Wednesday, June 29, 2016

Prix de la critique : palmarès 2015-2016


Personnalité musicale de l'année : Paavo Järvi, directeur musical de l'Orchestre de Paris de 2010 à 2016


Paavo Järvi in Paris - Impressive farewell concert of Paavo Järvi, 16th of June 2016


Kulturkompasset
Henning Høholt
27/06/2017



Thank you to Paavo Järvi

PARIS/FRANCE: Paavo Järvis farewell concert from his Orchestra de Paris became one of the highlights who will be remembered for a long time. He has programmed the demanding and fantastic Symfoni no 3 by Mahler for this last evening, which includes the female and the children choirs of Orchestra de Paris plus the great Alto soloist Michelle DeYoung.

High Quality

With the high quality presented to night and through these years with Paavo Järvi as music chief and chief conductor of Orchestra de Paris, he is underlining its status as one of the worlds leading symphony orchestras, a position that it has been building up through its hard, serious, and very musically series of concerts through these many years with Järvi. And for the whole symphonic interested listeners and viewers through plenty of TV concerts at Mezzo and other places. But also, and not to forget from his predecessors through the history of the Orchestra.

However. It always need the right man at the chief position to continue to hold an orchestra at such a high quality level. It is build on several different basics. The personality of the leadership, the administration, and last, but not least its musicians. And this orchestra has this kind of musicians. Congratulations, and thank you to Paavo Järvi.

Hopefully Daniel Harding, who is taking over the music chief position, will manage to keep the high standard. He has the musicians.

Details in Mahlers 3rd. Symphony:


Expressive start with Horns and Trombones, – and wonderful Trombone solo, (- which is being wonderfully repeated half an hour later, introducing the end of first part). in the first 40 min long part, we then went back to this fanfare opening themes even more beautiful played and with an even better Trombone solo. Guillaume Cotter-Dumoulin (?). Extraordinary.

In the 3rd part the beautiful expressive long mini horn solo in several parts outside the hall was being beautifully formed and played.

The 4th part opens with a beautifully light played symphonic filigran network around the Alto soloist Michel DeYoung, perfect with a warm sound, good diction. Words by Nietzsche, opening to the great choire parts, where we enjoyd the 64 children choire singers and (app) 63 female choir members of the Orchestra de Paris Choire. During the way beautiful violin solos by the concertmaster Philippe Aïche. The splendid choir work is lead by the choire master Lionel Sow,

After a speech by the general manager and handing over a memorial to Paavo Järvi the orchestra surprised him with one of his favorite music pieces, unfortunately, I am not sure, but was it Sibelius: “Incidental Music”?

The last evening for Paavo Järvi was followed by a reception where 500 guests, of course including the whole orchestra, who enjoyed a marvelous service with canapés a lot of refreshments, and excellent demanding, but relaxed entertainment from the orchestra members.

However, Paavo Järvi will not loose the contact with Orchestra de Paris, he will return regularly to the orchestra as Invited guest conductor.



Paavo Järvi congratulated by Henning Høholt at the farewell reception 16th June 2016 at Philharmonie de Paris.


http://www.kulturkompasset.com/2016/06/27/paavo-jarvi-in-paris/

Monday, June 27, 2016

Symphonie des adieux


concertonet.com
Didier van Moere
18/06/2016

Paris
Philharmonie 1
06/18/2016 -
Gustav Mahler : Symphonie n° 3
Michelle DeYoung (mezzo)
Chœur de l’Orchestre de Paris, Chœur d’enfants de l’Orchestre de Paris, Lionel Sow (chef de chœur), Orchestre de Paris, Paavo Järvi (direction)


P. Järvi (© Kaupo Kikkas)

Welser-Möst, puis Dudamel. Mikko Franck, puis Paavo Järvi. Les Troisième Symphonie de Mahler se suivent sans se ressembler. Mais pour le directeur de l’Orchestre de Paris, c’était aussi la Symphonie des adieux : il donnait son dernier concert, avant de céder la place à Daniel Harding... dont un des premiers sera consacré à la Dixième.

L’occasion de vérifier, une fois de plus, la qualité de tout le travail accompli pendant six saisons. Libéré des pesanteurs de Christoph Eschenbach, l’orchestre a acquis – ou retrouvé – une clarté et une souplesse, un degré de perfection aussi dans la lecture des partitions, qui ont marqué chacune de leurs rencontres, même si certaines interprétations ont pu susciter des réserves. On sait gré également au chef estonien d’avoir élargi le répertoire, en particulier à Sibelius et aux musiques du Nord, sans négliger les œuvres de la tradition classique et romantique ou la musique française, avec une politique de création suivie – à travers des musiques assez traditionnelles.

Cette quatrième Troisième, si l’on peut dire, nous rappelle l’esthétique défendue constamment par le chef. Ce n’est pas un mystère qui s’accomplit, mais une forme qui se révèle. La partition relève ici de la musique pure, sans arrière-plan, sans ce côté Mitteleuropa préservé par Mikko Franck, dont la formation rejoint pourtant celle de Järvi. Celui-ci s’en tient en effet à une approche philologique. De ce point de vue, l’exécution est superbe, avec un orchestre au sommet, par sa clarté analytique, son homogénéité, l’équilibre, jamais évident chez Mahler, entre les pupitres. Rigoureusement construit, Le « Kräftig. Entschieden » file droit et sait où il va, le Menuet et le Scherzo ont une légèreté chambriste. Est-ce sec, désincarné ? Nullement. Mais la direction cherche d’abord à avancer, rebelle à toute complaisance – à tout ce qu’osait un Bernstein, finalement, toujours soucieux de relier l’œuvre à des racines que Järvi veut au contraire oublier ou dépasser. Cette conception trouve cependant ses limites dans le finale, après les extraits de Zarathoustra et du Knaben Wunderhorn chantés par une Michelle DeYoung au vibrato trop large et un excellent chœur: on ne sent pas assez la montée vers la lumière de l’amour, peut-être parce que le chef cherche trop à canaliser l’émotion, comme si la musique, pourtant magnifiquement restituée dans sa lettre, n’arrivait pas tout à fait à prendre l’essor vibrant du crescendo.

