Saturday, September 20, 2014

Solaires, jubilatoires, hallucinés

Altamusica.com
Claude Helleu
10/09/2014
Concert de rentrée de l’Orchestre de Paris sous la direction de Paavo Järvi, avec la participation du violoniste Maxim Vengerov à la salle Pleyel, Paris.
 

Après un Concerto pour violon de Brahms au parcours solaire sous l’archet de Maxim Vengerov, Paavo Järvi et l’Orchestre de Paris mettent la musique française à l’honneur avec la Troisième Symphonie d’Albert Roussel et La Valse de Maurice Ravel lors de leur concert de rentrée, des plus brillants, à la salle Pleyel.

Bassons et cordes graves imposent leur sonorité profonde pour accueillir le Stradivarius-Kreutzer 1727 de Maxim Vengerov. En parfait accord avec les pupitres de l’Orchestre de Paris, partageant avec Paavo Järvi à leur tête un engagement tranquille et assuré, le violoniste va irradier leur parcours du Concerto de Brahms.

Aussi sobrement véhémente que méditative, naturellement maîtresse de ses difficultés, son aisance imprègne l’expressivité d’un phrasé qui peu à peu s’enflamme, s’exacerbe en une cadence somptueuse écrite par l’interprète et idéalement conclue dans le retour de l’orchestre sollicité pour un chant fusionnel.

L’Adagio s’épanouit en émerveillements heureux. La mélodie inspirée du hautbois introduit des instruments à vent ici solistes complices du violon et de son élévation dans la lumière. Cette interprétation solaire mène à une fête finale jubilatoire. Entrain des rythmes chers à Brahms, influence tzigane des danses, allégresse de s’y donner : le Finale consacre la vitalité de ce lyrisme aux bonheurs rayonnants.

Paavo Järvi avait consacré la seconde partie du programme de ce concert de rentrée à la musique française. Un choix des plus intéressants pour écouter enfin certaines œuvres trop ignorées de notre patrimoine, telle la Symphonie n° 3 en sol mineur d’Albert Roussel. Composée en 1929-1930, son dynamisme la rend immédiatement séduisante, d’autant que Järvi et l’Orchestre de Paris, au mieux de son homogénéité, font leur son apparente spontanéité Allegro vivo, n’hésitant pas à pimenter parfois de quelques traits irrévérencieux la détermination de sa liberté.

Un style fugué aux bois à la fête dans l’Adagio, des cuivres et des cordes non moins captivés : brassé par son chef, l’orchestre s’en donne à cœur joie dans une ambiance jubilatoire. Vivace, Allegro con spirito, la clarté, la concision de l’écriture et de l’interprétation nous ravissent. Fantaisie et originalité inspirent les virtuosités provocantes, l’insolence souriante d’une composition à l’ampleur affirmée et dont la rigueur étaye l’imagination.

En contrepoint à l’expressivité audacieuse résolument assumée par tous et chacun, la cantilène du violon solo avec la clarinette, le basson et les cors nous offre un délicieux moment de romantisme avant l’exaltation finale qui couronne ces pages remarquables de transparence et d’éclats instrumentaux.

Et c’est l’entrée saisissante dans le mystère de temps en suspens… Contrebasses pianissimo, retenue, embryons de phrases, promesse et attente avant que La Valse de Ravel prenne son élan, bientôt « tournoiement fantastique et fatal ». Le kaléidoscope des sonorités, les vertiges rythmiques, les ruptures percutantes et les glissandi inquiétants ensorcellent.

Magistral à la tête d’un Orchestre de Paris survolté, aussi implacable que la musique qu’il dirige, Paavo Järvi habite l’esprit du chef-d’œuvre d’un Ravel plus fascinant que jamais. Démoniaque juste ce qu’il faut, ne se hâtant jamais pour mieux prendre feu, maître de la morbidité omniprésente, aux aguets de la catastrophe immanente et tout à l’ivresse de la sensualité dévastatrice, il propulse vers nous les arrachements de cette Valse fiévreuse, qu’elle nous entraîne à sa suite dans ses hallucinations. 

http://www.altamusica.com/concerts/document.php?action=MoreDocument&DocRef=5510&DossierRef=5060

Sarah's Playlist - Pick of the month

DW.de
Sarah Willis
19/09/2014

In each episode of Sarah’s Music, Sarah Willis shares some of her personal classical music highlights. This time she recommends "The Beethoven Project".
"The Beethoven Project" is a documentary which follows the Die Deutsche Kammerphilharmonie Bremen and their chief conductor, Paavo Järvi, as they prepare to perform and record all nine Beethoven symphonies. The film shows the orchestra in rehearsal, in concert and backstage and conveys their infectious enthusiasm for the music.
The 4-DVD set "The Beethoven Project" is produced by Deutsche Welle. It includes the documentary film and the complete performances of the Beethoven Symphonies and is available from Sony Music.

