transparence et une fluidité des pupitres et des voix, sans en affecter les climax funèbres dont la symphonie est toute imprégnée avec le leitmotiv du Dies Irae - œuvre sans doute choisie indépendamment de la proximité de la Fête des Morts, le 2 novembre -, exacerbant les contrastes et les vagues de sons qui parcourent l’orchestre tout au long de l’œuvre, rivalisant de puissance avec l’orgue, qui n’a jamais écrasé l’orchestre même dans les moments où les plein-jeux s’expriment.
Antoine Tamestit crée Viola Concerto de Jörg Widmann

Mais l’autre grand moment de la soirée, parallèlement à la première participation de l’orgue de la Philharmonie à un concert symphonique, a été la création mondiale du Concerto pour alto - Viola Concerto de Jörg Widmann (né en 1973). Egalement clarinettiste et chef d’orchestre, l'artiste bavarois disciple de Hans Werner Henze est l’un des compositeurs les plus créatifs et talentueux de sa génération. En février 2014, il avait joué lui-même son Concerto pour clarinette « Elégie » avec l’Orchestre National de France dirigé par Ilan Volkov dans le cadre du festival Présences. En 2009, pour le vingtième anniversaire de l’Opéra Bastille et l’ultime spectacle de l’ère Gérard Mortier, il avait donné en création Am Anfang (Au commencement), sorte d’Ovni qu’il avait réalisé avec le plasticien Anselm Kiefer et qui avait suscité de violentes réactions. Cette fois, c’est au remarquable altiste français Antoine Tamestit qu’il a dédié son Concerto pour alto, commande conjointe des Orchestres de Paris, de la Radio suédoise et Symphonique de la Radio bavaroise. Ce concerto d’un peu plus d’une vingtaine de minutes est en fait un grand chant virtuose imbriquant étroitement humour, onirisme et nostalgie. Widmann a le sens de la couleur et des alliages de timbres instrumentaux qui lui permettent d’instaurer entre les pupitres et le soliste des coloris et des fondus sonores époustouflants. Sa maîtrise du micro-intervalle, la palette de timbres et la virtuosité qu’il met magnifiquement en valeur lui permettent de mêler subtilement les sonorités immatérielles d’instruments comme la harpe et le célesta ainsi que de l’alto, et la richesse de couleurs de l’orchestre et de chacun de ses instruments. La formation qu’il met en jeu, sans hautbois (quatre flûtes (dont flûte basse et flûte en sol), quatre clarinettes (dont clarinette basse et clarinette contrebasse), trois bassons (dont un contrebasson), quatre cors, trois trompettes, trois trombones, tuba, trois percussionnistes, timbales, célesta, piano, deux harpes, quatre violons, trois altos, trois violoncelles, huit contrebasses), est disposé en arc de cercle de façon peu commune, les pupitres étant positionnés dans l’espace de telle sorte que la perception spatiale des instruments soit amplifiée et que suffisamment de place soit laissée aux pérégrinations du soliste à travers l’orchestre.
L’alto solo donne discrètement le signal du début de l’œuvre dont il est le soliste, debout entre harpes et célesta tapant sur le corps de son instrument et sur le cordier, lançant des regards de défit rigolards et moqueurs au chef d’orchestre tandis que lui répondent les toms en imitation, avant de commencer une longue série de pizzicati et de traverser l’orchestre jusqu’en son centre, les contrebasses le soutenant avec toutes sortes de pizzicati parcourus de pizz. Bartók secs et sonores, jusqu’à ce que l’orchestre retentisse violemment. A l’instant de ce premier climax, une corde de l’alto solo choisit de rendre l’âme dans un grand claquement frappant contre le corps de l'instrument et qui contraint Antoine Tamestit à se retirer dans la coulisse pour changer de corde et la régler, laissant orchestre, chef et public dans le silence de l’attente. Pour la reprise, Paavo Järvi fait reprendre au climax, sur le cri des trompettes et du tuba. Cette fois, la corde rebelle résiste. Soudain, Tamestit tend le bras et l’archet pointant vers le plafond, signifiant qu’il cesse de jouer pizzicato pour jouer enfin con l’arco, qu’il va utiliser de toutes les façons imaginables, y compris col legno. Puis il s’accorde, tandis que les pupitres de cordes jouent pizzicato. A l’alto répond l’écho velouté de la flûte basse et de la flûte alto vers lesquelles il se dirige. Survient un moment exceptionnel lorsque l’alto use de ses harmoniques face aux graves des clarinettes et du tam-tam auxquels il répond sur la corde de do. Suit un très beau solo sur une, puis plusieurs cordes, soutenu par les seules contrebasses bientôt rejointes par les trombones qui le submergent bientôt, puis les clarinettes grondantes sur une longue tenue tandis que l’altiste se déplace tout en jouant jusqu’au centre du plateau, se plaçant cette fois entre les trompettes et les contrebasses, alors qu’un immense cri perçant s’élève de l’orchestre, le soliste s’exprimant sur un mode de plus en plus exacerbé. Mais alors qu’il se dirige vers le côté cour du plateau, Tamestit perd l’épaulière de son alto, incident qui devait fatalement arriver tant l’œuvre exige un jeu singulièrement énergique et virtuose. Enfin, sur une montée vers l’aigu, le soliste s’installe à la place habituellement dévolue au soliste, entre violons et chef et se lance dans le finale, lyrique et d’essence tonale, où il est soutenu par les cordes seules, finale qui s’éteint doucement, après que l’alto ait réalisé une scordatura de la corde do, relayé tandis qu’il s’efface par les graves des contrebasses. Véritable poème symphonique pour alto et orchestre, cette œuvre pourrait rapidement devenir l’une des plus courues par les altistes en quête de répertoire concertant.