Le concert s’achève par un hommage de Bruno Hamard, le directeur général de l’orchestre, qui lit et offre à Paavo Järvi une lettre de Pauline Viardot à Berlioz. L’orchestre, ensuite, pour lui dire au revoir, joue seul la Valse lyriquede Sibelius, un de ses compositeurs de prédilection – on attend avec impatience leur intégrale des Symphonies chez Warner, qui ressuscitera de mémorables concerts.

http://www.concertonet.com/scripts/review.php?ID_review=11634

Friday, June 24, 2016

Paavo Järvi et l'Orchestre de Paris… ce n'est qu'un au revoir !

Larevuduspectacle.fr
Christine Ducq
17 juin 2016

Le 18 juin 2016, à la Philharmonie, le plus français des chefs estoniens donnera son dernier concert comme directeur musical de l'Orchestre de Paris. Musiciens et public auront sans doute le cœur serré - comme le Maestro lui-même - tant ses six saisons à la tête de la phalange parisienne ont été marquées par une belle réussite.

Six saisons, une belle aventure humaine et artistique que celle vécue par le chef estonien Paavo Järvi et l'Orchestre de Paris. Six saisons consacrée à remodeler un orchestre revenu au top des formations françaises reconnues au niveau international. En témoignent les échos des nombreuses tournées effectuées sur tous les continents dans des articles élogieux parus un peu partout.

En France ? Le chef ne fait pas encore l'unanimité. Serait en cause une prétendue "froideur" sans doute inhérente (pour ses détracteurs) à un artiste né à Tallinn ? Pour qui était à son avant-dernier concert à la Philharmonie le 25 mai (comme à tous les autres), le reproche ne tient pas. Il suffisait de voir l'émotion et la gratitude des musiciens de l'orchestre comme celles du public.


Paavo Järvi © Mirco Magliocca.
Ce concert portait assurément l'empreinte du chef devenu en quelques années un des plus marquants de la longue histoire de l'orchestre. Il s‘ouvrait par une création commandée au compositeur Richard Dubugnon : un "Caprice II pour orchestre", mettant à contribution tous les pupitres en un crescendo électrisant.
Puis l'orchestre avait invité le soliste Leonidas Kavakos pour le Concerto pour violon n°2 aussi âpre que virtuose de Béla Bartok, période "Allegro Barbaro". Enfin, la Symphonie n°6 de Dimitri Chostakovitch (un des compositeurs fétiches de Paavo Järvi) - malheureusement moins donnée que les 5e et 7e - entraînait la ferveur générale avec ses trois mouvements aux climats antagoniques.

Et en effet, qui mieux que le fils du fameux Neeme Järvi (1) pouvait rendre au largo son atmosphère quasi funèbre avec ses longues phrases mélodiques raffinées, la vivacité diabolique des changements de rythme de l'allegro comme la force cosmique du presto final ? Froideur ? Certainement pas… mais le feu sous l'apparent self-control et une vraie passion pour des partitions libérant dangereusement les forces motrices à l'œuvre dans l'univers. Le 18 juin, le programme de son dernier concert comme directeur musical de l'Orchestre de Paris est construit autour de la 3e symphonie de Gustav Mahler - évidemment un autre compositeur de son Panthéon.
Paavo Järvi a annoncé il y a longtemps son départ (2), décidé alors même qu'il déclarait lui-même "adorer" l'orchestre. C'est que d'autres aventures l'attendent ailleurs. Mais nous reverrons toujours avec gratitude l'homme qui ne manquera pas de revenir en France pour nous rappeler son amour du travail bien fait et la haute idée qu'il se fait de sa mission et des orchestres qu'il dirige. Et puis en attendant (pour qui en douterait, ne le connaissant pas), son humour sarcastique et son expertise se vérifieront comme chaque année sur les réseaux sociaux aux prochaines éditions de l'Eurovision. Un des plus grands chefs au monde s'intéressant à l'Eurovision ? Oui, il est comme cela monsieur Järvi, un passionné sans préjugés - tout ce qu'il y a d'aimable.

Orchestre de Paris, Paavo Järvi © J.-B. Pellerin.(1) 

Paavo Järvi appartient à une famille de musiciens avec les chefs d'orchestre Neeme Järvi et Kristjan Järvi (son frère). Ses répertoires de prédilection sont français, allemand, russe et scandinave.
(2) Outre le Deutsche Kammerphilharmonie de Brême (dont il est directeur artistique depuis 2004), Paavo Järvi rejoint l'orchestre symphonique de la NHK à Tokyo.

Prochains concerts de l'Orchestre de Paris
18 juin 2016 à 20 h 30.
Philharmonie de Paris, "Grand final de Paavo Järvi".
Gustav Mahler, Symphonie n°3.
Paavo Järvi, direction.
Michelle DeYoung, alto.

http://www.larevueduspectacle.fr/Paavo-Jarvi-et-l-Orchestre-de-Paris-ce-n-est-qu-un-au-revoir-_a1618.html

Paavo Järvi fait d’édifiants adieux à l’Orchestre de Paris après six ans de direction musicale avec la Symphonie n° 3 de Mahler


brunoserrou.blogspot
bruno serrou
20 juin 2016

Paris. Philharmonie. Grande Salle. Samedi 18 juin 2016

Paavo Järvi. Photo : DR

Les six saisons passées par Paavo Järvi comme directeur musical de l’Orchestre de Paris se seront écoulées à la vitesse de la lumière. Le chef estonien a réussi la gageure de transformer complètement la phalange parisienne qui n’a plus rien désormais à envier aux plus grandes formations symphoniques internationales, jouant aujourd’hui dans la cour des grands. Six saisons et deux cent seize concerts après sa prise de fonctions, le 15 septembre 2010, sa prestation et la fusion immédiate du chef et de l’Orchestre de Paris se sont imposées dès les premières mesures du poème dansé La Péri de Paul Dukas suivi de la cantate Kullervo de Jean Sibelius, l’un des compositeurs favoris de Järvi. Il y avait longtemps que l’on n’avait vu les musiciens de la phalange parisienne aussi souriants et engagés dans l’exécution des œuvres programmées.
Ce bonheur de jouer ensemble n'a pas eu le temps de s'altérer. Le travail en profondeur de Paavo Järvi et de ses musiciens a cristallisé la virtuosité collective des seconds, qui est devenue souveraine, leurs sonorités polychromes, rondes, brûlantes et charnues. Cela bien avant le transfert de l’Orchestre de Paris à la Philharmonie, les progrès étant sensibles dès la Salle Pleyel, le déménagement n’ayant eu lieu qu’entre décembre 2014 et janvier 2015, Järvi et l’Orchestre de Paris donnant le concert inaugural les 14 et 15 janvier 2015.