http://www.dw.de/sarahs-playlist-pick-of-the-month/a-17935855

Friday, September 19, 2014

Quelques semaines après l’annonce de son départ en 2016, Paavo Järvi et l’Orchestre de Paris ont attesté de leur fusion artistique

brunoserrou.blogspot
Bruno Serrou
18/09/2014

Paavo Järvi et l'Orchestre de Paris. Photo : DR

C’est sur une partition, Métaboles, du compositeur français qui l’a le plus accompagné depuis sa création en 1967, Henri Dutilleux, que l’Orchestre de Paris a ouvert son deuxième concert de la saison 2014-2015, qui a été précédée par l’annonce par Paavo Järvi, son directeur musical en personne, de son départ en juin 2016 vers les cieux japonais. Charles Munch, le fondateur de la phalange parisienne et qui fut un proche de Dutilleux, dirigea non seulement la création de sa Symphonie n° 2 « Le Double » alors qu’il était le patron de l’Orchestre Symphonique de Boston, mais inscrivit aussi ses Métaboles dès la première saison de l’Orchestre de Paris, qui donnera deux ans plus tard la première mondiale du concerto pour violoncelle Tout un monde lointain sous la direction de Serge Baudo, qui avait été l’assistant de Munch, fruit d’une commande de Mstislav Rostropovitch. Composées en 1964, les cinq pièces aux titres évocateurs (Incantatoire, Linéaire, Obsessionnel, Torpide, Flamboyant) qui s’imbriquent les unes dans les autres pour constituer Métaboles, œuvre pour grand orchestre avec bois et cuivres par quatre et dix contrebasses, sont le fruit d’une commande de George Szell pour le cinquantième anniversaire de l’Orchestre de Cleveland, qui en a donné la première exécution mondiale le 14 janvier 1965. La partition est conçue à la façon d’un concerto pour orchestre, chacune des parties, dont la formule initiale subit une succession de métamorphoses, privilégiant une famille spécifique d’instruments, bois, cordes, percussion, cuivres, avant d’être toutes réunies dans le finale. Le chef estonien et son orchestre français en ont donné une interprétation souple et aérée mais manquant parfois d’allant, Järvi préférant laisser sonner les pupitres solistes, il est vrai tous plus délectables les uns que les autres, tandis que les textures des tutti se sont avérées particulièrement fluides.


Xavier Phillips. Photo : DR

L’œuvre concertante qui a suivi est très fréquentée par les apprentis violoncellistes mais peu jouée au concert. Il est vrai qu’elle a clairement davantage une essence scholastique que créatrice et musicale, même sous l’archet du plus musicien des violoncellistes français, Xavier Phillips. Bien que plus significatif que son concerto pour violon, le Concerto pour violoncelle et orchestre en ré mineur qu’Edouard Lalo composa en 1876. Surtout connu à l’opéra pour son Roi d’Ys et au concert pour sa Symphonie espagnole, la création du compositeur lillois connaît depuis une dizaine d’années un frémissement de résurrection. Le concerto pour violoncelle, qui a déjà figuré par deux fois au programme de l’Orchestre de Paris (1978 avec Paul Tortelier, 2011 avec Marc Coppey) compte trois mouvements dans lesquels le soliste ne cesse que fort rarement de jouer. Chacun alterne des épisodes vif-lent-vif, le mouvement initial étant précédé d’un séduisant prélude marqué Lento dont la rythmique gouverne la partition entière tel un leitmotiv. L’amour du compositeur nordique pour l’Espagne imprègne naturellement l’œuvre dans sa globalité dont le caractère populaire est ponctué dans l’Intermezzo central de passages d’une profonde mélancolie où l’instrument soliste peut s’épancher dans une véritable rêverie. Xavier Phillips, toujours très concentré mais au jeu d’une générosité prodigue, a transcendé les vingt-cinq minutes de ce concerto de ses sonorités de braise, par l’ampleur de ses respirations, sa gestique concentrée mais large au service d’un chant d’une générosité communicative, l’Orchestre de Paris lui érigeant un tapis à l’étoffe onctueuse. En bis, le violoncelliste français a donné le troisième mouvement de la Suite n° 1 pour violoncelle de Benjamin Britten « pour rester dans l’esprit espagnol de Lalo », climat suscité par des pizzicati joués comme sur une immense guitare.