Claviers. Photo : (c) Bruno Serrou

Paavo Järvi, Thierry Escaich et l'Orchestre de Paris. A gauche, le prifil blanc du clavier de l'orgue de la Philharmonie. Photo : (c) Bruno Serrou

http://brunoserrou.blogspot.fr/2015/10/un-orchestre-de-paris-festif-avec-esa.html

Inauguration de l’orgue Rieger de la Philharmonie de Paris


resmusica.com
Thomas Vergracht
30/10/2015orgue philharmonie de paris1

Comme désormais cela devient une habitude avec la Philharmonie de Paris, ce qui n’est pas encore achevé est tout de même inauguré ! En effet, les premières notes du grand orgue du nouveau temple parisien de la musique symphonique se sont fait entendre mercredi 28 octobre dans une salle pleine à craquer pour un concert entre improvisation, création et répertoire.
Car la présence d’un orgue au sein du grand projet architectural qu’est la Philharmonie de Paris n’était pas chose acquise. En effet, l’architecte Jean Nouvel n’avait à l’origine pas prévu de place dévolue à l’instrument, et ce n’est que sous l’impulsion d’un collège d’organistes (dont Olivier Latry, Philippe Lefebvre et ) qu’un appel d’offre a pu être lancé. Toutefois le défi ne s’arrêtait pas là : en effet, Nouvel ne souhaitant pas d’orgue monumental visible, il s’agissait de pouvoir cacher l’instrument derrière une série de jalousies, s’ouvrant uniquement sur commande de l’organiste, s’agissant donc en d’autres termes des boîtes d’expressions (les quelques tuyaux apparents dans la salle étant pour la plupart muets, seuls les plus grands servant également aux premières notes de la montre du Grand-Orgue). Et quelle intensité lorsque le public vit progressivement s’ouvrir ces volets sous les doigts de , dévoilant ainsi une partie des quelques milliers de  tuyaux composant l’instrument (plus de 6 000 lorsqu’il sera achevé au mois de février, soit 88 jeux réels. Actuellement seuls sont présents les fonds, le plein-jeu, ainsi que le plus possible de jeux d’anches).
C’est donc à l’immense Thierry Escaich qu’est revenu le privilège d’inaugurer cet instrument conçu par la maison Rieger et l’harmoniste Michel Garnier, mettant ainsi à contribution tant le savoir-faire français que celui d’outre-Rhin. Dans une improvisation privilégiant l’instant à la grande forme, l’organiste déroule son métier au travers d’enchaînements d’instantanés typiques de son souffle musical : tantôt une antienne grégorienne grinçante au cromorne, tantôt une danse pulsée asymétrique, ou bien encore un choral de Bach « sali » par quelques fragments mélodiques désolés. Registrant comme à l’habitude d’une manière profondément orchestrale, Thierry Escaich nous emmène avec lui à la découverte des timbres du nouvel instrument, promenant ainsi l’auditeur dans ce qui semblera être un des plus beaux instruments de France.
Vient s’installer par la suite sur le plateau un  à la nomenclature toute particulière (quatre violons, trois altos, quatre violoncelles, huit contrebasses, bois et cuivres par quatre), réminiscence que l’on pense assumée du Schwanendreher, pour alto et petit orchestre de Paul Hindemith. Pourtant, au contraire de son aïeul, le Concerto pour alto de , donné ce soir en création mondiale, se veut profondément ancré dans une certaine idée de la modernité, à commencer par une scénographie quelque peu inutile où l’alto solo aura pris la peine de traverser petit à petit tout l’espace scénique, en ajoutant à cela différents mouvements quasi-chorégraphiques, y compris un passage chanté et hurlé. Toutefois, si l’on dépasse ce cadre anecdotique, nous offre une pièce de fort belle facture, où les équilibres entre l’alto et le petit ensemble orchestral conduit avec poigne par  sont parfaitement dosés, et où l’écriture du soliste emmène ce dernier au bout de ses propres limites (jusqu’à la rupture d’une corde, interrompant l’œuvre durant quelques minutes). Débutant au sein d’un univers raréfié aux couleurs « bouléziennes » évidentes (non seulement dans l’harmonie, mais également au travers de  l’importante utilisation d’instruments résonnants comme les percussions en métaux, piano et harpe) l’alto se meut en un personnage dramatique à l’instar du Harold de Berlioz, parcourant des paysages sonores chamarrés où l’orchestre semble être une excroissance de ce dernier. De la longue séquence initiale tout en pizzicati, jusqu’à la mélopée finale pleine d’une tendre nostalgie s’évanouissant dans une glissade désincarnée,  aura été tout au long de l’œuvre d’un investissement absolu, transfigurant la musique de son ami Jörg Widmann de son alto aux mille couleurs.
On retrouvait après l’entracte un plateau orchestral au grand complet auquel s’était adjoint Thierry Escaich afin de donner une superbe version de la Symphonie n°3 de , où l’on aura pu s’attarder non seulement sur les timbres toujours raffinés de l’orchestre de Paavo Järvi, mais où l’on aura également pu entendre à quel point l’orgue Rieger se fond dans les chatoiements de l’orchestre, donnant par moment la réelle sensation d’une deuxième peau que l’on ne saurait quitter (le choral du Poco Adagio).
À la sortie du concert, le célèbre accord de Do majeur ouvrant le finale de l’œuvre résonnait encore dans l’esprit du public, inaugurant on l’espère une belle aventure dans le monde encore trop peu connu de l’orgue en salle de concerts !
Crédit photographique : © Philharmonie de Paris / Arte Concert