Seul regret de cette belle collaboration, le cahier des charges qu’il s’était fixé en matière de création dans le texte-manifeste qu’il a publié dans le programme de salle de ce premier concert, où il écrivait entendre défendre « la pluralité des styles - avant-garde, minimalisme, spiritualisme -, sans exclusive, pourvu que nouveauté et qualité aillent de pair ». Il n’aura dirigé comme œuvre complexe et porteuse d’avenir que Notation V pour grand orchestre de Pierre Boulez, et encore une seule fois, lors du concert-hommage donné à la Philharmonie peu après la mort du compositeur. Quant aux autres œuvres créées sous sa direction, inutile d’y revenir dessus…
C’est sur un véritable feu d’artifice orchestral que Paavo Järvi a donné son dernier concert parisien vendredi. Une vraie fête sonore aura été l’exécution de la Troisième Symphonie en ré mineur de Gustav Mahler, que Järvi et l’Orchestre de Paris ont donné pour la seconde fois en six ans, édifiée sur une architecture d’une solidité d’airain et exaltant une indicible poésie. Cette Troisième Symphonie est la plus longue de toutes les partitions de Mahler, avec ses cent dix minutes réparties en six mouvements qui constituent en fait deux parties, le mouvement liminaire ayant la dimension et la structure d’une symphonie entière. Originellement conçue en sept mouvements (le septième sera intégré à la symphonie suivante), cette œuvre immense plonge dans la genèse de la vie terrestre, avec un morceau initial contant l’émergence de la vie qui éclot de la matière inerte, magma informe aux multiples ramifications et en constante évolution, et qui contient en filigrane la seconde partie entière, cette dernière évoluant par phases toujours plus haut, les fleurs, les animaux, l’Homme et les Anges, enfin l’Amour. Le royaume des esprits ne sera atteint que dans le finale de la Quatrième Symphonie, originellement pensé comme conclusion de cette Troisième. Du chaos initial jusqu’aux déchirements de l’Amour qui conclut la symphonie en apothéose sur des battements épanouis de quatre timbales comme autant de battements de deux cœurs humains épris l’un de l’autre et transcendés par l’émotion, l’évolution de l’œuvre est admirablement construite, même si les diverses séquences qui s’enchevêtrent dans le premier morceau sont parfois trop sèchement différenciés, sans pour autant paraître décousu, mais les élans insufflés par Järvi portent en germes l’extraordinaire expressivité des mouvements qui suivent, y compris du menuet, passage difficile à mettre en place, avec le risque de surligner les intentions du compositeur qui entendait ménager ici une plage de repos après les déchirements et les soubresauts qui précédaient. Le somptueux scherzo avec cor de postillon obligé dans le lointain tenu dans la coulisse par Frédéric Mellardi (la dernière fois c’était son alter ego Bruno Tomba qui le jouait) était magnifique d’onirisme, avec les bois gazouillant avec une fraîcheur communicative, tandis que la section de cors le soutenait de leurs somptueux pianissimi. L’émotion atteignait une première apnée dans le Misterioso du lied O Mensch sur un poème du Zarathoustrade Friedrich Nietzsche, avec un orchestre grondant dans le grave avec une infinie douceur, enveloppant la voix charnelle et tendre de la mezzo-soprano états-unienne Michelle DeYoung émergeant pianississimo entre les premiers pupitres de violons et le chef, et conduisant à la joie des Anges, incarnés par les voix du Chœur d’enfants de l’Orchestre de Paris venant du dessus de l’orchestre entourés du public, les femmes du Chœur de l’Orchestre de Paris étant disposées au même niveau que les musiciens, derrière la percussion. Enfin, le finale, où Järvi atteint le comble de l’émotion dans une plage confondante de beauté tour à tour contenue et exaltée, ménageant un immense crescendo qui conduit à la plénitude de l’Amour conquis de haute lutte, entre doutes et passions. L’Orchestre de Paris a atteint ce samedi pluvieux de fin de printemps les sommets où il reste à espérer que le successeur de Paavo Järvi, le jeune chef britannique Daniel Harding, saura le maintenir, voire le conforter.

Michelle DeYoung, Frédéric Mellardi, Philippe Aïche, Paavo Järvi, Lionel Sow et l'Orchestre de Paris. Photo : (c) Bruno Serrou

En bis, Paavo Järvi a plus écouté que dirigé l’Orchestre de Paris dans une page de Jean Sibelius, après avoir reçu des mains de Bruno Hamard, directeur général de l’orchestre, une lettre manuscrite originale d’Hector Berlioz adressée à la cantatrice Pauline Viardot et datée de 1854. C’est sur une longue standing ovation que le concert s’est achevé.

http://brunoserrou.blogspot.fr/2016/06/paavo-jarvi-fait-dedifiants-adieux.html?m=1

Maestro Paavo Järvi jättis oma Pariisi orkestriga hüvasti


Postimees
Riina Luik
21 juuni 2016




Paavo Järvi Pariisis Foto: Sasha Gusov

Ligi kakskümmend eesti muusikasõpra käis 18. juunil Elamusreiside poolt korraldatud kultuurireisil Pariisis, et olla tunnistajaks suurejoonelisele muusikaõhtule, millega maestro Paavo Järvi jättis hüvasti Orchestre de Paris´ga, vahendab portaal Muusikaelu. Kõlas Gustav Mahleri sümfoonia No 3, solistina oli kaastegev Michelle DeYoung (alt) ja Orchestre de Paris sega- ja lastekoor.

Pariisi publik tänas maestrot püsti seistes võimsa, enam kui veerand tundi kestva aplausi ja braavo-hüüetega. Orkester tegi oma lahkuvale peadirigendile südamliku muusikalise kummarduse, mängides Jean Sibeliuse «Lüürilist valssi». Sellega pani Järvi küll punkti oma 2010/2011. aastal alanud viljakale koostööle Pariisi orkestriga, kuid naaseb Pariisi filharmoonia suurepärase akustikaga saali juba järgmisel hooajal seoses oma Jaapani NHK orkestri Euroopa turneega.