Beaucoup plus fréquentée que le concerto de Lalo, appartenant au répertoire symphonique le plus populaire, la Symphonie n° 5 en mi mineur op. 64 (1888) de Tchaïkovski qui a occupé toute la seconde partie de la soirée a figuré au programme du concert que l’Orchestre de Paris et Paavo Järvi ont donné au Festival d’Aix-en-Provence le 5 juillet dernier en hommage à Patrice Chéreau. Le « destin » « sans espoir » que le compositeur dépeint dans cette partition est sombre et douloureux, mais aussi empreint d’une lumière plus ou moins consolatrice qui perce de l’obscurité la plus noire. Paavo Järvi en a donné une interprétation tendue comme un arc malgré les pauses entre les mouvements qui ont amoindri les aspérités autobiographiques de l’homme Tchaïkovski pour mieux en souligner la science de l’orchestration et le sens des couleurs propres au compositeur russe. Les musiciens de l’Orchestre de Paris ont ainsi pu briller sans relâche, rivalisant de sonorités et de virtuosité, l’atmosphère ombrée étant plantée dès le début par le chant onctueux des deux clarinettes. La direction exaltée et exaltante de Järvi a soulagé l’œuvre de son pathos excessif, mais l’on eut apprécié davantage d’allant et de grincements dans la Valse, tandis que le chant du mouvement lent est apparu merveilleusement humain, alors que le finale a atteint une suprême unité. A souligner les splendides solos de clarinettes, de cor, basson, de somptueux traits d’altos et de violoncelles, précis dans le rythme souvent complexe à réaliser.

http://brunoserrou.blogspot.fr/2014/09/quelques-semaines-apres-lannonce-de-son.html

Wednesday, September 17, 2014

Tuesday, September 16, 2014

Paavo Järvi et Maxim Vengerov avec l’Orchestre de Paris - Une rentrée jubilatoire - Compte-rendu

Concertclassic.com
Michel Le Naour
10/09/2014


Réunir dans un même programme Brahms et la musique française peut paraître antithétique. On connaît le cri du cœur adressé par le musicien allemand au jeune Henri Büsser venu lui rendre visite à Vienne : « Il n’y a pas de compositeur français. » Depuis, du temps s’est écoulé tant sur les bords du Danube que sur ceux de la Seine ...

En ouverture de saison de l’Orchestre de Paris, le célèbre Concerto en ré majeur de Brahms brille de tous ses feux sous l’archet impérial de Maxim Vengerov qui n’a rien perdu de son art souverain. Générosité de son, maîtrise technique (y compris dans les redoutables déplacements de l’Allegro non troppo initial), cadence personnelle d’une difficulté impressionnante, intériorité (Adagio) et élan jubilatoire (Allegro giocoso final) caractérisent une exécution exemplaire et lumineuse. Du travail d’orfèvre.

Paavo Järvi, attentif au soliste, ne suit pas toujours le même chemin, préférant les arêtes vives (les tutti) et la puissance flamboyante à la sensibilité et au lyrisme passionné. L’embrasement est pourtant au rendez-vous et Vengerov peut déployer son timbre radieux en toute sérénité. Le bis ( la Méditation de Thaïs ) calme le jeu par la plénitude d’intonation du violoniste accompagné par des instrumentistes sous le charme.
Début de seconde partie survolté avec la Symphonie n°3 de Roussel : une lecture à la rythmique implacable conduite par une baguette d’une sûreté absolue. Järvi défend une conception singulière, sombre, éloignée de la tradition des grands chefs français, mais de bout en bout captivante. L’Orchestre de Paris, au meilleur de sa forme, propose ensuite une Valse de Ravel à la progression saisissante marquée par des forces maléfiques, jusqu’au climax savamment agencé qui éclate de toute son énergie libérée. Un superbe concert de rentrée.
Prochains rendez-vous avec l’Orchestre de Paris les 17 et 18 septembre (avec Järvi et Xavier Philips) et les 24 et 25 septembre, pour un programme Dvorak et Martinu réunissant le Chœur et l’Orchestre sous la conduite Tomas Netopil.
 