http://www.resmusica.com/2015/10/30/inauguration-de-lorgue-rieger-de-la-philharmonie-de-paris/

Philharmonie de Paris, orgue XXL, avant-première

Musikzen.fr
François Lafon
30/10/2015

A la Philharmonie de Paris, second des "premiers concerts de l’orgue symphonique", construit par l’entreprise Rieger (Autriche) et harmonisé par son facteur (français) Michel Garnier. L’inauguration officielle aura lieu les 6 et 7 février prochains, quand les 6055 tuyaux et les 91 jeux seront prêts. Pour cette avant-première (2/3 des jeux utilisables), Thierry Escaich improvise, arcbouté tel le capitaine Nemo sur le clavier de la console de pilotage (blanche, esthétique années 1970), tandis que s’efface le mur du fond et qu’apparaît à contre-jour la formidable machinerie. Un impressionnant jonglage avec les non moins impressionnantes possibilités de l’instrument, mettant Saint-Saëns (thème du Cygne) à l’honneur, comme une introduction au reste du programme : Concerto en la mineur pour violoncelle et orchestre et Symphonie n° 3 « avec orgue »Standing ovation pour Paavo Järvi et l’Orchestre de Paris toute harmonie dehors, funambules virtuoses entre le grandiose et le pompier qui caractérise la Symphonie. Beau moment aussi pour la violoncelliste Sol Gabetta dans … l’Elégie de Fauré (en bis), le Concerto de Saint-Saëns trouvant la fougueuse Argentine de Paris à court de son et de vélocité. Le premier « premier concert », hier, proposait en création mondiale le Concerto pour alto du compositeur allemand Jörg Widmann, avec Antoine Tamestit en soliste. Crainte de ne pas remplir deux salles avec une pièce contemporaine, galop d’essai pour Sol Gabetta et l’Orchestre avant tournée (Budapest, Vienna, Berlin, etc) ? Ironie (ou négligence) du calendrier : à l’Auditorium de Radio France, ce même soir, Edgar Moreau et l’Orchestre National jouaient … le Concerto de Saint-Saëns.
François Lafon
Philharmonie de Paris, grande salle, 28 et 29 octobre
http://www.musikzen.fr/concerts---dependances/

Sunday, October 25, 2015

Rachmaninov Orchestral Works

Sinfimusic
23/1O/2015
Mark Pullinger

Spontaneous and forward-driving, Mark Pullingers finds himself carried along by the taut energy of this new recording by Paavo Järvi and the Orchestre de Paris.
Label: Erato
Rating 4


Sergei Rachmaninov’s last two works make an attractive pairing on this offering from Paavo Järvi and the Orchestre de Paris. Both were composed in exile, the Third Symphony full of longing for his Russian homeland, while the Symphonic Dances are a summation of Rachmaninov’s compositional career and, like Shostakovich’s final symphony, are full of enigmatic self-quotation.
In the symphony, Järvi is in less expansive form than Valery Gergiev’s recent LSO Live issue, driving his Paris orchestra on tautly. Recorded in concert in the Salle Pleyel, the Parisian strings sound satisfyingly sumptuous. The fugue that interrupts the finale dances lightly and only the final (unwritten) rallentando (pulling back) slightly jars.
An impulsive performance of the Symphonic Dances follows, highlighting the terrific Paris woodwind section, growling contrabassoon and slinky sax to the fore. Halting hesitations give the second movement waltz sinister overtones, while full demonic force is unleashed – Dies Irae motif and all – in a finale where you can smell the whiff of sulphur.
Both works could just squeeze onto a single disc, but this stylish twofer is padded out with youthful works Caprice bohemian and The Rock, inspired by a line in a Chekhov short story, along with the lyrical Vocalise
Artists: Paavo Järvi/ Orchestre de Paris
Mark Pullinger writes for International Record Review and is Classical Music and Opera Editor at Bachtrack.com.
Rachmaninov: Symphony No. 3 & Symphonic Dances by Orchestre de Paris, Paavo Järvi, Christian Tetzlaff














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Thursday, October 22, 2015

Interview Paavo Järvi: “Ich habe alle besser gemacht!”