Pariisi filharmoonia saal


Elamusreiside tegevjuhi, kultuuriajakirjaniku Riina Luige sõnul on nende korraldatavate kultuurireiside eesmärgiks pakkuda eesti muusikasõpradele võimalust osa saada nii rahvusvaheliste, kuid eeskätt just Eesti interpreetide ülesastumistest maailmakuulsatel lavadel, ooperimajades ja mainekail festivalidel. «See on väga eriline, ja kõige paremas mõttes uhkustunnet tekitav kogemus, kui saad olla tunnistajaks vaimustunud vastuvõtule, mille osaliseks meie tippmuusikud ja eesti muusika maailma kontserdi- ja ooperimajades saavad. Oleme veendunud, et see kogemus on laiemat jagamist väärt.»

http://kultuur.postimees.ee/3739927/maestro-paavo-jarvi-jattis-oma-pariisi-orkestriga-huvasti

MAHLER ET PAAVO JÄRVI : L’APOTHÉOSE DES ADIEUX


resmusica.com
Jean-Luc Clairet
Le 23 juin 2016
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Paris. Philharmonie. 18-VI-2016. Gustav Mahler (1860-1911) : Symphonie n°3 en ré mineur. Michelle DeYoung, alto. Choeur de l’Orchestre de Paris, Choeur d’enfants de l’Orchestre de Paris, (chef de choeur Lionel Sow, chefs de choeur associés Edwin Baudo, Marie Deremble-Wauquier, Marie Joubinaux, Béatrice Warcollier), Orchestre de paris, direction : Paavo Järvi.

Naguère encore une des moins jouées du compositeur, laSymphonie n° 3 de Mahler connaît aujourd’hui une belle revanche. C’est elle que Paavo Järvi a choisie pour dire adieu à l’Orchestre de Paris, qu’à la suite de Christoph Eschenbach, il aura dirigé de 2010 à 2016.

Les symphonies de Mahler sont les opéras déguisés d’un compositeur qui n’a jamais pratiqué le genre. Sa 3ème, la plus longue (1h40), son « monstre à lui», en tout cas une symphonie-monde, composée dans la lumière de l’été autrichien du lac de Steinbach am Attersee, questionne la place de l’Homme dans la Nature, dépassant le pictural qu’il ne dédaigne pas (Mahler n’aura jamais aussi bien que là fait honneur à son patronyme!), pour atteindre le cosmos. En 6 mouvements, (dont les 37 minutes – équivalent de la durée d’une symphonie classique – du premier, baptisé avec une facétie toute mahlérienne Introduction gravent l’œuvre dans le le livre des records de l’Histoire de la Musique), et des sous-titres (Ce que me disent les fleurs, les animaux, l’homme, les anges, l’amour), Mahler déploie un génie orchestral et mélodique tel que l’on n’en finira jamais de s’indigner des critiques dont le venin a longtemps empêché que, comme il le prophétisait, son temps ne vînt! Immédiatement galvanisante pour le mélomane novice, toujours envoûtante pour les autres, la 3èmede Mahler est aujourd’hui une œuvre populaire.

Symphonie à effets, elle est un test pour tous : chef, musiciens, et même salle. Le connaisseur s’inquiète: les harpes, aussi gâtées que chez Berlioz, parviendront-elles toujours jusqu’aux tympans, la violence des cordes frappées sur l’archet en fin du premier mouvement sera-t-elle perceptible, les timbales seront-elles noyées dans la masse dans la péroraison finale ?… bref : le tout sera-t-il à la hauteur des prises de son d’une symphonie qui a beaucoup donné au disque (la version fondatrice de Bernstein, certainement la plus fascinante ou encore celle de Salonen, ou encore la plus lente (1h50) du très sous-estimé Maazel , toutes trois chez Sony) ?…

Globalement, même si un parterre tassant légèrement les effets de masse ne parvient pas tout à fait à atténuer ces angoisses, et nous donne envie de nous élever dans les hauteurs de la Philharmonie, le test s’avère payant pour tous. Pour l’Orchestre de Paris, qui a appris sa 3ème avec Bernstein en 1970. Pour Paavo Järvi, chef à l’intelligence absolue devant l’arche d’une oeuvre qu’il a enregistrée : rubato parcimonieux, tempi assez allants, peut-être un peu trop dans le Comodo Scherzando, parfaite architecture de la première partie, traquant le moindre effet (le braiment de l’âne rarement aussi audible!). Paavo Järvi offre un luxe de détails à cette spécificité mahlérienne : l’orchestre de solistes. Le cor de postillon spacialisé du troisième mouvement, d’un cheveu en délicatesse dans l’aigu, n’entache en rien la prestation d’un ensemble remarquable où la classe des cuivres, la verdeur toute sibelienne des bois, la chatoyance et la cohérence des cordes témoignent du travail unanimement fêté accompli au fil des 217 concerts donnés en France et à l’étranger sous le mandat du chef estonien. La résonance de cathédrale (hélas trop vite abrégée par des applaudissements trop pressés) post-apothéose finale en dit long sur l’osmose atteinte par un orchestre transformé in fine en orgue géant. Pour le chœur préparé par Lionel Sow, couronnant la précision rythmique incontestable de sa trop brève intervention par un bim! final decrescendo, absolument magique, bras tendu vers le sublime Ruhevoll final qui laissera la bride sur le cou à d’irrésistible timbaliers, qui arrachera des larmes à une Michelle DeYoung, parfaite de profondeur cosmique sur O Mensch!, et dont la sérénité radieuse au cours du plus bel adagio de Mahler s’efface devant les larmes nées de la beauté du monde.
Fêté par un discours d’adieu de Bruno Hamard, Directeur général de l’Orchestre, par la remise d’une lettre de Hector Berlioz, par une Valse Lyrique de Sibelius jouée par un orchestre autonome, par une salle debout, Paavo Järvi, dorénavant Directeur musical de l’Orchestre symphonique de la NHK, cèdera la baguette à Daniel Harding. Bienvenue au nouveau directeur musical de l’Orchestre de Paris!
Crédit photo: Jean Christophe Uhl
http://www.resmusica.com/2016/06/23/mahler-et-paavo-jarvi-lapotheose-des-adieux/