Réunir dans un même programme Brahms et la musique française peut paraître antithétique. On connaît le cri du cœur adressé par le musicien allemand au jeune Henri Büsser venu lui rendre visite à Vienne : « Il n’y a pas de compositeur français. » Depuis, du temps s’est écoulé tant sur les bords du Danube que sur ceux de la Seine ...
En ouverture de saison de l’Orchestre de Paris, le célèbre Concerto en ré majeur de Brahms brille de tous ses feux sous l’archet impérial de Maxim Vengerov qui n’a rien perdu de son art souverain. Générosité de son, maîtrise technique (y compris dans les redoutables déplacements de l’Allegro non troppo initial), cadence personnelle d’une difficulté impressionnante, intériorité (Adagio) et élan jubilatoire (Allegro giocoso final) caractérisent une exécution exemplaire et lumineuse. Du travail d’orfèvre.
- See more at: http://www.concertclassic.com/article/paavo-jarvi-et-maxim-vengerov-avec-lorchestre-de-paris-une-rentree-jubilatoire-compte-rendu#sthash.Q4LCzJ7Z.dpuf
Réunir dans un même programme Brahms et la musique française peut paraître antithétique. On connaît le cri du cœur adressé par le musicien allemand au jeune Henri Büsser venu lui rendre visite à Vienne : « Il n’y a pas de compositeur français. » Depuis, du temps s’est écoulé tant sur les bords du Danube que sur ceux de la Seine ...
En ouverture de saison de l’Orchestre de Paris, le célèbre Concerto en ré majeur de Brahms brille de tous ses feux sous l’archet impérial de Maxim Vengerov qui n’a rien perdu de son art souverain. Générosité de son, maîtrise technique (y compris dans les redoutables déplacements de l’Allegro non troppo initial), cadence personnelle d’une difficulté impressionnante, intériorité (Adagio) et élan jubilatoire (Allegro giocoso final) caractérisent une exécution exemplaire et lumineuse. Du travail d’orfèvre.
Paavo Järvi © DR
Paavo Järvi, attentif au soliste, ne suit pas toujours le même chemin, préférant les arêtes vives (les tutti) et la puissance flamboyante à la sensibilité et au lyrisme passionné. L’embrasement est pourtant au rendez-vous et Vengerov peut déployer son timbre radieux en toute sérénité. Le bis ( la Méditation de Thaïs ) calme le jeu par la plénitude d’intonation du violoniste accompagné par des instrumentistes sous le charme.

Début de seconde partie survolté avec la Symphonie n°3 de Roussel : une lecture à la rythmique implacable conduite par une baguette d’une sûreté absolue. Järvi défend une conception singulière, sombre, éloignée de la tradition des grands chefs français, mais de bout en bout captivante. L’Orchestre de Paris, au meilleur de sa forme, propose ensuite une Valse de Ravel à la progression saisissante marquée par des forces maléfiques, jusqu’au climax savamment agencé qui éclate de toute son énergie libérée. Un superbe concert de rentrée.
Prochains rendez-vous avec l’Orchestre de Paris les 17 et 18 septembre (avec Järvi et Xavier Philips) et les 24 et 25 septembre, pour un programme Dvorak et Martinu réunissant le Chœur et l’Orchestre sous la conduite Tomas Netopil.
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Dirigent Paavo Järvi avas oma hooaja Pariisi kuulsas Pleyeli saalis

Kultuur.err.ee
Priit Kuusk
14.09.2014
 
Paavo Järvi (Foto: Klaus Rudolph)
Paavo Järvi dirigeeris suvel mitmeid kontserte Bremeni Deutsche Kammerphilharmonie ees nii Saksamaal kui Põhja-Ameerikas, uut hooaega alustas dirigent sel nädalal Orchestre de Paris' ees.

Pärast juulikuiseid esinemisi Pärnu muusikafestivalil ning Järvi Akadeemial astus Paavo Järvi dirigendina veel üles mitmel kontserdil koos Bremeni Deutsche Kammerphilharmonie'ga Saksamaal ning turneel Kanadas ja USAs.

Ajavahemikul 25. juulist kuni 7. augustini oli peadirigent Paavo Järvi Deutsche Kammerphilharmonie' (DKB) ees kokku seitsmel kontserdil. 25. ja 26. juulil mängiti Schleswig-Holsteini muusikafestivalil Hamburgi Laeiszhalles ja Kieli lossis, solistiks oli noor sakslanna Julia Fischer ning kavas Felix Mendelssohn Bartholdy avamäng "Hebriidid", tema Viiulikontsert ning Johannes Brahmsi Esimene sümfoonia.