Die Welt
Manuel Brug
18/10/2015

Foto: hr/Jean Christophe Uhl
Heute gibt es nicht nur einen Klassik-Echo für Paavo Järvi als Dirigent der „Besten zeitgenössischen Orchesteraufnahme des Jahres“ für seine 1. Sinfonie von Henri Dutilleux mit dem Orchestre de Paris. Der 52-jährige Este mit amerikanischem Pass ist zudem als erst zweiter Dirigent nach Simon Rattle für seine langjährigen Aufnahmebemühungen mit der Sibelius-Medaille ausgezeichnet worden; im Jahr von dessen 150. Geburtstagsjubiläum eine besondere Ehre. Und jetzt wurde er auch noch bei der englischen Phono-Zeitschrift „Grammophone“ von den Lesern zum „Künstler des Jahres“ ausgerufen. Also mindestens drei Gründe für ein Interview.

Manuel Brug: Wie kommt es, dass Sie inzwischen fast so ein CD-König sind wie Ihr Vater Neeme Järvi?

Paavo Järvi: Das Beste, was mir passieren konnte, wer der Zusammenbruch der großen Firmen. Ich kann tun, was ich will, die Finanzierung ist eigentlich leicht, man muss nur mit den Organisationen zusammenarbeiten und die wollen sichtbar sein, also finden sie Wege, es zu bezahlen. Und so kann ich alles machen, was ich mit den diversen Orchestern machen möchte, ich drücke sie aber auch sehr in die Richtung, was wichtig ist. So sind dieses Jahr jetzt bei Erato die Schostakowitsch-Kantaten mit den Estnischen Nationalen Sinfonieorchester erscheinen, wo ich ja nach wie vor als Berater tätig bin. Mit dem Orchester de Paris kam bei der gleichen Firma Dutilleux’ 1. Sinfonie und ein Geigenwerk mit Christian Tetzlaff heraus, gerade eben auch Rachmaninows 3. Sinfonie. Schostakowitschs Siebte habe ich für Pentatone mit dem Russischen Nationalorchester eingespielt. Nach sieben Jahren ist mein Mahler-Zyklus auf Video mit dem hr-Sinfonieorchester vollendet, die 6. und 4. Bruckner-Sinfonie sind bei Sony erschienen und ein kompletter Nielsen-Zyklus wartet auf seine Veröffentlichung. Mit dem NHK Orchester gibt es in Japan eine Strauss-CD. Prokofiews 2. Violinkonzert mit Viktoria Mullova bei onyx, aber auch mit Hilary Hahn das 4. Vieuxtemps- und das 4. Mozart-Konzert bei der Deutschen Grammophon sowie das Prokofiew-Cellokonzert mit Steven Isserlis für Hyperion dokumentieren für mich wichtige Künstlerpartnerschaften. Das sind sensationelle, auch sentimentale Erinnerungen, ich bin da sehr stolz drauf. Und dann gab es noch eine Porträt-CD mit der Deutschen Kammerphilharmonie Bremen mit drei neuen Brahms-Tänzen. Also wirklich – ein erfülltes CD-Jahr.

Brug: Was gibt es als nächstes mit der Kammerphilharmonie?

Järvi: Einen Brahms-Zyklus, den spielen wir Wiesbaden ein, die dortige Akustik passt gut zu dieser Musik. Mein Leben ist also nicht langweilig, gerade nicht mit diesem Orchester, mit dem ich wirklich zu einer besonderen Einheit verwachsen bin. Auch Schubert ist in Planung, der wird zwar gegenwärtig viel aufgenommen, aber er braucht das immer noch. Schubert springt dich nicht an, da muss man was tun. Dann vielleicht auch noch Mendelssohn, doch steht ist für mich aktuell nicht so im Mittelpunkt, eher möchte ich etwas mehr Haydn machen. Mendelssohn ist gefährlich, wenn man vom Barock kommt, ich finde es von der spätromantischen Seite besser. Es ist auch witzig, dass heute alles in Zyklen gemacht wird…

Brug: Das hr-Orchester ist Vergangenheit, Sie hören im Sommer 2016 in Paris auf, auch in Amerika gibt es gegenwärtig keine beruflichen Bindungen mehr. Verändert sich Ihre Karriere?

Järvi: Tokio, Bremen und Estland bleiben, ich will aber mehr Konzentration und ich will die Japaner berühmter machen. Ich möchte zudem nicht mehr so viel gastieren, man bekommt dabei eben stets andere Klangresultate, als wenn man lange mit einem Orchester etwas entwickelt. Musiker ändern sich nicht so sehr für einen Gastdirigent, man kommt ihm entgegen, aber es ist anders, als wenn es Kontinuität gibt. Es ist immer ein Kampf auch für den auf dem Podium. Man hat stets neue Persönlichkeiten vor sich, es kostet Energie. Am Anfang ist das toll, aber irgendwann möchte man sich konzentrieren.

