Tuesday, April 03, 2007

CD REVIEW: RACHMANINOV

Translation curtesy of babelfish...
10/10

Longtemps médiocre, dominée par d'excellentes versions, mais coupées (Sanderling-DG) ou mal enregistrées (Svetlanov-Melodiya), voire des interprétations commercialement restées dans l'ombre (celle d’un Temirkanov débutant chez EMI), la discographie de la 2e Symphonie de Rachmaninov s'est singulièrement ragaillardie dans les dix dernières années (Svetlanov-Canyon, Hughes, Cura, Fischer, Jansons...). Et voilà une pierre de plus à apporter à cet étonnant édifice. Une pierre à nulle autre pareille…
Le parcours de Paavo Järvi ne rencontre pas celui de la 2e Symphonie de Rachmaninov par hasard. Nerveux, cursif, Paavo Järvi dépeint l'œuvre d'un compositeur en proie aux doutes. Järvi, tourne ainsi le dos à une tradition de la narration au souffle long pour créer des climats menaçants proches de l'Île des morts, climats jamais vraiment calmés par les épanchements généreux. La section du développement du 1er mouvement (disons, entre la 8e et la 13e minute) est, de ce point de vue, aussi emblématique que tétanisante.
Le parti pris du chef et des techniciens de Telarc (qui nous donnent, au passage, en SACD, des graves somptueux) est aussi de privilégier un son qui ressemble à une agglomération de pupitres possédant leur vie propre et leurs fonctions coloristes. C'est, de ce point de vue, la version la plus éclatée, la plus radiographique, la moins univoque dans la traduction orchestrale des flux.
Pour vous donner une idée des climats qui vous attendent (cf. section centrale du Scherzo): dans cette configuration esthétique et sur une telle lignée, Järvi réussirait peut-être à donner des Danses symphoniques encore plus dantesques que celles de Kondrachine! Preuve en tout cas est faite qu'en musique rien n'est jamais figé ou arrêté.
Si vous aimez le Rachmaninov des grands épanchements "amoroso", fuyez cette version. Si vous pensez que les univers de cet immense compositeur sont beaucoup moins univoques et plus hantés qu'on le pense en général cette lecture extra-lucide, révélant des trompe-l'oeil et s'ouvrant sur des mondes surgis d'Edgar Allan Poe (dont Rachmaninov mettra en musique Les Cloches en 1919), vous donnera l'ivresse des sens et de l'esprit.
Christophe Huss

Poor interpretations, dominated by excellent, but cut versions, (Sanderling-DG) or badly recorded (Svetlanov-Melodiya) interpretations, even those that commercially remained in the shade (that of Temirkanov beginning at EMI), the discography of the 2nd Symphony of Rachmaninov was singularly perked up in the ten last years (Svetlanov-Canyon, Hughes, Cura, Fischer, Jansons...). And here is a stone to bring to this astonishing building. A stone with no other like it... Paavo Järvi does not encounter on his way the 2nd Symphony of Rachmaninov by chance. Highly-strung person, cursive, Paavo Järvi depicts the work of a type-setter in prey with the doubts. Järvi, thus turns the back on a tradition of the narration to the long breath, creating climates threatening close to the Island of deaths, climates never really calmed by the generous épanchements. The section of the development of the 1st movement (let us say, between 8th and the 13e minute) is, from this point of view, as emblematic as tétanisante. The party taken of the chief and the technicians of Telarc (who give us, to the passage, in SACD, of the sumptuous low registers) is also to privilege a sound which resembles an agglomeration of desks having their own life and their functions colourists. It is, from this point of view, the most burst version, most radiographic, univocal in the orchestral translation of flows. To give you an idea of the climates which await you (cf centre section of the Scherzo): perhaps in this aesthetic configuration and on such a line, Järvi would succeed in giving symphonic Dances even dantesques than those of Kondrashin! Proof in any case is made that in music nothing never is solidified or stopped. If you like Rachmaninov of large the épanchements "amoroso", flee this version. If you think that the universes of this immense type-setter much univocal and are haunted than it in general is thought this clairvoyant reading, revealing horn-the eye and opening on emerged worlds of Edgar Allan Poe (whose Rachmaninov will put in music the Bells in 1919), the intoxication of the directions and the spirit will give you.

Christophe Huss

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