Paavo Järvi kaalukas kontserdireis DKB-ga Kanadasse ja USAsse suundus koguni neljale festivalile, kavades kaasas harukordsena vaid ühe helilooja, Johannes Brahmsi muusika. 2. ja 3. augustil mängiti Kanadas kuulsal Lanaudière’i festivalil, kontserdipaigaks Amphitheatre de Lanaudière, esimeses kavas Brahmsi Klaverikontsert nr 1, solistiks Lars Vogt, ning Sümfoonia nr 2. Teises kavas mängis Christian Tetzlaff Brahmsi Viiulikontserti, seejärel orkestrilt Sümfoonia nr 1. 4. augustil mängis DKB juba USAs Ravinia festivalil: Brahmsi „Akadeemiline piduavamäng“ ning sümfooniad nr 1 ja nr 2. 6. augustil esinesid Saksa muusikud Tanglewoodi festivalil Seiji Ozawa Hallis, solistina taas Lars Vogt, kavas Brahmsi avamäng, Klaverikontsert nr 1 ning Sümfoonia nr 2. Viimane kontsert leidis aset 7. augustil New Yorgis Alice Tully Hallis festivalil Mostly Mozart, esitati sama kava, mida mängiti Tanglewoodis. Kontserdist kirjutas järgmisel päeval hea arvustuse koos fotoga The New York Times, autoriks muusikakriitik David Allen.

2. septembril juhatas Paavo orkestrit Bremeni festivalil aga noorem vend Kristjan Järvi, solistiks oli türgi tippvirtuoos Fazil Say. Paavo Järvi sai endale lubada kuu aega puhkust, alustades uut hooaega aga Orchestre de Paris' ees 10. septembril. Kohe mängiti Pariisi mainekas Salle Pleyelis nii 10. kui 11. septembril sama avakava: Maksim Vengerov Brahmsi Viiulikontserdi solistiks, prantsuse neoklassitsisti Albert Rousseli Kolmas sümfoonia ning Maurice Raveli legendaarne "La valse".

Peatselt, 17. ja 18. septembril jõuab Pleyeli saali publiku ette teinegi kava Orchestre de Paris'ga: prantslaste nüüdismuusikaklassiku Henri Dutilleux' (1916-2013) "Métaboles", Edouard Lalo Tšellokontsert, solistiks Xavier Phillips, ja Pjotr Tšaikovski Viies sümfoonia.

23. septembrist asub Paavo Järvi tegutsema taas DKB-ga, andes nendega kuni 6. oktoobrini viis kontserti nelja erineva kavaga – Frankfurtis, Bremenis, Bonnis ja taas kahel õhtul Bremenis. Solistideks kuulsad nimed nagu pianistid Fazil Say ja Arkadi Volodoss.

Valmis on saanud ka Paavo Järvi ja DKB viimane CD Robert Schumanni tsüklist.

Veel sel aastal viib Paavo Järvi DKB taas Lõuna-Koreasse ja Jaapanisse, kokku üheteistkümne kontserdiga novembris-detsembris, novembri algul on Paavo Järvi ja Orchestre de Paris veel viie kontserdiga Hiinas. Toimetas
Tiiu Laks

http://kultuur.err.ee/v/muusika/1dcdf7e4-01b4-4fe0-8efb-59789fc65bb1

Vengerov, Khatchatrian : violons dingues

LeFigaro.fr
Christian Merlin
15/09/2014

LA CHRONIQUE DE CHRISTIAN MERLIN - Les deux archets, l'un à Paris, l'autre au Festival de Lucerne, ont volé la vedette aux orchestres.
Maxim Vengerov, violoniste et chef d'orchestre russe. 
Eric Garault

Pour tout dire, on avait prévu, pour changer, de vous parler d'orchestre. La rentrée de l'Orchestre de Paris sous la direction de Paavo Järvi et trois concerts du Philharmonique de Vienne en clôture du Festival de Lucerne, qui reste le rendez-vous rêvé de tous les amoureux de symphonique, devaient en être l'occasion.

Seulement voilà, ce que l'on a retenu de ces soirées, ce sont deux violonistes! Non que les phalanges aient démérité: l'Orchestre de Paris a fait preuve d'une belle énergie et de cohésion dans la Troisième de Roussel et La Valse de Ravel, même si l'on peut souhaiter plus de subtilité, et les Wiener Philharmoniker ont rutilé dans la Deuxièmede Sibelius, la Huitièmede Dvorak et Shéhérazadede Rimski-Korsakov, sans que l'on sente une patte personnelle dans les interprétations extérieures de Gustavo Dudamel. Bref, des concerts de bonne tenue mais que l'on oublie assez vite. Les moments privilégiés, ceux dont on se souvient avec éblouissement, ce sont deux archets d'exception qui nous les ont offerts.

Soliste du Concertode Brahms avec l'Orchestre de Paris, Maxime Vengerov revient aux grands concertos après une interruption due à des problèmes physiques. Aurait-il recouvré ses capacités? Telle était la question que l'on se posait en abordant ce concert avec appréhension. La réponse est oui, et plus encore. Voilà du grand violon romantique à l'ancienne, flamboyant, ouvert, d'une sonorité constamment lumineuse, avec l'envoûtant Stradivarius «Kreutzer». Et sans les tics ostentatoires qu'on lui reprochait avant, et qui le faisaient régulièrement flirter avec la vulgarité.

