Wednesday, September 28, 2005

CD REVIEW: Dvořák/Martinů

ANTONIN DVORAK: Symphonie n° 9
BOHUSLAV MARTINU: Symphonie n° 2
Orchestre symphonique de Cincinnati, Paavo Järvi
Telarc- SACD 60616(SACD)
Référence: Bernstein (Sony)

Par Christophe Huss
ClassicsTodayFrance.com, 27 septembre 2005

rating: Artistique 8/7 Technique

L'idée de Paavo Järvi avait fonctionné avec Sibelius; elle refait ses preuves avec Dvořák: coupler un cheval de bataille du répertoire d'une école national avec une grande symphonie méconnue du répertoire du XXe siècle de la même sphère. À la 2e Symphonie de Sibelius, Paavo Järvi avait adjoint la 5e Symphonie de Tubin; à la Symphonie du Nouveau Monde il associe la 2e Symphonie de Martinů, qui devient le centre d'intérêt principal du disque, tant le chef estonien trouve la parfaite pulsation du 1er mouvement et mène le discours avec une droiture quasi "française", qui colle bien avec la nature de l'œuvre. On aurait à ce titre apprécié une prise de son encore plus transparente. Or, ce n'est pas, là, la captation la plus claire réalisée à Cincinnati, salle qui, pourtant, se prête bien aux prises en multicanal. On ne peut que rêver de ce qu'aurait donné l'incisivité musicale de ce Poco Allegro (3e mouvement) avec un son plus tranchant. Car interprétativement les deux derniers volets notamment, sont proches de l'idéal, sans la moindre esbroufe. Quelle belle symphonie d'ailleurs, qui mérite un retour au répertoire des orchestres, si frileux dans leurs programmations.

La Symphonie du Nouveau Monde va crescendo. Le 1er mouvement laisse l'auditeur un peu sur sa faim: on entend bien le travail réalisé sur l'imbrication des phrases et des sons (y compris pour les timbales), mais il manque l'influx des grandes versions telles que Bernstein (Sony) ou Kertesz-Vienne (Decca), sans parler de Paul Paray, un chef auquel Järvi fait souvent penser. Par contre, à partir du Largo, et même si le 3e mouvement est évidemment moins spectaculaire que celui de Bernstein, le disque capte l'attention.

Il reste néanmoins, dans l'ivresse musicale, une marge très évidente entre les concerts de Paavo Järvi et les disques de Paavo Järvi. N'est-il vraiment pas possible de l'enregistrer cet artiste en concert? Et si non, ne lui est-il vraiment pas possible de se déboutonner en studio? On attend aussi, pour parfaire les choses que Telarc retrouve à Cincinnati sa clarté d'antan.

No comments: