Thursday, June 01, 2006

CD REVIEW: Bartok/Lutoslawski

Here's a review of Paavo and the Cincinnati Symphony's newest recording from the French classical music webzine, ResMusica.
Le coup de poing dans l’estomac
par Pierre-Jean Tribot (29/05/2006)

Witold Lutoslawski (1913-1994) : Concerto pour orchestre, Fanfare for Louisville ; Bélà Bartòk (1881-1945) : Concerto pour orchestre. Cincinnati Symphony Orchestra, direction : Paavo Järvi. 1 CD TELARC. Référence : CD-80618. Enregistré en mai 2005 au Music Hall de Cincinnati. Notice de présentation en anglais. Durée : 71’04 mn

Le chef d’orchestre Paavo Järvi, fils de Neeme Järvi, est en train de réaliser un parcours discographique presque sans faute à la tête de la formation qu’il dirige depuis 2001 : le Cincinnati Symphony Orchestra. Fondé en 1895, cet ensemble peut s’enorgueillir d’être le cinquième orchestre symphonique le plus ancien des Etats-Unis. Peu médiatisé, il a tout de même été dirigé par des personnalités comme Leopold Stokowski, Fritz Reiner, Eugene Gossens, Walter Susskind, Michael Gielen et Jesús López-Cobos. Un long partenariat discographique le lie à la firme américaine Telarc, bien connue pour ses prises de son hifistes. Maîtrisant à merveille l’acoustique du Music Hall de Cincinnati, le label américain réussit toujours à produire des prises de son exemplaires de restitution et de profondeur. Cette esthétique s’associe à merveille au style analytique mais pugnace du chef d’orchestre et le commentateur peut s’extasier devant les plus éloquents témoignages de ce tandem : une Symphonie fantastique, un couplage des Symphonies n°2 de Sibelius et de Tubin, une anthologie Maurice Ravel qui ne cède en rien aux légendaires enregistrements de Paul Paray et un recueil de ballets d’Igor Stravinsky.

Peu pratiqué au disque, le couplage des concertos pour orchestre de Lutoslawski et Bartòk semble pourtant couler de source. Composée en 1949, la pièce de Lutoslawski est un festival de couleurs et une véritable partition de démonstration qui témoigne de l’impressionnante maîtrise technique du jeune compositeur. Aidé par un orchestre superlatif, le chef d’orchestre vise à clarifier les structures tout en imprégnant une progression dramatique qui évite à la pièce de rester un morceau de musique pure. La discographie de l’œuvre était jusqu’alors dominée par les enregistrements de Christoph Von Dohnanyi (Decca), Antoni Witt (Naxos) et Seiji Ozawa (EMI) ; il faut désormais compter avec cette interprétation magistrale. Avant de passer à la pièce homonyme de Bartòk, les interprètes nous proposent un charmant bonbon : la Fanfare for Louisville du maître polonais. Cette brève œuvre pour vents, cuivres et percussions est un cadeau de remerciement de l’auteur à l’orchestre de Louisville suite à une série de concerts autour de sa Symphonie n°3. Impressionné par la qualité de la phalange, Lutoslawski lui offrit cette pièce en guise de cadeau de remerciements.

Véritable cheval de bataille des orchestres et des chefs, le Concerto pour orchestre de Bartòk reste la partition la plus populaire du compositeur. Paavo Järvi évite le principal écueil de cette pièce : la romantisation à outrance. Il s’intéresse aux équilibres entre les pupitres et à la finesse des traits. Souvent galvaudé par des musiciens qui ne savent en cerner l’esthétique si particulière, « l’introduzione » sonne ici avec une belle évidence. Järvi n’en oublie pourtant pas de faire briller son orchestre dans les deux derniers mouvements. En dépit de la qualité incroyable de la discographie, il faut saluer cet enregistrement qui se hisse sans problème au niveau de : Karajan (EMI), Reiner (RCA), Solti (Decca), Kocsis (Hungaroton), Szell (Sony).

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