L'art du pianissimo
Trois jours après, voici Sergueï Khatchatrian dans l'autre pilier des concertos pour violon, celui de Beethoven, avec le Philharmonique de Vienne. Un moment de grâce, onirique, funambulesque, entièrement tourné vers l'intérieur. Son interprétation très personnelle refuse aussi bien la rigueur classique que la virtuosité romantique, pour laisser parler une profondeur intime qui vous tire les larmes dès le premier son. Cet art du pianissimo murmuré dans l'aigu, sur son Guarnerius qui a appartenu à Ysaÿe, cette façon de poursuivre le moment où la beauté est si intense qu'elle en devient douloureuse, ne peuvent venir que d'un ange tombé du ciel. Ce qui est rassurant, c'est que la salle s'est levée comme un seul homme pour fêter le jeune violoniste de 29 ans. Mais le public de Lucerne a été formé par dix ans de fréquentation de Claudio Abbado, dont la leçon majeure est d'écouter le silence.
http://www.lefigaro.fr/musique/2014/09/15/03006-20140915ARTFIG00235-violons-dingues.php

Paavo Järvi and Maxim Vengerov


Saturday, September 13, 2014

Friday, September 05, 2014

Le chef Paavo Järvi tourne le dos à Paris

Ledevoir.com
Christophe Huss
4/9/2014
Paavo Järvi a annoncé qu’il ne renouvellera pas son contrat de directeur musical de l’Orchestre de Paris à la fin de la saison 2015-2016.
Photo: Raigo Pajula Agence France-Presse Paavo Järvi a annoncé qu’il ne renouvellera pas son contrat de directeur musical de l’Orchestre de Paris à la fin de la saison 2015-2016.
Moins d’un mois après son passage au Festival de Lanaudière, le chef d’orchestre Paavo Järvi a créé une onde de choc dans le milieu musical français en annonçant qu’il quitterait la direction musicale de l’Orchestre de Paris au terme de son contrat, à l’été 2016.
  C’est donc à un directeur musical en partance auquel sera confié l’honneur d’inaugurer, le 15 janvier 2015, la Philharmonie de Paris, pharaonique nouvelle salle de concert de la capitale, dont les dépassements de coûts font les gorges chaudes des journalistes et commentateurs, et les luttes serrées entre des paliers gouvernementaux — ville et État — quant à savoir qui acquittera les factures.
  Dans une lettre adressée à l’administration et aux musiciens de l’Orchestre de Paris, le chef estonien, soulignant son « attachement pour l’Orchestre de Paris » et sa « proximité avec ses magnifiques musiciens », annonce qu’il a pris cette décision « le coeur lourd » pour se consacrer à son nouveau mandat auprès de l’Orchestre symphonique de la NHK de Tokyo et au tandem qu’il forme avec la Deutsche Kammerphilharmonie (DKP) de Brême.
  Ces raisons ne sont évidemment ni suffisantes ni déterminantes puisque Paavo Järvi, workaholic comme d’autres (Kent Nagano, par exemple), n’a jamais rechigné à cumuler des mandats et a toujours eu deux postes en plus de celui auprès de la DKP. Certains potineux y voient déjà un signe de disponibilité potentielle envoyé au Philharmonique de Berlin, qui se choisira un nouveau chef dans un an. Mais cette lourde décision est bien davantage, à notre sens, une immense gifle envoyée à la France et à la manière dont des roitelets et apparatchiks administrateurs y accaparent des pouvoirs décisionnaires.
  Après une analyse réaliste de l’échiquier, Paavo Järvi ne sera pas, à terme, le bouffon à baguette de la Philharmonie de Paris, salle posée aux confins du Paris intra-muros, pendant que la capitale française bradera aux amuseurs publics la mythique salle Pleyel. Paavo Järvi vient de prendre une décision qui lui préservera beaucoup d’influx nerveux et de sérénité utiles à bien d’autres choses, musicalement plus constructives que des petites guéguerres de coulisses.
  Il lui reste, dans les deux ans qui viennent, une inauguration de salle, une tournée en Chine, l’enregistrement d’une intégrale Sibelius et des concerts qui le feront amèrement regretter des mélomanes parisiens…
http://www.ledevoir.com/culture/musique/417533/musique-classique-le-chef-paavo-jarvi-tourne-le-dos-a-paris