Brug: Wo ist Ihre private Basis?

Järvi: In Palm Beach, Florida. Wasser und Sonne, das ist mein amerikanisches Erbe. Ich bin am Strand und wenn ich hierher zurückkomme, dann nehme ich die Kinder aus der Schule, die ist privat und wenn man viel zahlt, kann man das auch machen. Dann sind wir alle etwa sehr intensive fünf Tage zusammen, dann geht es wieder auf die Reise.

Brug: Warum wird jetzt für Sie Japan wichtig?

Järvi: Ich habe mit dem NHK Orchester einige der besten Erfahrungen meines musikalischen Lebens erlebt. Das möchte ich vertiefen. Japanische Musiker sind in Philadelphia, Chicago, Berlin kein Thema mehr, ich möchte jetzt den anderen Weg gehen. Und das asiatische Publikum ist sehr erfahren und seriös, weil es nun schon über einige Generationen eine Tradition mit westlicher Musik hat. Es ist etwas konservativ, das stimmt, und genau das möchte ich aufbrechen. Und ich rede zum Beispiel Deutsch mit dem NHK-Konzertmeister. Die meisten der Musiker haben in Europa oder den USA studiert und viele halten dort auch noch Positionen. Es ist eine tolle Mixtur. Es gab und gibt ja in Japan so viele europäische Dirigenten, Sawallisch, Wand, die Tradition ist stark. Gegenwärtig arbeiten in Tokio Eliahu Inbal, Gennady Rozhdestvensky, Daniel Harding, Dan Ettinger, Christian Arming, mit denen möchte ich mich verstärkt austauschen. Die Zukunft der Klassik liegt nun einmal in Japan, China und Korea.

Brug: Und wie erleben Sie ihre letzte Saison in Paris?

Järvi: Sehr entspannt. Wir sind alle sehr glücklich über die neue Halle. Die Philharmonie de Paris ist ein totaler Erfolg, alles immer ausverkauft. Endlich haben wir alle eigene Garderoben, sogar Wifi. Alles ist nahe, das Orchester fühlt sich wohl. Eben nehme ich noch einen Sibelius-Zyklus für CD mit dem Orchestre de Paris auf. Auch Shanghai hat übrigens eine neue tolle Halle, akustisch ebenfalls von Toyota betreut.

Brug: Was soll die Zukunft bringen?

Järvi: Sie soll so bleiben wie jetzt, das macht mich glücklich, ich habe keine weiteren Ambitionen. Ich leite zwar keines der ganz großen, superberühmten Orchester, ok, aber ich kann alles machen, wie meine ziemlich große Diskographie beweist. Mit den Berliner Philharmonikern beispielsweise bin ich nicht sonderlich verbunden. Es ist eben keine Heirat. Wir funktionieren, aber wir vereinigen uns nicht zu einer besonderen Beziehung. Das muss man auf beiden Seiten akzeptieren. Das ist wie in einer Ehe. Es ist trotzdem schön, bei ihnen zu sein, sie sind ein gut gepflegtes Orchester, und man hört: Da ist ein Meister im Haus. Auch in so einer schwierigen Situation wie nach der ersten, gescheiterten Chefwahl. Ich hatte am Tag danach mit ihnen Probe, aber alle waren total dabei und konzentriert. Auch die Berliner Staatskapelle macht mir Spaß, ein so ganz anderes Orchester als die Philharmoniker. Aber die sind einfach sehr smart. Dorthin graduiert man, man startet nicht, muss anderswo gelernt haben.

Brug: Was sagen Sie zu Simon Rattle und dem London Symphony Orchestra?

Järvi: Ein Engländer soll nach England, das ist wichtig für die Musikkultur und er kann als einziger den Engländer beibringen, dass sie eine Konzerthalle in London brauchen.

Brug: Auf was blicken Sie zurück?

Järvi: Wo ich als Chef hingegangen bin, da war ein Potential, das ich verbessert habe – in Bremen, Cincinnati, Frankfurt, Paris – und in Japan hoffentlich auch, alle spielen besser. Das ist keine Ego-Geschichte, ich will nicht arrogant sein, aber es stimmt. Man hat mir abgeraten, Bremen zu übernehmen, das sei kein Platz, um Musik zu machen, sich zu entwickeln, und schauen Sie, was daraus geworden ist! Das ist nichts Künstliches, das ist eine wirklich wunderbare Partnerschaft, man legt dort alles um mich herum, wir lieben uns.

Brug: Haben Sie keine Lust auf mehr Oper?

