Friday, January 29, 2010

« Rroognntuudjuuu ! » Järvi encore !!!

Resmusica.com
par Pierre-Jean Tribot
(21/10/2007)


Ludwig van Beethoven (1770-1827) : Symphonies n°3 en mi bémol majeur op. 55 ; n°4 en si bémol majeur op. 60 ; n°7 en la majeur op. 92 ; n°8 en fa majeur op. 93. Deutsche Kammerphilharmonie Bremen, direction : Paavo Järvi. 2 CD RCA 88697029332 (n°4 et n°7) & 8697006552 (n°3 et n°8). Code barre : 8 86970 06552 (n°3 et n°8) et 8 86971 29332 (n°4 et n°7). Enregistré entre juin 2004 et août 2005 au à Berlin. Notice de présentation en anglais, français et allemand. Durée : 69. 32’et 69’23.


Nouveaux enregistrements et nouveaux miracles de la part du chef Paavo Järvi. Après avoir revisité en profondeur, les concertos pour orchestre de Bartòk et Lutoslawki, la musique anglaise, Rachmaninov et en attendant un album Tchaikovsky, le futur directeur de l’Orchestre de Paris décape Beethoven avec une rare efficacité.

Il peut être difficile au lecteur de croire qu’après Harnoncourt il est encore possible d’aller plus loin dans les symphonies du grand sourd et à la tête d’un orchestre de chambre. Mais Jarvi, au lieu d’enfoncer les portes ouvertes avec une lecture rapide et brutale façon Antonini, prend le temps d’ausculter les moindres parcelles de musique à la recherche d’un éclairage ou d’un contre-chant inattendu. Dès lors, la force du musicien c’est de combiner l’horizontalité, la verticalité, avec le sens des détails et un beau travail sur les contrastes. Il suffit d’écouter la Symphonie n°8, souvent passage obligatoire des intégrales, et en particulier le délicat allegretto pour avoir une synthèse de son apport beethovénien. Dans un tempo allant, mais pas trop précipité, le chef tisse un véritable univers sonore suggestif où les allusions au métronome de Mälzel sonnent ici comme un véritable réveil matin alors que les nuances et les dynamiques sont saisissantes comme rarement. La Symphonie n°7 est l’autre merveille de ces deux albums, allégée à l’extrême la pâte sonore arrive à s’épancher et à danser avec des lignes qui s’imbriquent avec logique. On continue notre ascension des sommets avec une Symphonie n°4 qui se hisse au rang du légendaire enregistrement de Carlos Kleiber (Orfeo). Le sens des moindres détails et un irrésistible élan beethovénien arrachent absolument tout sur leur passage et toute indication de la partition prend ici un sens qu’il s’agisse d’un pizzicato des cordes ou d’une note grave du basson. La célèbre symphonie « héroïque » est emportée par la même rage.

Mais un tel travail serait impensable dans un orchestre au diapason des intentions du chef. C’est là que la Philharmonie de chambre de Brême font un malheur par l’écoute mutuelle des vents et des cuivres et la précision radicale des cordes.

On l’aura compris après les relectures pionnières des baroqueux, un nouveau stade de l’interprétation des symphonies de Beethoven est en passe d’être franchit : c’est un véritable bonheur pour l’oreille et l’esprit.

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