Monday, June 13, 2016

Kühn und keck


sueddeutsche.de
Klaus Kalchschmid
12/06/2016

Paavo Järvi mit Anton Bruckners sechster Symphonie im Gasteig

Man muss es immer wieder betonen: Die Münchner Philharmoniker sind ein Bruckner-Orchester par excellence - schon dank ihrer reichhaltigen Aufführungsgeschichte seiner Werke unter bedeutenden Dirigenten. Auch wenn Sergiu Celibidache den Solitär der Sechsten nur ein einziges Mal 1991bei den Philharmonikern dirigiert hat, wehte sein Geist auch durch die Aufführung unter Paavo Järvi. Diese untypischste und vielleicht gerade deshalb reizvollste unter Anton Bruckners Symphonien in der für ihn ungewöhnlichen Haupttonart A-Dur ist wohl tatsächlich seine "kühnste" und "keckste", wie der Komponist selbst meinte. Es ist nicht nur die eleganteste, sondern auch die mit den verrücktesten Volten auf engstem Raum. Bis auf eine Ausnahme im Finale gibt es zwar immer wieder die für Bruckner so typischen Steigerungen, aber nie brechen sie plötzlich auf dem Höhepunkt in die Stille einer Generalpause ab.

Paavo Järvi hatte die deutsche Orchester-Aufstellung gewählt: mit den Kontrabässen hinten in der Mitte, den Celli halblinks und den Bratschen halbrechts, während erste und zweite Geigen links und rechts vom Dirigenten saßen. Homogenität des Klangs und Durchsichtigkeit waren so perfekt zu erzielen. Stets herrschte bei sehr gelassen moderaten Tempi eine geradezu entspannte Intensität und Järvi gelangen mit dem ungemein präzisen Orchester immer wieder großartige Momente.


Vor der Pause erlebte man den später bei Bruckner so feinen Streicher-Klang in Gerard Schwarz' Streichorchester-Fassung von Weberns "Langsamem Satz für Streichquartett" eher üppig, während die kammermusikalisch raffinierte Instrumentation, die Alban Berg seinen "Sieben frühen Liedern" angedeihen ließ, allzu indifferent umgesetzt war. Leider ist Olga Peretyatkos heller Sopran für die teils recht tief liegenden Lieder schlicht zu schlank. Dafür bedarf es einer gehaltvolleren, farbenreicheren und sinnlicheren Stimme.

http://www.sueddeutsche.de/kultur/kurzkritik-kuehn-und-keck-1.3029768

Paavo Järvi und Olga Peretyatko mit Berg und Bruckner


abendzeitung-muenchen.de
Michael Bastian Weiß
12/06/2016



Die russische Sopranistin Olga Peretyatko. Foto: SCHOLZSHOOTSPEOPLE

Paavo Järvi und die Philharmoniker mit Bruckner, Olga Peretyatko singt Berg

Selbst wer, entgegen der derzeit herrschenden Meinung, die Münchner Philharmonie am Gasteig nicht völlig für ihre Akustik verachtet, wird zugeben, dass es Stücke gibt, die nach einem eher intimeren Saal verlangen. Die „Sieben frühen Lieder“ Alban Bergs gehören dazu, zumindest, wenn man sie als Lieder singt und nicht als verkappte Arien, die sie nicht sind.

Olga Peretyatko tut gut daran, ihre genuine Opernstimme hier bewusst klein zu halten, ohne, dass sie etwas von ihrer sinnlichen Fülle verlieren würde. Die gebürtige St. Petersburgerin hat Mut, ihr kammermusikalisches Piano auch dann nicht in Richtung Forte zu verlassen, wenn ihr Paavo Järvi mit dem Orchester zu nahe rückt. Dabei macht die Sopranistin es doch so wunderbar vor: Die Melodiebögen werden zärtlich aufgespannt und führen nur punktuell zu Höhepunkten, die dann umso wirkungsvoller strahlen und verglühen. In einem kleineren Saal würde sich wohl zum innigen Belcanto eine höhere Textverständlichkeit wie von selbst herstellen.

Trotz mancher Angebote der Philharmoniker gibt sich Järvi nicht gerade als kammermusikalisch feinsinniger, eher als pauschaler Begleiter. Große Skrupel hat er in der Definition der Orchestertotale ohnehin nie gezeigt. Järvi nimmt es gerne, wie es kommt und fasst die Stimmen dann durchaus vereinheitlichend zusammen, wobei sie eben aber auch leicht an solistischer Individualität verlieren.


Anton Weberns früher „Langsamer Satz“ hat nichts mehr von der originalen Quartettbesetzung, in dieser Orchestrierung des US-Dirigenten Gerard Schwarz bauen die philharmonischen Streicher stehende Klänge auf, die man fast in Scheiben schneiden kann, und auch das Verlöschen ist das eines mächtigen Orchesters.

Doch nicht nur pauschal kann Järvis Hang zum Zusammenfassen wirken, er kann auch große Schlüssigkeit gewährleisten. Im Vergleich zu seiner blitzsauberen Realisierung der 6. Symphonie A-Dur Anton Bruckners mit den Münchner Philharmonikern wirkt diejenige Christian Thielemanns im Rückblick geradezu schlampig.

Die Schläge des vollen Tuttis sind wunderbar rund abgesetzt, schwingen lange nach, die Art und Weise, wie die verschiedenen Teile gerade der Ecksätze auseinander hervorgehen, erscheint vollendet organisch – Järvis gestisches Bild hierfür sind die großen kreisenden Bewegungen der ganzen Arme, eine Art dirigentischen Radschlagens. An Momenten, an denen eine gewisse Tiefe aufbrechen müsste, etwa im Trauermarsch des Adagios, stellt sich zwar eine eher unangemessene Glätte ein, doch überwiegt im Ganzen das Erstaunen darüber, dass man Bruckner so elegant musizieren kann.

Ob diese Aufführung freilich auch signifikant genug war, um im Gedächtnis zu bleiben, muss jeder Hörer selbst entscheiden.

http://www.abendzeitung-muenchen.de/inhalt.muenchner-philharmoniker-paavo-jaervi-und-olga-peretyatko-mit-berg-und-bruckner.222133de-2d29-462d-9c6d-df012ac1b79b.html

Tigerin und Träumerin


nzz.ch
Thomas Schacher
29/05/2016

Das Orchestre de Paris und die Pianistin Khatia Buniatishvili sorgen in der Zürcher Tonhalle für einen musikalischen Höhepunkt: So leidenschaftlich und träumerisch kann Schumanns Klavierkonzert klingen.

