Monday, March 14, 2011

L'Orchestre de Paris révise son Beethoven avec Paavo Järvi

ResMusica.com
par Pierre-Jean Tribot
14/03/2011


Paris. Salle Pleyel. 10-III-2011. Ludwig van Beethoven (1770-1827) : La Consécration de la maison, ouverture ; symphonie n°4 en si bémol majeur, Op. 60 ; Alban Berg (1885-1935) : Concerto « À la mémoire d’un ange ». Gidon Kremer, violon ; Orchestre de Paris, direction : Paavo Järvi.

Le programme, très classique, de ce concert d’abonnement permettait à Paavo Järvi de jauger « son » orchestre dans un répertoire beethovénien on ne peut plus exigeant et dans des œuvres pas si souvent pratiquées, ces dernières années, par ses musiciens. La barre était placée très haut car le chef estonien, a gravé (en CD et vidéo), l’intégrale Beethoven majeure des années 2000 et donné, à Paris aussi, des séries de concerts marquants avec ses philharmonistes de chambre de Brême.

Force est de constater que le chef respecte une certaine opulence des effectifs sa phalange et ne réduit que modérément les pupitres de cordes ainsi qu’un engagement presque rageur des musiciens. Son approche de Beethoven reste quant-à-elle constante avec ce qu’il faut de dynamisme, de peps et d’énergie jubilatoire. L’ouverture La Consécration de la maison, qui n’apparaît guère comme la partition la plus inspirée de son auteur, résonne avec sens du rythme et des effets. L’orchestre rentre, dès les premières mesures dans la pièce, et fait preuve de témérité, de précision et de couleurs, surtout parmi les pupitres de vents fort joviaux. Le bonheur continue avec une symphonie n°4 presque idéale d’engagement et de verve. L’orchestre assure techniquement le coup et suit les tempi échevelés du maestro.

Entre ces deux pièces, Gidon Kremer laissait perplexe dans le concerto de Berg. Fuyant une virtuosité qu’il aurait du mal à assumer, l’artiste sert une prestation presque pastel et timide qui tire l’œuvre vers la symphonie concertante. L’aspect le plus intéressant réside dans l’accompagnement précis du chef et qui met en valeur la beauté plastique des pupitres de l’orchestre.

On retient donc de ce concert l’adéquation parfaite entre un chef et son orchestre, dans un répertoire qui leur sied à merveille et qui montre le très haut niveau de la phalange parisienne.


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