Thursday, September 04, 2014

France’s New Music Temple

The New York Times



Philharmonie de Paris Prepares to Open Amid Controvers


An artist’s rendering of the interior of the new Philharmonie de Paris, which is done in the so-called vineyard style, with tiers of seats and balconies surrounding the stage. Credit Philharmonie de Paris – Arte Factory
PARIS — Following a long and difficult gestation that is not entirely over, La Philharmonie de Paris is set to open in January 2015. If all goes according to plan, Paris will have one of the finest — and, with a price tag of €381 million, or $505 million, one of the most costly — concert halls anywhere in the world.
The Orchestre de Paris, now housed at the venerable Salle Pleyel in central Paris, will be its resident orchestra, but programming will also include a wide array of guest organizations and solo artists.
“It is unbelievable,” said the conductor William Christie, whose Baroque ensemble Les Arts Florissants will also move to the Philharmonie. “I’ve never seen another project like it. It’s reminiscent of the creation of Lincoln Center, or maybe some of the recent Chinese projects.”
Controversy has dogged the Philharmonie from the beginning. Cost overruns, its relatively remote location, issues concerning artistic decision-making and even whether Paris really needed a new concert hall are some of the things people are talking about.


The Orchestre de Paris, conducted by Paavo Järvi, standing, will make its new home at the Philharmonie. Credit Jean-Baptiste Pellerin/Orchestre de Paris

There is little disagreement, however, about the spectacular nature of the building designed by the architect Jean Nouvel, whose previous work has included concert halls in Lucerne, Switzerland, and Copenhagen and the redesigned Lyon opera house. The extravagant aluminum structure looks like a collection of randomly stacked slabs, with significant space between them and a vertical slab cutting through the others.
The 2,400-seat auditorium reflects the influence of Berlin’s concert hall, also called the Philharmonie, and the Walt Disney Concert Hall in Los Angeles. All three are in the so-called vineyard style, with tiers of seats and balconies surrounding the stage in the manner of a vineyard on a slope. This configuration has become popular because it allows for unobstructed sight lines and promotes audience involvement by lessening the distance between the conductor and those seated farthest away, as compared to the conventional rectangular, or shoebox, design.
In the Philharmonie, the distance between the conductor and those farthest away will be 32 meters, or 105 feet, compared with 47 meters for the Salle Pleyel, which has 500 fewer seats.
The new hall will also feature modular seating that can be reconfigured in function of the artists or the works being presented. For example, if a concert features a singer, the stage can be positioned so that it is adjacent to a wall, thereby eliminating seats that would give a view of the singer’s back.
The idea of a new Paris concert hall was first floated in the 1970s. The administration of President François Mitterrand moved ahead with its “Grands Projets,” or modern monuments for Paris, during the 1980s — a program that included the creation of the Parc de la Villette complex, which encompasses the music museum and small concert hall of the Cité de la Musique. But in the end the construction of a new opera house, the Opéra Bastille, took priority over a large concert hall, and the decision to move ahead with the Philharmonie was made only in 2006.
Construction began in 2010, with costs to be shared by the French government (45 percent), the city of Paris (45 percent) and the regional council of the Île-de-France (10 percent).
The imposition of austerity measures by the French government in 2011 caused a number of cultural projects to be called off, but work on the Philharmonie had progressed to an extent that cancellation was ruled out: It had become, in effect, too big to derail. Construction was interrupted because of delays in government funding, which created added costs.
The mounting expenditures “have worried some and infuriated others,” Mr. Christie said.
But according to Laurent Bayle, president of the Philharmonie and director of the Cité de la Musique, the extent of cost overruns has been exaggerated. Some reports have pointed out that the final cost will be nearly three times the original estimate of €130 million, but Mr. Bayle said that lower figure represented essentially the estimated physical cost of the building and excluded other categories of expenses, such as fees and equipment. These other expenses, which add up to approximately €100 million, are reflected in the €381 million total. Inflation and costs of complying with environmental and energy requirements also increased the final tally, he said.
Questions have also been raised about the decision to put the new hall in Parc de la Villette. The location offered open land for such a big project as well as proximity to the Cité de la Musique and the Paris Conservatoire, which is also located there. But the complex is in Paris’s somewhat gritty 19th Arrondissement, at the northeastern edge of the city just inside the Boulevard Périphérique, or ring road.
Commentators have wondered whether Parisian classical-music lovers, who are accustomed to attending concerts in posher and more convenient locations such as the Salle Pleyel and the Théâtre des Champs-Elysées, will venture that far afield. The Philharmonie will have parking spaces for more than 600 automobiles, though the capacity of the hall is four times that. A trip on the Métro, or subway, can easily take 45 minutes from central Paris.