Die Pianistin Khatia Buniatishvili (Bild: Esther Haase / Sony Classical)

Die letzte Orchestertournee der Migros-Kulturprozent-Classics in dieser Saison ermöglicht eine Begegnung der besonderen Art. In vier Schweizer Städten ist das renommierte Orchestre de Paris mit seinem Chefdirigenten Paavo Järvi und der Pianistin Khatia Buniatishvili zu Gast. Der schweizerische Aspekt der Tournee wird betont, indem das Orchester überdies eine Komposition des Waadtländers Richard Dubugnon im Gepäck führt. Das Konzert im ausverkauften Grossen Saal der Tonhalle Zürich beginnt denn auch mit Dubugnons Caprice für Orchester Nr. 2 aus dessen Opus 72, einem Work in Progress.

Das kurze Stück zeugt von einem Komponisten, der virtuos mit den Möglichkeiten eines gross besetzten Orchesters umgehen kann und nicht mit Effekten spart. Die Kehrseite der Medaille besteht darin, dass das Werk in der Heterogenität seiner Teile formal ziemlich beliebig wirkt. Eine stringentere Komposition steht dann mit der 1939 entstandenen sechsten Sinfonie von Dmitri Schostakowitsch zur Debatte. Das dreisätzige Werk ist wie eine klassische Sinfonie gebaut, der jedoch der konfliktgeladene Kopfsatz abhanden gekommen ist. Die Sinfonie beginnt mit einem Largo, das sich zuerst leidenschaftlich entfaltet und zu drei Kulminationspunkten führt, dann aber ins Bodenlose zusammenfällt und als angedeuteter Trauermarsch endet. Auch Paavo Järvi scheint darin die Widerspiegelung von Schostakowitschs persönlicher Situation während der Stalin-Diktatur zu sehen. Das nachfolgende Scherzo dirigiert er äussert fratzenhaft, und den an den Schluss von Rossinis Wilhelm-Tell-Ouvertüre gemahnenden Ritt des Finales übersteuert er dermassen, dass das Siegesgedröhne in seine Negation umschlägt.

Die demnächst 29 Jahre alte georgische Pianistin Khatia Buniatishvili braucht man inzwischen nicht mehr vorzustellen. Über ihren Charakter als Interpretin gibt die Wiedergabe des beliebten a-Moll-Konzerts von Robert Schumann beredten Ausdruck. Die einleitenden Akkorde des ersten Satzes packt sie wie eine Wildkatze an – für das anschliessende Hauptthema lässt sie sich dann jedoch alle Zeit der Welt. So bewegt sich Buniatishvilis Interpretation stets zwischen den Extremen des leidenschaftlichen Dreinfahrens und des verträumten Innehaltens. Dazu gesellt sich ein sehr freier Umgang mit den rhythmischen Strukturen, was dem Dirigenten und dem Orchester viel Einfühlungsvermögen abverlangt. Bei der insgesamt sehr eigenwilligen Deutung der Pianistin droht die Einheit der Sätze bisweilen auseinanderzubrechen. Aber Authentizität, Ausstrahlung und Überzeugungskraft der Künstlerin lassen solche Bedenken schnell vergessen.

http://www.nzz.ch/feuilleton/das-orchestre-de-paris-gastiert-in-zuerich-tigerin-und-traeumerin-ld.85435

Klangwunder und Wunderklänge


derbund.ch
Peter König
01/06/2016

Khatia Buniatishvili lässt Schumann leuchten, und Paavo Järvi galoppiert durch Schostakowitsch.

Würde der grosse Steinway-Konzertflügel im Casino Autogramme sammeln, hätte er regen Zuspruch; Benjamin Grosvenor, Lars Vogt und Kit Armstrong hätten kürzlich signiert. Und führte er ein Tagebuch über die grossen Pianostars, wäre der Eintrag über die Georgierin Khatia Buniatishvili (*1987) interessant zu lesen. Sie war zu Gast mit den Migros-Kulturprozent-Classics und mit Robert Schumanns Klavierkonzert in a-Moll. Der Flügel würde kaum notieren, dass sie «eigenwillig» gespielt habe – das kann man überall lesen. Und auch ihr Outfit – anderswo ebenso einlässlich erörtert wie ihre Interpretation – wäre ihm egal. Er würde sich eher erinnern an markante, ja fast gewalttätige Anschläge zu Beginn des Konzerts und im Finalsatz. Und sich fragen, wie ein und dieselben Hände seine Tasten dann wieder so zärtlich streicheln, ihnen solche Wunderklänge entlocken können. Man merkt schnell, dass es nicht das erste Konzert dieser Tournee ist: Perfekt eingespielt sind Solistin, Dirigent Paavo Järvi und Orchestre de Paris. So gut, dass auch abruptes Einhalten und Loslegen in den Solokadenzen den Klangkörper nicht aus dem Gleichgewicht bringen. Natürlich huldigt der volle Saal der jungen Pianistin, und diese bedankt sich artig mit einem Händel-Menuett.

Unkapriziöse Caprice

Den Namen Richard Dubugnon müsste man sich merken – wenn man es nicht längst getan hätte. Der Westschweizer Komponist ist bekannt und sein Umgang auch mit grossen Orchestern gekonnt. Entsprechend vielseitig, wenn auch letztlich ein wenig beliebig, erklingt zu Beginn seine Caprice Nr. 2, Teil eines grösseren Ganzen (im Mai 2017 ist Nr. 3 geplant). Das 13-minütige Stück enthält wahre Klangwunder. Mit Schostakowitsch hat es vor allem den rastlosen Duktus gemein. Dank vieler fliegender Themenwechsel passt das Werk fast überall hin, konzertdramaturgisch hätte man es sich auch direkt vor der abschliessenden 6. Sinfonie von Dimitri Schostakowitsch vorstellen können. Doch das hätte überlagert, dass das scheinbare Nichtzusammenpassen der drei (!) Sätze dieser 6. Sinfonie Programm ist. Mit der Auslassung eines Kopfsatzes und dem Einstieg mit dem bedrückten Largo unterstreicht der Komponist den Kontrast zum überdrehten Allegro und zum grellen Presto. Järvi, der über einen technisch in allen Registern glänzend besetzten Apparat gebietet, übersteigert diesen Kontrast noch: Schon der kurze Mittelsatz gerät atemberaubend schnell, und durch das Finale peitscht er das Orchestre de Paris, als gälte es noch einen TGV zu erwischen. So werden die beiden schnellen Sätze zu wahren Zirkusnummern, mit dem Dirigenten als Dompteur, der seine Pferde immer schneller durch die Manege treibt. Sehr effektvoll in der Tat und von der Präzision her alleweil staunenswert. Und doch stellt man sich ein wenig die Frage, ob sich der Komponist das wirklich genauso plakativ vorgestellt hatte. (Der Bund)

http://www.derbund.ch/kultur/klassik/klangwunder-und-wunderklaenge/story/20441812

