Saturday, November 18, 2006

CD REVIEW: Britten/Elgar, CSO

Here's a French review by Pierre-Jean Tribot for ResMusica.com. It's would you would definitely call a RAVE!
Telarc
Britten, le coup de poing dans l’estomac, acte II
par Pierre-Jean Tribot (18/11/2006)

Benjamin Britten (1913-1976) : The Young Person’s Guide to the Orchestra op. 34 ; Four Sea Interludes from Peter Grimes op. 33a. Sir Edward Elgar (1857-1934) : Variations on a original theme « Enigma » op. 36. Cincinnati Symphony Orchestra, direction : Paavo Järvi. 1 CD Telarc CD-80660. Notice de présentation en anglais. Enregistré en janvier 2006 à Cincinnati. Durée : 66’18’’.

Au fur et à mesure des disques, l’association du chef d’orchestre Paavo Järvi avec son orchestre de Cincinnati pour le label Telarc s’impose avec le couple Jonathan Nott-Bamberger Symphoniker comme l’un des rares tandems discographiques capable de pulvériser la discographie d’une œuvre. À la suite d’un précédent disque renversant consacré aux Concertos pour orchestre de Lutosławski et Bartòk, le tandem livre ici un album idéal de musique anglaise.

Le style Järvi associe la précision, la pugnacité et le soin apporté aux détails. Cette esthétique fait mouche dans les spectaculaires Variations sur un thème de Purcell de Britten dont chaque détail, chaque nuance deviennent perceptibles. Cette interprétation surclasse toutes les autres versions concurrentes. Contraste total avec les Quatre interludes marins de Peter Grimes de Britten. Le chef sait saisir les différents climats de ces pièces, il sculpte un véritable drame en insufflant une tension de tous les instants avec une tempête finale qui emporte tout sur son passage. Seul, le disque de Constantin Silvestri (BBC légends) et le dernier concert de Leonard Bernstein (DGG) nous semblent égaler cet enregistrement.

Les Variations Enigma s’imposent comme la caractérisation de la musique anglaise. Archi-enregistrée, ces variations majestueuses et imposantes versent facilement dans la mièvrerie minaudante sous de nombreuses baguettes. Lors d’un précédent article, nous constations que les meilleures versions de cette œuvre étaient à porter au crédit de chefs d’orchestre non britanniques. Ce disque confirme donc la règle ! Avec sa direction racée, dynamique mais musicale, Paavo Järvi se rapproche de la réussite de Toscanini et l’orchestre de la BBC, évitant tout épanchement lyrique téléphoné au profit de la progression narrative.

Tout au long de ce programme, le Cincinnati Symphony Orchestra est impérial de justesse et de style. La prise de son Telarc est encore une fois une merveille de précision, de restitution des timbres, des dynamiques et de la profondeur. Un grand disque!

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