Järvi: Die mache ich bald an der Mailänder Scala, „Don Giovanni“, drei Opern sind auch beim NHK geplant. Donald Runnicles hat mich gefragt, ob ich was an der Deutschen Oper machen möchte. Ich liebe Oper, aber sie ist die große Kunst des Kompromisses, ich werde versuchen, mich dem auszusetzen. Ich bin in einem Opernhaus aufgewachsen, ich mag die Atmosphäre.
BrucknerDutilleuxPentatoneHilaryIsserlisMullovaMahlerstrauss
http://klassiker.welt.de/2015/10/18/interview-paavo-jaervi-ich-habe-alle-besser-gemacht/

パーヴォ・ヤルヴィ「N響と高みへ」 楽団の個性生かす名匠、首席指揮者に就任

Asahi
無断転載・複製を禁じます
19/10/2015

エストニア出身の世界的指揮者、パーヴォ・ヤルヴィがこの秋、NHK交響楽団の首席指揮者に就任した。「日本という国にありながら、ドイツの伝統のDNAを深いところで継承しているまれに見る楽団。R・シュトラウスの連続演奏など、私のキャリアにおける新たな試みも、N響となら成功させられると確信している。ともに…



N響を振るパーヴォ・ヤルヴィ。「予定調和は求めない。舞台での一触即発こそが、古典作品の新陳代謝に求められる」=望月孝氏撮影


http://www.asahi.com/articles/DA3S12024055.html

パーヴォ・ヤルヴィの新たなる挑戦―NHK交響楽団の首席指揮者に就任、未開拓の〈R・シュトラウス管弦楽曲集〉も到着

Mikiki
木幡一誠 
25/10/2015
パーヴォ・ヤルヴィの新たなる挑戦
祝! NHK交響楽団の首席指揮者として就任


Photo: Jun Takagi
パーヴォ・ヤルヴィの新たなプロジェクトが始動した。まさに今秋、2015年のシーズンから彼はNHK交響楽団の首席指揮者に就任する。そしてそのコンビによる『リヒャルト・シュトラウス管弦楽曲集』のレコーディングが並行してスタート。全3枚からなるアルバムの皮切りをなすのは、2月に行なわれた定期公演のライヴ収録による「英雄の生涯」と「ドン・ファン」。これに続いて、彼らが今年10月と来年2月の定期で取り上げる演目から、「ティル・オイレンシュピーゲルの愉快ないたずら」と「ドン・キホーテ」(チェロはトルルス・モルク)のカップリングが第2弾、「メタモルフォーゼン」と「ばらの騎士」組曲と「ツァラトゥストラはこう語った」が第3弾としてお目見え予定である。
広範なレパートリーが並ぶパーヴォのディスコグラフィーでも、シュトラウスは意外にも未開拓のエリアだった。ドイツ・カンマーフィルと組んで、その音楽監督に就任する前年の2003年に「町人貴族」と「デュエット・コンチェルティーノ」を録音していたのみ。フル編成の交響詩は、文字どおり満を持して取り組む対象にも違いあるまい。
 「シュトラウスに最適のオーケストラをずっと探していました」と彼は語る。そしてN響固有のサウンドの中に見てとるのが、「サヴァリッシュシュタインスウィトナーといったドイツ=オーストリアの名匠との共演によって培われてきた、ドイツ音楽の本流をなす演奏様式とロマン派の大曲への親和性」だ。2002年の初顔合わせ以来、たびたび共演を重ねてきたパーヴォとN響だが、とりわけ印象に残るステージとして、2005年6月に演奏したシューマンの「ライン」が彼の口からのぼったことを筆者は記憶する。「非常に難しいスコアだが、これほど見事にこなせる楽団は少ない」と賛辞を惜しまず、今から思えば、どうもその頃からN響と自分の未来像を(少なくとも漠然と)思い描いていたフシすら感じられますね。
 そして演奏にあたっては「他のどんな作曲家にも増して、オーケストラのプレイヤーに総力戦を強いるのがシュトラウスの管弦楽曲」との持論を抱くパーヴォ。その点でもN響が体質として宿す、良い意味での日本的な規律と滅私奉公的な精神が重要な武器となると判断したのだろう。結果として1枚のCDに刻み込まれたシュトラウスの、明晰にして重厚な音楽のたたずまいがすべてを物語る。停滞感のないテンポでぐいぐいと合奏を前進させるあたりはパーヴォの常ながら、「英雄の生涯」の後半から終結部にかけて漂う内省的な“渋み”や、ドイツの深い森を逍遥するような情調は、これまでの彼からはあまり聴こえてこなかった類のものにも思えてくる。
パーヴォにインタヴューしていると、キーワードのように耳にとまるフレーズがある。「余分な衣装を着せられてきた作品を、本来の姿に戻したい」というのだ。ドイツ・カンマーフィルとのベートーヴェンやシューマンに示すアンサンブルの整え方が良い例。過度のスリム化には決して走らず、むしろデトックスが行き届いたと形容したくなるような無駄のないテクスチュアに、最大限の情報量が盛り込まれていく。ダイナミックスやアーティキュレーションへの目配りはときに過激なまで苛烈かつ大胆に映るが、それも楽譜を端的に処理した結果だ。シューマンの交響曲を「虚勢された犬の鳴き声みたいに鳴らしたりはしませんよ!」と、ニヤリとしながら眼光鋭く言い放った彼の顔つきを筆者は忘れない。