Friday, June 03, 2016

Khatia Buniatishvili, Paavo Järvi / Orchestre de Paris Dubugnon / Schumann / Shostakovich


rolf-musicblog.net
Rolf Kyburz
31/05/2016

I have written a review for this concert on Bachtrack.com, in German. This review is not a translation of the Bachtrack review, the rights of which remain with Bachtrack.com: the German review is condensed from a larger set of notes that I collected from this concert. As I wanted my non-German speaking readers to be able to read about my concert experience as well, I have taken my original notes as a loose basis for this posting, hereby adding additional material not included with the Bachtrack review.
Introduction

The “star of the evening” on this day was—the Orchestre de Paris, founded 1967 as a successor to the Société des concerts du Conservatoire (itself founded 1828), one of Paris’ prominent orchestras. Initially directed by Charles Munch, who was succeeded by Herbert von Karajan, Sir Georg Solti, Daniel Barenboim, Semyon Bychkov, Christoph von Dohnányiand Christoph Eschenbach (more information on the orchestra on Wikipedia). In 2010, Paavo Järvi took over the musical direction of the orchestra—he also was the conductor in this concert: Paavo Järvi was born 1962 in Tallinn, Estonia; his father, Neeme Järvi (*1937), is also a well-known conductor (see also Wikipedia for more information on Paavo Järvi). The main residence for the orchestra now is the newly opened Philharmonie de Paris.

The soloist in this concert was the Georgian pianist Khatia Buniatishvili (*1987). Khatia started studying piano at age 3, with her mother as teacher, and at age 6 she already made a first concert appearance in Tbilisi, and at age 10 she started giving concerts in various parts of the world: a true child prodigy! Further studies led her to Austria (1999 – 2002), and after graduating from the Central Music School in Tbilisi, she entered the Tbilisi State Conservatory in 2004. Around 2010 (after winning several prizes at competitions), she launched an international career as concert pianist; she now lives in Paris (more information again on Wikipedia). My first encounter with Khatia Buniatishvili was in a concert on 2009-10-04 in the old church (Alte Kirche / Künstlerhaus) in Boswil, where she gave a piano recital / duo recital with Walter Delahunt stepping in for Martha Argerich, at very short notice. I don’t remember the repertoire in that concert (except that she played—I think—Sergei Prokofiev’s Piano Sonata No.7), but I do remember that I was fascinated by her fast fingers: I had a stage seat, two meters from the piano, but it was impossible to follow her hands & fingers! In the aftermath, that recital in 2009 anticipated some of the experience in this concert at the Tonhalle Zurich, see below.

To this concert: just the view of the Orchestre de Paris (full staffing 119 musicians, according to the orchestra’s Website) was unusual for Zurich: the men in the ensemble were all dressed in half-long (or short?) frock coats, contrasting from both the Tonhalle Orchestra (usually standard suit) and the Philharmonia Zurich (tailcoats, at least in Philharmonic concerts): that detail alone indicated that the concert experience would not be the same as with the local orchestras. The podium had been enlarged for this large ensemble, plus, the piano in the Schumann concerto was placed on a second podium extension.
Richard Dubugnon: Caprice for Orchestra, op.72/2

Richard Dubugnon was born 1968 in Lausanne, in the French-speaking part of Switzerland. He studied history in Montpellier, and at the same time he studied composition and playing the double bass. After only two years he is accepted to the Conservatoire national supérieur de musique de Paris; he then moved to London for seven years, where in 1997 he obtained the Master degree in composition from the Royal Academy of Music. 1997 – 2002 Richard Dubugnon was teaching composition at the Purcell School, and in 2003 he moved back to Paris, rapidly gaining reputation as a composer. He has received various prizes for his work, and he has been elected Composer in Residence with the Orchestre de chambre de Lausanne (2013/2014) and with the Musikkollegium Winterthur (2016/2017). This information is collected from the French section of Wikipedia.

Richard Dubugnon’s Caprice for Orchestra No.2 is a work that was commissioned by the Orchestre de Paris—a piece of just below 14 minutes. As the program notes (produced by the organizer, Migros Kulturprozent) explain, Dubugnon actually prefers bigger forms, but he typically gets commissioned for pieces of around 10 minutes (considered to be “digestible” by / acceptable for traditional audiences), and so, he is now collecting such pieces in his op.72, Caprice No.2 being the second part of ultimately a bigger work (the size of which will depend on the number of segments he gets commissioned for). The Caprice No.2 is tailor-made for the large, rich setting of the Orchestre de Paris: it is an entertaining, multi-faceted composition. My experience in this concert was obviously without score and unprepared (except that I tried familiarizing myself with a few of Dubugnon’s earlier compositions); let me therefore just describe my impressions, my intuitive thoughts and associations while listening to this:

The beginning of the Caprice is bold, supported by the strong, rich sound of the wind section—but the music soon retracts into a more internalized segment; the composition then follows a path of alternation between extroverted richness (typically with strong contributions from the brass and percussion sections) and softer, often almost intimate sections, mostly dominated by the silky, homogeneous sound of the large string formation; one finds comfortably walking basses, as well as capricious dialogs between violins and the woodwinds. A passage with xylophone and celesta reminds me of music by Paul Dukas, orchestral groupings appear to fight each other; there are jazzy segments, but also colorful, crowded scenes, inspired by aleatoric music, grumbling thunders, enthralling percussion sequences—all ending in two very strong drum beats. Paavo Järvi effortlessly mastered the frequent changes in tempo and time signature. Richard Dubugnon writes largely atonal music, occasionally polytonal, but never repellingly dissonant—the music does not follow any traditional harmonic course. In the first audition, the unprepared listener will not catch distinct, melodic elements, and so, one may miss elements that may help recognizing an internal structure. In the aftermath, I read in the program notes that this is a set of variations—I failed to recognize this in the first, unprepared impression. However, I don’t see this as defect, as I could enjoy the diverse expressions in this intense, rich soundscape also without the knowledge about internal ordering principles.
Robert Schumann: Piano Concerto in a minor, op.54