Far from regarding the location as a disadvantage, Mr. Bayle sees it as an asset in helping to cultivate a new audience for classical music — which, in Paris as everywhere, is graying. Mr. Bayle has said he wants to do away with what he characterizes as today’s musical split: classical music for senior citizens and the well-off, popular music for the young. He points out that while 2.5 million people live in relatively well-to-do Paris, 11 million people live outside of the city in the more modest suburbs — yet these suburban dwellers make up only about 20 percent to 30 percent of the audience at a typical classical music concert.
“It is essential that we draw these people in,” Mr. Bayle said.
The programming for the Philharmonie’s first six months of operation, from January to June 2015, reflects that desire. Of 270 concerts, more than half, or 150, are classical. But the Philharmonie will also reach out to its new neighbors with 70 concerts embracing pop, jazz and world music. There will also be 50 family and young people’s concerts, primarily on weekends. The annual budget is expected to be €32 million, of which €9 million each will come from the French government and the city of Paris and €14 million from ticket sales and private contributors and sponsors.
The Philharmonie will reach out in another sense as well. Ticket prices are expected to be approximately 15 percent less expensive than for comparable events at the Théâtre des Champs-Élysées or the Salle Pleyel, each of which has a capacity of several hundred fewer seats than the Philharmonie.
Paavo Järvi, music director of the Orchestre de Paris, is quick to point out that the orchestra will not “dumb down” its repertoire to fill seats. “I am determined to have programming that is artistically interesting and challenging, not just popular works, even if the box office suffers somewhat,” he said by telephone in July.
The orchestra has made important strides under Mr. Järvi, who took over in 2010. Mr. Bayle mentions the acclaim it won at last summer’s Aix-en-Provence Festival playing Strauss’s “Elektra” in the late Patrice Chéreau’s last opera production. French orchestras are famous for their wind sections, and the Orchestre’s is particularly strong. The musicians are reputed to have an excellent working relationship with Mr. Järvi — better, it is said, than with the previous music director, Christoph Eschenbach.
The orchestra has traditionally had a Germanic orientation under conductors such as Herbert von Karajan, Georg Solti and Christoph von Dohnanyi. Mr. Järvi has programmed more French music, which has also lifted the spirits of this French orchestra. “Players have thanked me for bringing back French repertoire,” he said.
On Aug. 26, Mr Järvi announced that he would not renew his contract with the Orchestre when it expires at the end of summer 2016 to devote more time to the NHK Symphony Orchestra, of which he becomes music director in October 2015. He will remain music director of the Deutsche Kammerphilharmonie in Bremen, Germany.
Reached by his agent in Florida, where he is vacationing with his family, Mr. Järvi said by email that his comments about the Philharmonie and his decision not to renew his contract as music director “are completely separate issues.” In any case, his decision bars the prospect that the Orchestre, which has had a relatively high turnover rate of music directors, could have had a long-term relationship with a conductor under whom it has prospered.
The opening of the Philharmonie will have ramifications for Paris’s other concert venues, most notably the Salle Pleyel, the current home of the Orchestre de Paris. The much-admired hall, built in the 1920s in Art Deco style and renovated in 2004-2006, will no longer program classical music once the Orchestre moves to its new home.
As Mr. Bayle explained it, Salle Pleyel was acquired from its private owner to become part of the Cité de la Musique and as such falls under Mr. Bayle’s domain. Because of the expense of the Philharmonie, the government financed the purchase with debt. The Salle Pleyel will now be expected on its own to make payments on that debt, and in Mr. Bayle’s view only a shift toward more commercially viable programming will make this possible.

As for the Théâtre des Champs-Élysées, its director, Michel Franck, said he was not overly worried about its future. True to its origins as a theater, the venue presents operas and other stage works, but improved acoustics since Mr. Franck took over in 2010 have enhanced its status as one of Paris’s main concert venues.
“So far none of our soloists or ensembles has left us for the Philharmonie,” Mr. Franck said. He did say he would keep an eye on the Philharmonie’s pricing structure because he doesn’t want his theater to gain a reputation as an expensive hall.
Mr. Franck plays down the concerns that swirl around his new competition. “When the Barbican Center opened in London 30 years ago, people thought almost no one would go there,” he said. “Now it’s totally successful.”
At this point, perhaps the biggest unknown factor concerns the Philharmonie’s acoustics. In designing the hall, Mr. Nouvel worked with the New Zealand firm Marshall Day Acoustics and with Yasuhisa Toyota of Nagata Acoustics of Japan. Both firms enjoy solid reputations, with Mr. Toyota in particular having an impressive track record for successful halls, including Disney Hall. But you never really know until an orchestra is there to try things out. Acoustical tests for the Philharmonie are set for November.
“We have to hope the gods of acoustics are with us,” Mr. Järvi said in July. “If not, there could be a second French Revolution.”