 つまりは因習的なスコアの読みを排しながら、細部まで独自の視点で解釈を構築するのが信条。しかし彼は同時に、自ら認める“レコードおたく”でもある。指揮者である父ネーメ・ヤルヴィの影響も大きい。「小さい頃からLPレコードと楽譜に囲まれて育ってきましたからね。そして父に至っては古希を迎えてなお、珍しいレパートリーを見つけてきては嬉々として譜読みに興じ、録音に臨むような人です。自分も負けていられません(笑)」と、ヤルヴィ・ファミリーの絆を語る。エストニア人としてのアイデンティティに抱く誇りは想像に難くないし、キャリアの初期から重要なレパートリーとする同胞の作曲家エリッキ=スヴェン・トゥールや、もちろんアルヴォ・ペルトが、彼のディスコグラフィーに占める位置も見逃せない。ちなみに私事となるが、ペルトの交響曲第3番をエストニア国立響と録音したアルバムがリリースされて間もない頃、彼と初めて取材で会う機会を得た筆者は、そのスコアを持参していって記念にサインをもらったものだ。「この曲が私の父へ献呈されたことをご存知で?」と問うパーヴォに対して首をタテに振ると、非常に嬉しそうでありました。
 閑話休題。そんな彼が、過去の録音遺産に記録された往年の大家の芸も参考にしながら、同時に厳しく客観性を備えた視座で作品に向き合い続ける。あくなき探究心と豊富なアイデアこそは、演奏の独自性を支える最大の要素だ。2006年から2013年まで首席指揮者の地位にあった(現在は圭冠指揮者)フランクフルト放送響とは、楽団の機能美をフルに生かしながら斬新なブルックナーを世に問うてきた。「宗教儀式のように荘厳で重々しいだけが彼の交響曲ではない」とばかりに、その音楽には驚くほどの人間味と、しなやかなまでの(!)肉体感が備わる。まさに新時代の作曲家像。映像に収められた同オーケストラとのマーラー交響曲全集でも、作曲者の伝記的エピソードを踏まえたような情緒的解釈とは一線を画しながら、アンサンブルの純度の高さと情感の深さの両面を掘り下げていくアプローチで気を吐くパーヴォである。
 2010年から音楽監督をつとめてきた(2016年退任予定)パリ管との最新盤がラフマニノフというのは意表をつく選曲かもしれないが、「チャイコフスキーストラヴィンスキーの昔から、パリの楽壇とロシアは密接な関係にあったし、私の目からすればまったく違和感がありませんね。そしてラフマニノフのオーケストレーションにとって、色彩感とソロイスティックな輝きを備えたパリ管の演奏スタイルはまさにベストマッチ! 個人的には第3交響曲に惹かれるものが大きい。ラフマニノフの最高傑作という以上の内容を持つ偉大なシンフォニーです」という言葉は説得力に富み、演奏もまさに有言実行。
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 という具合に、とことん新鮮に響くのにオーソドックスな構えを失わないという、ギリギリのバランス感覚を保つ演奏スタイルも、リスクをあえて恐れぬパーヴォ流。強靭な表現意志に支えられながら、合奏の肌触りは柔軟。それが世界のオーケストラから引く手あまたになる理由だろう。2001年から2011年までつとめあげたシンシナティ響の音楽監督時代に、同団を全米屈指のレベルまでビルドアップした功績は今も語り種となっているほどだ。そのシンシナティ響との来日ステージ(「幻想交響曲」の大変な名演を聴かせてくれた)の終演後にインタヴューの機会を得た際、オーケストラを“鍛える”メソードに関する彼の見解を尋ねてみたことがある。その答えは……。
 「(楽員に対する)要求は簡潔に。そして結果が得られるまで諦めずに同じことを言い続ける」
 あたりまえのことを積み重ねていった細部に、神が宿る。これもパーヴォらしい言葉だと思う。ジェントルで落ち着いた物腰の中に包み込まれた強烈な自負の念。そこから伝わる表現者としてのエネルギー。おまけに意外なほど(失礼!)、その一挙手一投足や声色に、ゾクゾクするようなセックス・アピールまで備わる。ほれぼれするほど美しい弧と円運動の軌跡を描くバトン・テクニックによってオーケストラから引き出す響きと、そんな人格が見事なまでにオーバーラップする。N響とのコンビがスタートする今シーズン以降、そんな彼と日本の聴衆との関係はさらに深まること必至。活動拠点をアジアにまで広げたパーヴォにとっても、新たな始動のときがやってきたのだ。


PAAVO JÄRVI(パーヴォ・ヤルヴィ)[1962-]
指揮者。父は有名な指揮者ネーメ・ヤルヴィ。生地の音楽学校で打楽器と指揮を学んだ後、1980年にはアメリカに渡りカーティス音楽院に入学。ロスアンジェルス・フィルレナード・バーンスタインに学ぶ。フランクフルト放送交響楽団首席指揮者など、数々の指揮者を歴任し、現在はパリ管弦楽団音楽監督、ドイツ・カンマーフィルハーモニー・ブレーメンの芸術監督、故郷タリンに本拠を置くエストニア国立交響楽団の芸術顧問を兼任。今年9月から3年間はNHK交響楽団の首席指揮者に就任。