Robert Schumann (1810 – 1856) completed his Piano Concerto in a minor, op.54, in 1845, at the height of his career. The concerto features three movements:
Allegro affettuoso (4/4, 1/2 = 84) — Andante espressivo (6/4, 3/4 = 72) — Allegro (Tempo I) — Più animato, Passionato — Tempo I — Cadenza — Allegro molto
Intermezzo, Andantino grazioso (2/4, 1/8 = 120)
Allegro vivace (3/4, 3/4 = 72)

The concerto was first performed 1846, with Robert’s wife Clara Schumann (a superb pianist!) at the piano. For this performance in Zurich now, the seat at the Steinway D was occupied by Khatia Buniatishvili: a visual study about “Le Rouge et le Noir“, without connection to Stendhal, of course—but unfortunately, (in my opinion) also with only limited connection to the composer, Robert Schumann. That latter impression wasn’t just a failure to fulfill specific expectations on this concerto, but I felt that the soloist had totally moved away from the current trend towards seeking the original sound, away from any attempt to explore the composer’s intent, as laid down in the musical score. To me, that was obvious already from the very first chord cascades, which were vastly faster than notated, the short semiquaver chords in the dotted rhythm were degraded to superficial, short acciaccaturas. Thereafter, the orchestra overcompensated by playing too slow, and the subsequent solo (espressivo) was even slower, extremely lyrical and mellow, veiled, dreamy, faraway. Where the piano played accompanying figures, these were so blurred that they could barely be heard—also because the orchestra was rather loud, and too big (6 double basses!). Then, when the piano set in with marcato octave parallels, the pace suddenly changed to (too) fast again. Pretty much in general, the soloist used extremes in the tempo, switching between extremely lyrical and extremely fast and virtuosic. Her playing was technically superb, but often too smooth and perfect, and I missed detailed articulation (let alone signs of Klangrede!), agogics (I think the difference between rubato and agogics evades her!), elaboration in secondary voices.

The Intermezzo probably was the best part of the interpretation, though really late-romantic, also in the orchestral sound, the solo part very, very lyrical and mellow: the attribute “female” may seem appropriate (politically incorrect, though?), considering that the soloist is playing out that aspect also from her visual appearance. Nevertheless, also in this movement I missed the agogics, that fine play with retaining and accelerating within a bar.

The final movement was extreme in its focus on fast playing, with superficial, blurred runs and figures, lacking all detail in articulation and phrasing, merely perhaps aiming to be elegant and light—which aren’t attributes that I typically associate with Robert Schumann’s music. Overall, that movement felt like a permanent chase through the score, often to the point where the orchestra started to have problems following—my conclusion: the piano was the first to cross the finish line, closely followed by the orchestra—Schumann fell by the wayside. In general, I think that as a listener one should be open towards personal, maybe unexpected interpretations—but these should remain within the scope of the composer’s text in the score, as otherwise, the result is a paraphrase at best, a “concerto after Schumann”.

Needless to say that at least a fraction of the audience did not resist the fascination of an extreme performance: Khatia Buniatishvili rewarded the applause with the Prélude No.4 in e minor (Largo) from the 24 Préludes, op.28, by Frédéric Chopin (1810 – 1849). This may have set a record in slowness, but it was definitely atmospheric and dreamy: I liked it more than any part of the preceding concerto.
Dmitri Shostakovitch: Symphony No.6 in b minor, op.54

Dmitri Shostakovitch (1906 – 1975) wrote his Symphony No.6 in b minor, op.54, in 1939—it was first performed in Leningrad in the same year. The symphony features three movements:
Largo (4/4, 1/8 = 72) — Moderato (1/4 = 66) — Largo (1/4 = 44)
Allegretto (3/8, 3/8 = 104)
Presto (2/2, 1/2 = 168)

With this symphony, after the intermission, Paavo Järvi and the Orchestre de Paris could finally play out their full strengths, and those in the audience who left after the concerto were thoroughly proven wrong: they missed the best part of the evening! Shostakovich’s music may often feel exceedingly motoric, if not (initially) repelling—however, his Sixth Symphony is a thoroughly serene, often joyful masterpiece—the composer commented: “I wanted to convey in it the moods of spring, joy, youth“. The orchestra was brilliant, with an excellent wind section, both woodwinds (flutes, cor anglais) and the brass section, the strings (particularly violins) were superb in their dense, homogeneous sound.

The beginning of the first movement reminded me of Bruckner; the music that followed is rich in rhythmic differentiation, playing out quaver duplets and triplets against punctuated crotchets, etc. against each other; frequent, cleverly placed changes in time leave the listener “suspended”, (seemingly) without a persistent, thorough rhythmic base. Paavo Järvi’s direction was firm, with large, flowing gestures: clearly, he was in full control—with such a large orchestra, the concert master can’t really achieve much in terms of coordination and secondary guidance. To me, it was an excellent, absolutely compelling interpretation, up to the last bars, where the music fades away into silence. My only, really minor reservation was that around [28] in the score (Sostenuto), the celesta was maybe a bit too prominent / pervasive.

The second movement (Allegretto) puts high demands on the woodwinds, in terms of agility and endurance: enthralling music, also (particularly) from its percussion part, leaving the listener almost breathless. The performance by the Orchestre de Paris was masterful, far more than just flawless. This was even exceeded in the final movement (Presto)—a galloping, virtuosic orchestral showpiece, and an extreme challenge in terms of coordination and agility of the entire ensemble. Paavo Järvi and his musicians offered a performance that was both compelling and enthralling—the enthusiastic applause was more than justified.

The musicians offered a final encore, “Tahiti Trot”, op.16, again by Dmitri Shostakovitch: an orchestra transcription of the popular song “Tea for Two” (from the 1925 musical “No, No, Nanette” with music by Vincent Youmans and lyrics by Irving Caesar), which Shostakovich created in 1927, within 45 minutes—in (successful) response to a bet. It’s a 4-minute, ironic fun piece, making everybody in the audience smile—an excellent way to close the evening!

http://www.rolf-musicblog.net/buniatishvili-jarvi-zurich-2016-05-28/