寄稿者プロフィール
木幡一誠(こはた・いっせい)

音楽ライター。1962年生まれ(パーヴォと同い年)。主な仕事はCDブックレット解説・翻訳、演奏会プログラム、各種媒体でのインタヴュー記事。


LIVE INFORMATION
パーヴォ・ヤルヴィ、N響とシュトラウスを語る~トーク&サイン会 開催決定!
○10/24(土)18:30スタート タワーレコード渋谷店7F
tower.jp/store/event/2015/10/003003
パーヴォ・ヤルヴィ(指揮)NHK交響楽団
www.nhkso.or.jp/
○10/17(土)15:00開演 第5回 NHK交響楽団 いわき定期演奏会
会場:いわき芸術文化交流館アリオス 大ホール
R.シュトラウス:交響詩「ドン・キホーテ」作品35他 
トルルス・モルク(vc)ヴィオラ:佐々木 亮(va)
○10/23(金)19:00開演/24(土)15:00開演 第1819回定期公演Cプログラム
会場:NHKホール
ショスタコーヴィチ:ヴァイオリン協奏曲 第1番 イ短調 作品77他
五嶋みどり(vn)
○12/22(火)19:00開演/23(水・祝)15:00開演/25(金)19:00開演/26(土)15:00開演 ベートーヴェン「第9」演奏会 
会場:NHKホール
ベートーヴェン:交響曲 第9番 ニ短調 作品125「合唱つき」
森 麻季(S)加納悦子(A)福井 敬(T)妻屋秀和(Br)国立音楽大学(合唱)
○12/27(日)14:00開演 かんぽ生命 presents N響第九 Special Concert
会場:サントリーホール
ベートーヴェン:交響曲 第9番 ニ短調 作品125「合唱つき」他
森 麻季(S)加納悦子(A)福井 敬(T)妻屋秀和(Br)国立音楽大学(合唱)篠崎史紀(vn)山口綾規(org)
○2016年 2/6(土)18:00開演/7(日)15:00開演 第1829回定期公演Aプログラム
会場:NHKホール
マーラー:亡き子をしのぶ歌 他
マティアス・ゲルネ(Br)
○2/12(金)19:00開演/13(土)15:00開演 第1830回定期公演Cプログラム
会場:NHKホール
ブラームス:ヴァイオリン協奏曲 ニ長調 作品77
ジャニーヌ・ヤンセン(vn)
○2/17(水)18(木)19:00開演 第1831回定期公演Bプログラム
会場:サントリーホール
シューマン:ピアノ協奏曲 イ短調 作品54 他
カティア・ブニアティシュヴィリ(p)
http://mikiki.tokyo.jp/articles/-/8596

Tuesday, October 06, 2015

Paavo Järvi given Gramophone's “Artist of the Year” award

news.err.ee
18/09/2015
Conductor Paavo Järvi was presented with “Artist of the Year” award at Gramophone Awards in London on Thursday.
The award has been presented since 1977 by UK-based Gramophone classical music magazine, established in 1923.
“One of the most sought-after conductors of today, and one of the most recorded, Paavo Järvi continues the family tradition. An interpreter of imagination who brings something fresh to everything he tackles, he is a musician well worth listening to,” James Jolly, the magazine's Editor-in-Chief said at the ceremony.
Receiving the award in London, Järvi expressed his gratitude. “When I am in the recording studio all thought is of the “here” and “now” – the music and the musicians. It's easy to forget that the audience is as important a part of the whole experience because they will be the ones who decide whether your recording should stand the test of time – or not! So from now on I shall go into the studio reminding myself of the music, the musicians and audiences around the world who voted for me to receive this award. It's a humbling thought to be chosen as Gramophone’s Artist of the Year and I am hugely proud to be standing here today to receive it.”
Järvi is currently the Music Director of the Orchestre de Paris, Artistic Director of the Deutsche Kammerphilharmonie Bremen and the incoming Chief Conductor of the NHK Symphony Orchestra in Japan.
He is also Artistic Director of the Pärnu Festival and Järvi Academy which takes place each July in the resort town Pärnu.
The Gramophone Awards was launched in 1977 and has become one of the most significant honors bestowed on recordings in the classical record industry, often viewed as equivalent to or surpassing the American Grammy award and widely regarded as the most influential classical music awards in the world.
Paavo Järvi is the seventh conductor to be awarded “Artist of the Year”, succeeding Pierre Boulez, Riccardo Chailly, Antonio Pappano, Marin Alsop, Michael Tilson Thomas and Gustavo Dudamel.
Just last week, Järvi was also awarded with the Sibelius Medal in Paris by the Finnish Ambassador to France.
http://news.err.ee/v/Culture/ae4dc427-967a-49ab-a259-231328ea5eee/paavo-jarvi-given-gramophones-artist-of-the-year-award